Après les croi­sades, le djihad : la France, pays de voca­tion

C’est en 1096 qu’a débu­té la première croi­sade visant à récu­pé­rer une partie des terres perdues lors de l’expansion arabe dans la région de Jéru­sa­lem. Un peu plus tard débu­te­ront les premières expé­di­tions fran­çaises dont le but était aussi reli­gieux que politico-économique. Lors des siècles suivants, la colo­ni­sa­tion ne prend plus pour prétexte le libre accès au tombeau du Christ, mais celui d’apporter la civi­li­sa­tion (surtout la nôtre) et de dispen­ser la parole du Christ, ce qui fonda­men­ta­le­ment est assez proche des premières croi­sades avec ses exploi­ta­tions humaines de part et d’autre.

En 2014, le vieillis­se­ment de l’idéologie chré­tienne est à l’origine d’un grand vide dans les esprits de ceux ayant besoin de croire en autre chose qu’en eux-mêmes et éprouvent le besoin de se regrou­per pour prier quelques divi­ni­tés faites de plâtre. Un temps à la mode, le boud­dhisme n’a pu satis­faire ceux pour qui une reli­gion est en prio­ri­té une doctrine impo­sée de force et ne lais­sant donc que peu de place à l’initiative person­nelle et à la réflexion. C’est par consé­quent en toute logique que l’ennemi héré­di­taire du chris­tia­nisme fait un retour en force, ce toujours sur fond de poli­tique commer­ciale ou de commerce poli­tique.

De la même manière que le catho­li­cisme ou le protes­tan­tisme, où l’on ne se mariait et ne se fréquen­tait qu’entre membres de la même commu­nau­té, l’islam étale aujourd’hui son into­lé­rance envers ceux n’appartenant pas à leur congré­ga­tion d’adorateurs d’Allah dont il est répé­té la gran­deur en perma­nence, histoire de s’en convaincre. Du simple jeune loubard de banlieue prou­vant sa force en arra­chant le sac d’une vieille retrai­tée capi­ta­liste au joueur de foot profes­sion­nel atti­ré par les charmes d’une prin­cesse d’Orient née à Grigny dans l’Essonne, on se conver­tit à l’islam comme d’autres ont trou­vé dans la consom­ma­tion la manière de donner un sens à leur vie.

Au fil du temps, la France est deve­nue une alter­nance d’églises gothiques désaf­fec­tées et de mosquées pas toujours bien désin­fec­tées. Il est donc normal que ceux pour qui l’ennui offert par le confort des aides sociales est deve­nu insup­por­table aillent cher­cher ailleurs quelques sensa­tions fortes. La guerre ils connaissent puisque le plus clair de leur temps se passe à y jouer sur leur ordi­na­teur, les recru­teurs locaux se char­geant de parfaire l’éducation de ces jeunes nés de culture incon­nue. Le méchant du moment est le régime de Bachar El-Assad, la présence dans le scéna­rio des Occi­den­taux venant souli­gner que le volet politico-économique est aussi présent qu’au temps des croi­sades.

Sorte de Club’Med pour névro­sés très vague­ment isla­mistes, le djihad en Syrie est deve­nu une desti­na­tion très prisée par ces béné­fi­ciaires du RSA payant aisi leur billet d’avion avec l’argent géné­reu­se­ment offert par les infi­dèles. De manière très humo­ris­tique, le gouver­ne­ment fran­çais s’est fendu d’une loi anti-jihad inter­di­sant à certains « ressor­tis­sants » de quit­ter l’espace Schen­gen. Mesure haute­ment déma­go­gique puisque s’adressant à des personnes pour qui les lois fran­çaises ne concernent que les droits et en aucun cas les devoirs, elle permet toute­fois de lais­ser croire aux derniers élec­teurs socia­listes qu’il existe encore une gouver­nance. Le plus drôle dans cette dispo­si­tion est qu’elle vient complé­ter l’association de malfai­teurs en rela­tion avec une entre­prise terro­riste. Les oppo­sants au régime syrien alimen­tés en armes par les pays occi­den­taux rede­viennent dès lors des terro­ristes puisque ceux les rejoi­gnant sont consi­dé­rés comme tels. C’est d’ailleurs ce que vient de démon­trer la four­ni­ture d’armes aux Kurdes d’Irak qui se battent contre les mêmes soutiens du djihad qu’en Syrie.

De jeunes assi­mi­lés Fran­çais tués ou bles­sés par des balles d’origine hexa­go­nale, cela pour­rait ressem­bler à une guerre civile si plusieurs milliers de kilo­mètres ne sépa­raient les deux scènes de théâtre. Celle syrienne a pour objec­tif de faire passer le temps aux malheu­reux désœu­vrés, bien que des chances pour la France, l’autre étant celle des pays riches où l’on s’amuse à faire semblant de gouver­ner. Cette situa­tion étant assez proche de celle des croi­sades, la conclu­sion est que l’histoire est un perpé­tuel recom­men­ce­ment.