Ai WeiWei : Oh médias, dites moi que je suis le plus célèbre des dissi­dents

Ai WeiweiPlus on est médiocre et plus on a besoin de se faire remar­quer pour exis­ter. Tel semble être le slogan d’Ai Wei Wei, qui de la même manière qu’il colle son nom sur des « œuvres » dont il n’est pas le créa­teur, prête son nom à une socié­té douteuse qu’il affirme ensuite ne pas contrô­ler. Artiste de circons­tance, Chinois par inter­mit­tence, celui qui est souvent présen­té comme un dissi­dent du régime, bien que s’y nour­ris­sant à l’occasion, fait à nouveau parler de lui.

S’il tente par ses provo­ca­tions de ressem­bler à Salva­tor Dali dont il est loin d’en avoir le talent, il a toute­fois un avan­tage : en dehors de ces fréquents séjours prolon­gés aux USA , il est Chinois. Si cette origine est parfois source de problèmes, elle est pour Ai Wei Wei un gage de noto­rié­té sans qui il ne serait que ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : rien, si ce n’est un de ces très nombreux traine-misères d’un art qui se veut contem­po­rain et dans lequel on trouve parfois du bon enfoui dans du très mauvais. Ils sont ainsi des milliers par le monde à tenter de percer dans ce métier, mais n’ont que rare­ment la chance d’être des dissi­dents recon­nus d’un régime auto­ri­taire, gage assu­ré de promo­tion que l’on soit talen­tueux ou non. Bien qu’étant conscient que la quali­té d’une œuvre d’art se juge de manière très subjec­tive, le provo­ca­teur au service des agita­teurs doit en effet sa cote non pas à un quel­conque talent, mais au fait que loin d’être stupide, il joue sur tous les tableaux.

Criti­quer le gouver­ne­ment n’est pas pour déplaire à certaines offi­cines ayant par le passé finan­cé par exemple la cause Tibé­taine et il est donc normal qu’il soit soute­nu par ces mêmes agita­teurs profes­sion­nels qui trouvent chez Ai Wei Wei une grosse caisse de réson­nance. La dernière « perfor­mance » en date consiste à faire instal­ler chez lui plusieurs camé­ras pour ainsi mettre en lumière sa vie en rési­dence surveillée. Oubliant que bien d’autres frau­deurs crou­pissent en prison pour bien moins que les sommes actuel­le­ment récla­mées, Ai Wei Wei fait ainsi la seule chose qu’il sache faire, c’est-à-dire se donner en spec­tacle.

Se plai­gnant de la rudesse de la procé­dure le contrai­gnant à rester chez lui, il est toute­fois amusant de consta­ter que malgré ce qu’il en dit, il lui reste assez de liber­té pour instal­ler ce maté­riel et diffu­ser des images alors qu’il est tech­ni­que­ment très aisé de limi­ter ces diffu­sions. La meilleure chose que doit d’ailleurs souhai­ter le demi-New-Yorkais est de se voir inter­dire cette nouvelle promo­tion, ce qui ajou­te­rait un clou dans ses mains de Maître en aparences.

Il s’agit donc d’un énième coup de pub ayant pour objec­tif d’entretenir son image de martyr tout en faisant grim­per sa noto­rié­té auprès de quelques bobos eux-mêmes en mal de recon­nais­sance. Si criti­quer le gouver­ne­ment sur certains de ses aspects est une chose logique, et devrait l’être en Chine, il en est tout autre­ment lorsque ces critiques n’ont pour but que de servir la soupe à quelques spécia­listes de la désta­bi­li­sa­tion et d’entretenir sa propre image en se dissi­mu­lant derrière un paravent faus­se­ment huma­niste.

Aux dernières nouvelles les auto­ri­tés chinoises ont deman­dé à Ai Wei Wei de débran­cher les camé­ras, ce qui lui lais­se­ra donc le temps de monter une marche supplé­men­taire vers la croix non pas ornée de l’inscription « Inri», mais de celle de CNN.