36 morts : on change les bus, pas les menta­li­tés

En France une inter­sec­tion dange­reuse est consi­dé­rée comme telle lorsque cette anoma­lie de concep­tion est à l’origine d’un mini­mum d’accidents. En Chine les menta­li­tés sont simi­laires en faisant qu’un danger n’est recon­nu qu’une fois la catas­trophe surve­nue. Il en est ainsi des mesures à venir suite aux 36 morts de cet acci­dent de bus dans le Shaan­xi.

Un chauf­feur fati­gué par de nombreuses heures de conduite, un bus-couchettes ne dispo­sant que d’une seule porte de sortie et des vitres ne pouvant être brisées que diffi­ci­le­ment, telles semblent être les causes de cette catas­trophe humaine. Les auto­ri­tés chinoises viennent donc de prendre certaines mesures, ce de la même manière qu’en avaient été prises suite à un acci­dent de bus scolaire où avaient péri une ving­taine d’enfants, soit à posté­rio­ri.

C’est tout d’abord la produc­tion de ces véhi­cules n’offrant qu’une seule issue qui va être inter­dite, les prochains bus devant être équi­pés d’au moins deux portes et de commandes d’ouverture aisé­ment acces­sibles aux voya­geurs. Toutes les vitres laté­rales devront égale­ment pouvoir être brisées par des marteaux dispo­sés de part et d’autre. En atten­dant que les nouveaux véhi­cules remplacent progres­si­ve­ment ceux recon­nus depuis peu comme repré­sen­tant un danger, les voyages de nuit vont être limi­tés, certaines régions les ayant d’ores et déjà inter­dits entre 2 et 5 heures du matin.

Une autre mesure concerne les chauf­feurs qui devront être au nombre de trois au lieu des deux actuel­le­ment requis. Là se pose un problème car si les deux précé­dem­ment obli­ga­toires étaient offi­ciel­le­ment à bord lors du départ, il était courant que l’un d’eux descende du bus quelques dizaines de kilo­mètres plus loin pour prendre en charge un véhi­cule de la même compa­gnie. Plutôt que d’en impo­ser trois, il aurait donc été plus utile de véri­fier la présence réelle des deux chauf­feurs au travers de systèmes d’identification rela­ti­ve­ment aisés à instal­ler.

En dehors du coûteux renou­vel­le­ment du parc de ces bus-couchettes, ces mesures n’auront que peu d’impact sur un problème qui lui est bien réel.