2017 : année du coq en Chine, des .on en Fran­ce

Suite logi­que de l’article précé­dent sur la danse des canards, il est cette fois ques­tion de l’élection prési­den­tiel­le fran­çai­se rebap­ti­sée « le bol pour les. on » du fait du nombre de noms en « on » et d’un point à rempla­cer par un « C ». Aucun rapport avec la Chine ? Quand même un peu du fait d’une diffé­ren­ce flagran­te avec le trai­te­ment média­ti­que dont béné­fi­ciait précé­dem­ment cette pério­de chérie de nombreux fran­çais en atten­te du messie.

Jusqu’à présent, ce forma­ta­ge prépa­ra­toi­re n’était que peu évoqué. Cette année, chaque candi­dat élu aux primai­res a eu droit à plusieurs repor­ta­ges. L’élection d’Hamon ainsi que la récen­te entrée en scène de Mari­ne Lepen ont été couver­tes. Concer­nant la partie droi­te du trône prési­den­tiel, Fran­çois Fillon est présent dans les jour­naux télé­vi­sés, ce davan­ta­ge pour ses soucis avec la pres­se que pour la poli­ti­que qu’il comp­te mettre en œuvre s’il est élu. Pour ce qui est de Macron, les Chinoi­ses le trou­vent sédui­sant.

Contrai­re­ment à la Fran­ce, la pres­se n’est pas aux ordres de marchands d’armes, de banquiers ou de faux intel­lec­tuels, mais du pouvoir. Pas davan­ta­ge d’indépendance, mais au moins des sala­riés de la pres­se qui ne pren­nent pas les télé­spec­ta­teurs, audi­teurs ou lecteurs pour des abru­tis.

En Chine, les présen­ta­teurs se limi­tent aux infor­ma­tions préa­la­ble­ment filtrées par les servi­ces dédiés. C’est la même chose en Fran­ce en matiè­re de filtres, la vedet­te du 13 h. ou du 20 h. ajou­tant un numé­ro de cirque visant à plai­re à son patron et à prépa­rer son avenir profes­sion­nel. En Chine, ce ciné­ma souvent affli­geant est réser­vé aux émis­sions de diver­tis­se­ments, ce qui est pour le coup plus appro­prié. Bien enten­du, l’immense majo­ri­té des Chinois sait que l’information est filtrée. C’est très loin d’être le cas en Fran­ce où sont enco­re nombreux ceux et celles qui croient à l’existence de médias tota­le­ment libres.

Reve­nons en Chine pour se poser la ques­tion sur cette volon­té de rela­ter l’ambiance qui règne autour de la campa­gne élec­to­ra­le fran­çai­se. Cet inté­rêt assez proche de celui qui a accom­pa­gné l’élection aux USA répond en fait à un chan­ge­ment de compor­te­ment au plus haut sommet. Depuis la mise en place de l’équipe Xi Jinping, la Chine est reve­nue au premier rang d’un point de vue écono­mi­que, mais aussi diplo­ma­ti­que. Un exem­ple est l’invitation en vedet­te améri­cai­ne du prési­dent chinois à Davos. Cette présen­ce ne doit rien au hasard, les diplo­ma­tes chinois y étant pour beau­coup.

Le pouvoir chinois comp­te en effet pren­dre ou repren­dre sa place sur la scène inter­na­tio­na­le, et ce sur des sujets long­temps lais­sés aux seuls occi­den­taux. Il s’agit donc de prépa­rer l’opinion publi­que chinoi­se à une plus gran­de ouver­tu­re au monde et permet en paral­lè­le de souli­gner l’efficacité du pouvoir poli­ti­que en matiè­re de recon­nais­san­ce inter­na­tio­na­le.

Pour ce qui est de la danse nuptia­le des candi­dats fran­çais, il s’ajoute les aspects pour le moins pagailleux d’un systè­me élec­to­ra­lis­te à bout de souf­fle.

En Fran­ce, les poli­ti­ques truqueurs sont raris­si­mes en prison alors que depuis le chan­ge­ment de direc­tion en 2013, ils sont des centai­nes derriè­re les barreaux « Made in China ». Il devient dès lors très porteur de mettre en lumiè­re les déri­ves d’un systè­me poli­ti­que « concur­rent », leçon appri­se par les Chinois dans certains médias fran­çais pour qui la Chine n’est qu’un sujet d’articles à char­ge.

Le pouvoir chinois a-t-il un favo­ri ? Il n’en avait pas offi­ciel­le­ment pour l’élection améri­cai­ne et n’en a donc pas davan­ta­ge pour celle fran­çai­se. L’électeur fran­çais préfè­re géné­ra­le­ment le candi­dat qui répond le mieux à ses besoins propres, quit­te à à nuire aux inté­rêts natio­naux. Il en est de même pour la Chine qui souhai­te en prio­ri­té se préser­ver des vagues nées loin de son terri­toi­re, mais pouvant être suivies d’effets loca­le­ment dange­reux. Le bal des vampi­res sera termi­né début mai, ce qui ne chan­ge­ra pas pour autant la musi­que ou les musi­ciens.