10.3 et 3.3, les chiffres marquants de l’année 2010

Le premier de ces chiffres corres­pond à l’évolution du PIB et le second à l’augmentation de l’I.P.C, l’indice des prix à la consom­ma­tion qui est une des compo­santes utili­sées pour calcu­ler le taux d’inflation. Dans les deux cas, ces indi­ca­teurs sont plus élevés que les prévi­sions des experts chinois, ceux-ci ayant tablé sur un PIB en hausse de 9,5 % et un IPC de 3%.

Rien de drama­tique me direz-vous ? Non, mais cela suffit pour affo­ler les marchés finan­ciers mondiaux qui ne vivent plus que les yeux rivés sur l’économie chinoise, la seule à être un moteur mondial de crois­sance. Même les chiffres du chômage U.S, pour­tant moins élevés que prévu n’ont pas réus­si à donner le sourire aux cambistes qui craignent, sans doute avec raison, que les auto­ri­tés chinoises ne prennent des mesures en vue de limi­ter ces hausses.

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Si celles-ci veulent en effet pour­suivre leur poli­tique d’augmentation des salaires, ces hausses ne doivent pas être trop rongées par un taux d’inflation qui lui touche en prio­ri­té les classes sociales les plus modestes. L’immobilier ayant déjà fait les frais de telles mesures de restric­tion, ce sera sans doute au tour des produits alimen­taires et manu­fac­tu­rés de connaître quelques limi­ta­tions. Des produits dont les prix n’augmentent que peu face à des salaires en notable évolu­tion devraient donc conduire à ce que les finan­ciers redoutent, c’est-à-dire une baisse des marges béné­fi­ciaires. En supplé­ment d’une baisse de ces marges, ce sont les inves­tis­se­ments qui pour­raient faire les frais de cette poli­tique d’austérité, même si la plupart d’entre eux sont du fait des entre­prises d’État. Plus inquié­tant est le domaine des inves­tis­se­ments directs étran­gers (IDE) qui pour­rait être moins impor­tant que par le passé, la Chine deve­nant moins atti­rante.

Le gouver­ne­ment Chinois se retrouve donc dans une situa­tion incon­for­table où il doit en prio­ri­té conten­ter sa popu­la­tion sur le terrain du pouvoir d’achat tout en préser­vant ce qui le nour­rit, c’est-à-dire la vigueur de son écono­mie au travers de la vision de béné­fices confor­tables. Devant cette équa­tion à résoudre, les respon­sables pren­dront sans doute des mesures modé­rées dont certaines pour­raient être un resser­re­ment des taux de crédits et une baisse des aides à l’exportation. La Chine étant deve­nue un four­nis­seur prati­que­ment unique dans bien des domaines, il est moins vital de privi­lé­gier des prix bas face à une concur­rence se faisant de plus en plus rare.

Ce sont donc les Occi­den­taux qui risquent d’être au premier rang des pays finan­çant ces restric­tions, ce qui en fin de compte plom­be­ra le pouvoir d’achat de ses popu­la­tions. Des produits chinois plus chers, mais deve­nus incon­tour­nables, une popu­la­tion chinoise vivant elle mieux grâce aux augmen­ta­tions de salaire, les deux chiffres annon­cés pour­raient alors prendre une tour­nure bien plus posi­tive qu’il n’y paraît à première vue.