Vivre en Chine: un enfer pour certains, et pour cause
Vous l’avez sans doute remarqué, les articles sur la Chine publiés par les grands médias sont rarement « aimables » pour ce pays, ce qui a par effet miroir de pousser certains blogueurs amateurs à emboîter le pas, souvent avec des moyens techniques et surtout intellectuels bien plus limités.
A quoi est donc due cette communauté de vues qui a tendance à faire penser que ce pays est un enfer tant pour ses habitants que pour les pauvres immigrés condamnés à passer quelques mois ou années dans ce pays ?
Tout d’abord au fait que ces personnes sont incapables de s’adapter à une culture différente, ce qui les oblige à comparer un certain nombre de points leur servant de repères existentiels. Souvent basés sur des acquis sociaux ou autres dont ils ont hérité à la naissance, un certain nombre d’immigrés se révèlent être incapables de lutter pour obtenir leur place, alors que ce combat est quotidien en Chine. Face à des systèmes sociaux parfaitement encadrés et préétablis, les « pâtes à modeler » se retrouvent face à des problèmes qu’ils doivent eux-mêmes résoudre, alors que dans leur pays d’origine, toute une ribambelle de textes est là pour apporter une solution au moindre souci de la vie. C’est dans cette classe sociale immigrante que vous allez trouver tous les humanistes plus ou moins universalisant, qui faute de comprendre, tentent de comparer des éléments de société qui n’ont aucun lien commun. Cet humanisme de façade, qu’ils voudraient universel, a pour effet de les isoler totalement de la réalité, les laissant dans ce monde qui est le leur depuis la naissance, peuplée de barrières juridiques et autres guides imposés, leur faisant croire en une société toute en rondeurs.
En Chine, la majorité des lois ont pour but essentiel de préserver l’unité nationale, autour de laquelle gravitent les individus. Tant qu’aucune atteinte n’est faite à cette unité, vous êtes libre de faire ce que vous voulez, sous réserve de ne pas mettre en danger l’ordre public, élément indissociable de cette unité. Dans des pays comme la France, les personnes naissent dans un cadre juridique et social bien plus étroit censé les protéger de tous risques liés à la simple vie quotidienne, ce qui a pour effet tant de déresponsabiliser, que d’hyper-protéger une population devenant au fil du temps incapable d’affronter un évènement non régi par un « texte-cadre ». Ces deux systèmes, s’ils sont diamétralement opposés, apportent leur lot de bon et de mauvais, mais dans les deux cas semblent adaptés à un état d’esprit spécifique. La Chine est la Chine, et la France la France, et même s’il est agréable et facile de vouloir mettre en parallèle deux systèmes afin d’y trouver quelques points de repères, ce cheminement d’esprit mène systématiquement à de fortes déceptions.
Vient ensuite un fait difficilement avouable, même si celui-ci va devenir dans les années à venir de plus en plus perceptible, et qui est que la Chine n’a globalement pas besoin de nous, ce qui sous-entend que les personnes pensant venir apporter la bonne parole et le savoir supérieur de la race blanche sont rapidement déçues. Ce que ce pays en effet ne sait pas encore faire, il l’achète, et ce sera de plus en plus le cas en raison de sa puissance économique. Si les étrangers sont encore les bienvenus, et ce, bien plus pour des raisons d’image tendant à prouver l’ouverture du pays, les Chinois ont encore majoritairement en mémoire les méfaits causés par cette occupation, celle-ci étant de plus épisodiquement remémorée lors de certains évènements.
Là également, une différence notable des deux cultures fait que quand nous allions envahir d’autres pays afin d’en extraire les spécificités jugées intéressantes, les Chinois font venir à eux les « petits prétentieux » pour mieux les déshabiller. Sous le couvert d’un besoin, caressant ainsi la race supérieure dans le sens du poil, la Chine a réussi en quelques années à s’accaparer la majorité des technologies détenues par des pays certains de leur savoir. Pourquoi donc en effet se déplacer puisque le miroir aux alouettes, réfléchissant l’image d’un eldorado de plus d’un milliard de personnes, est là pour faire venir à lui tout ce que le monde représente d’ingéniosité.
Critiquable ? Oui sans doute, surtout si l’on est dans le camp des perdants, qui soit, ne le savent pas encore, soit ont du mal à se l’avouer. Il vous suffit d’imaginer la situation inverse pour vous rendre compte que ces agissements seraient les mêmes pour peu qu’il y ait un intérêt quelconque.
Certains viennent donc en Chine pour se servir, mais en partent avec le sentiment d’avoir servi, ce qui ne peut qu’amplifier une certaine amertume propice à certains règlements de compte par médias interposés.
Il faut donc quand on arrive dans ce pays, et que l’on désire y vivre ne serait-ce qu’un temps, se débarrasser de toutes les certitudes liées à une éducation spécifique et avoir la volonté de comprendre que des peuples, tout en vivant différemment de nous, ne sont pas pour autant des arriérés, béats devant nos siècles de soi-disant supériorité innée. Il faut par conséquent accepter de vivre différemment, de penser différemment, laissant son orgueil ou sa prétention au guichet de la douane. Cela ne se fait pas de manière instantanée, et demande une acclimatation dont la durée varie pour chaque individu, mais également par sa volonté à accepter la différence, ce qui semble bien dans les faits ne pas être donné à tout le monde.
