Une journée pas ordinaire
Heng a 25 ans, et est un des nombreux maçons travaillant sur les chantiers environnants. Originaire du sud du Guangxi, il a déménagé à Hengxian voici deux ans, et il est marié depuis tout juste un an.
Rien d’exceptionnel dans tout cela, et il y a encore 2 jours, sa vie n’avait rien de différent de ce qu’est la vie quotidienne d’une majorité de Chinois. Aujourd’hui il est à la une des journaux régionaux et les télévisions locales s’intéressent de près à cet homme qui a passé 24 heures pour le moins surprenante.
Tout commence à l’hôpital local, où il va passer la nuit en attendant la naissance de son enfant. À 6 heures du matin, son épouse donne naissance à un garçon, ce qui comble de plaisir Heng qui doit toutefois se rendre à son travail. Là, et sans doute fatigué par une nuit sans sommeil, il fait une chute alors qu’il travaillait au 4e étage d’un immeuble en construction, ce qui aurait dû lui être fatal, ou du moins provoquer de graves blessures. Heureusement pour lui, la providence fait qu’au même instant passe un camion chargé de panneaux de polystyrène destinés à l’isolation, ce qui a pour effet d’amortir considérablement le choc. Heng est toutefois quelque peu assommé par sa chute, et est transporté à l’hôpital pour y subir quelques contrôles. Il en ressort quelques heures plus tard, aucune anomalie n’ayant été décelée.
À peine a t’il fait quelques mètres après la porte de l’établissement médical que, traversant une rue sans regarder, il est heurté par une voiture qui le projette à plusieurs mètres. Retour donc à l’hôpital de fait tout proche, où il passe à nouveau toute une série de tests pour s’assurer que tout va bien. Il s’en tire également bien, n’ayant que quelques égratignures. Son patron l’ayant rejoint, il lui conseille de rentrer chez lui, ayant eu la chance d’échapper par deux fois à un accident, et ne désirant pas le voir sur le chantier aujourd’hui. Tout cela est mis sur le compte de l’émotion causé par la naissance, et ses amis qui le rejoignent à son domicile après le travail ne manquent pas de plaisanter sur cette journée pour le moins agitée.
Pour se remettre de ces émotions, les amis de Heng l’invitent à se joindre à eux pour aller manger dans un petit restaurant du quartier. L’ambiance est gaie, et les bouteilles d’alcool de riz se vident à grand rythme, tant pour fêter la venue au monde du fils de Heng, que pour rire des deux accidents.
C’est lors de ce repas que va se produire le troisième incident, une arrête de poisson venant se planter dans la gorge de Heng, ce qui pour effet de le créer un début d’étouffement. Un de ses amis sort précipitamment dans la rue pour faire stopper un des nombreux mototaxi, mais dans sa précipitation manque de peu de se faire renverser par une ambulance qui rentrait d’une intervention. La situation rapidement expliquée au médecin, celui-ci place Heng sous oxygène le temps de faire la route. Une fois arrivé à l’hôpital, l’arrête lui est retirée sans problème, et il peut rentrer chez lui en compagnie de ses amis, et ce, après être venu voir son épouse à qui il raconte cette folle journée.
Arrivés à quelques mètres de son domicile, Heng et ses amis passent devant un de ces nombreux lieux vendant des tickets de loterie à gratter, identiques à ceux que nous avons. Un de ses amis lui soumet l’idée que, vu la chance qu’il a eue aujourd’hui, il devrait tenter le sort une fois de plus, ne sait-on jamais.
Heng n’est pas riche et achète un seul ticket à 5 yuan qu’il gratte sans trop regarder, bien plus pour faire plaisir à son ami que pour réellement espérer un gain quelconque. Ne connaissant que très vaguement la règle du jeu, il regarde, mais ne voit rien qui lui indique qu’il ait gagné quoi que ce soit.
Au moment de franchir la porte, la propriétaire qui allait jeter le ticket laissé sur une table l’interpelle :
« Dit donc, tu es riche toi pour laisser une telle somme ! »
« Pourquoi ? Je n’ai rien gagné ! »
« Ah si, et beaucoup même : 300 000 yuan » (plus de 30 000 euros)
Heng regarde fixement la femme, et s’évanouit. Il chute lourdement et en se cognant contre le coin d’une table, s’ouvre une arcade sourcilière, ce qui le conduit pour la quatrième fois dans la même journée à l’hôpital, où les médecins expliqueront n’avoir jamais vu une personne se faire soigner en étant aussi joyeuse.
Si Heng doit toucher le montant de ses gains dans quelques jours, il a promis d’en donner une partie à la propriétaire du magasin de jeux, ce qui viendra s’ajouter aux 5000 yuan que la société organisatrice a décidé de lui remettre pour remercier son honnêteté sans laquelle Heng n’aurait jamais su qu’il était le bienheureux gagnant.
Le jeune maçon a décidé d’abandonner son travail pour s’installer à son compte en créant un magasin de matériaux et de divers accessoires pour la construction. Dans l’attente, il se repose, passant le plus clair de son temps à répondre aux questions des curieux et des journalistes.
Il y a des jours comme cela…….. bonne chance pour l’entreprise de ce monsieur….. ha ha ha …
Une autre histoire qui fait proverbe chez les chinois, concerne un vieux monsieur du nom de Sai Ong et un cheval sauvage.
Un très beau cheval sauvage est venu s’installer, tout seul, chez Mr Sai Ong. AU village, tout monde lui dit alors : Oh que vous avez de la chance, Mr Sai Ong.
Sai Ong, souriant, leur dit : on verra.
Quelques semaines plus tard, le cheval sauvage s’est sauvé, en emenant avec lui les deux autres chevaux de Mr Sai Ong. Les gens au village disent alors : Oh, qu’il n’a pas de chance !
Sai Ong, toujours souriant, leur répond : On verra.
Plusieurs semaines sont passées. Le cheval sauvage est revenu. Avec en plus, un troupeau de chevaux qui le suivaient.
Au village, tout le monde est étonné, et ils viennent féliciter Mr Sai Ong.
Sai Ong, comme d’habitude, leur répond : on verra.
Le jeune fils unique de Mr Sai Ong, l’a alors aprivoisé. Il le chevauche tous les jours et va souvent à la chasse. Un jour, dans une chevauchée un peu top endiablé, il est tombé et s’est cassée une jambe. Les villageois comencent alors à dire ; finalement, quel malheur ce cheval.
Sai Ong, toujours impassible : On verra.
Une semaine plus tard, une geurre s’est éclatée. Les paysans en age de combattre sont tous moblisé pour aller au front. Sauf le fils blessé, infime pour la guerre, il est resté chez lui.
Dommage qu’on ne saura jamais ce que deviendra ce jeune homme dans la suite.
Désœuvré, puisque riche, peut-être, deviendra-t-il toxicomane, comme beaucoup de riches de l’autre côté du Pacifique.
Bonjour Guy,
“Dommage qu’on ne saura jamais ce que deviendra ce jeune homme dans la suite.”
peut-être pas car comme je le signale à la fin de l’article, il est en train d’ouvrir un magasin.
Je l’ai d’ailleurs vu ce matin, et il m’a dit qu’il avait trouvé le local.
Bonne journée
Bonjour Alain,
“ouvrir un magasin”
Est-ce une preuve de réussite globale? Ca c’est la question. Quand je disais “ne saura jamais”, c’est à bien plus longue échéance.
J’ai entendu souvent parler de gains monstrueux, créé par la loterie. C’est un leurre de bonheur. Le hasard ne favorise pas, il désoriente. Il ne cherche pas à globaliser un réussite, il capitalise de manière aveugle.
On ne s’improvise pas “patron” ou “travailleur salarié”.
La loterie, c’est du casino. Je n’ai jamais été joueur. Construire soi-même avec ses propres moyens, ne désoriente pas, mais rassure car c’est progressif.
Très bon weekend
Bonjour Guy,
sûr qu’à longue échéance, c’est difficile de savoir, même s’il n’a pas choisi la facilité, ce qui dénote au moins un certain courage.
Il y a quelques années, une connaissance a gagné une grosse somme au loto:
Maison luxueuse, voitures du même niveau, et une moto pour chacun des deux fils, et bien entendu arrêt total de l’activité professionnelle. Au bout de trois ans, plus rien, les parents se sont remis au travail sans trop de difficultés, les deux enfants se sont retrouvés en prison pour vol, trafic de stupéfiants, etc ..
Quel veinard!!! Bonne chance pour sa boutique…