Le monde vu de Chine

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Une banque pour les BRICS, la banqueroute pour les Occidentaux ?


heL’idée indienne de créer une banque regroupant les BRICS vient de franchir une nouvelle étape avec l’accord intervenu entre les 5 pays lors de la première journée du sommet qui se tient en Afrique du Sud. Une fois en place, cette banque aura pour première fonction de financer certains grands projets d’infrastructures.

Certains voient là une manière pour les BRICS de s’éloigner du FMI et de la Banque Mondiale sous la direction des seuls occidentaux. Ce qui est par contre certain est que les fonds mis dans cette « caisse commune » seront autant que les BRICS n’injecteront plus dans la Banque Mondiale. Avec 110 milliards de dollars entre 2009 et 2010, la seule Chine a prêté déjà davantage aux pays en développement que la BM avec 103 milliards. Il y a fort à parier que les aides en direction de certains pays africains ne vont pas s’arrêter là, ce toujours en échange d’une partie de leurs ressources minières et autres. La banque des BRICS pourra en effet intervenir avec un poids supérieur tout en allégeant la charge financière de créanciers telles l’Inde et la Chine.

Pour les Occidentaux le risque majeur est que vu l’endettement de certains de ces pays, la Banque formée par les 5 émergeant soit rapidement appelée à la rescousse du fait de disponibilités moindres de la Banque Mondiale. Les USA avec leur déficit abyssal, le Japon au bord de la faillite et l’Europe guère plus en forme, cette annonce d’une banque commune entre ex-pays pauvres est un nouveau pas franchi dans la vision d’un rééquilibrage mondial. Reste à savoir comment les BRICS vont s’entendre pour gérer cette structure, certaines nations occidentales ayant tout intérêt à réduire leurs ambitions. Si les 5 pays parviennent à adoucir certaines rancœurs historiques et autres divergences plus ou moins entretenues, ces nations pourraient à terme avoir l’idée d’un concurrent de l’OMC, ce qui n’arrangera guère les affaires du « vieux monde ».

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Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.