Un article explosif.
Depuis quelques mois, de nombreux magasins proposent un maxibriquet pour un prix variant de 3 à 5 yuan ; la taille de cet engin est de 18 cm contre seulement 7 pour son petit frère standard. Un briquet à la taille du pays qui a été acheté par des milliers voir des millions de personnes, trouvant la taille de cet engin amusante.
Mais voilà que cette semaine, il a été annoncé que ce produit était retiré de la vente et que les personnes l’ayant acheté par le passé devaient le ramener à son point de vente, ce que sans doute, peu de Chinois le feront, car le briquet ne sera pas remboursé. La raison de cette demande de retour a été motivée par le danger que représente la quantité de gaz présente dans le réservoir, et qui est 8 fois supérieure à celle d’un briquet ordinaire. Il a été en effet démontré que le risque d’explosion était réel du fait de la faible épaisseur du plastique et que les risques de fuite représentaient un danger non négligeable.
En fait, cette interdiction survient après un grave accident survenu au chauffeur d’un véhicule. Celui-ci avait amené son épouse faire des courses au supermarché et peu intéressé par le shopping est resté dans la voiture pour écouter de la musique, il allume une cigarette et pose machinalement le briquet sur la planche du tableau de bord. Le chauffeur qui s’est endormi va se réveiller quelques heures plus tard à l’hôpital, la tête bandée. Le briquet déposé derrière le pare-brise a en effet explosé et causé de graves blessures au chauffeur dont la perte définitive d’un œil, mais également une forte baisse d’audition qui risque-elle aussi de rester définitive. Des éclats de plastique lui ont lacéré le visage qui a été fortement brûlé par endroits.
Cet accident met en avant une fois de plus un des points faibles du système de contrôle des produits et qui fait que ce qui n’est pas explicitement interdit est considéré comme étant autorisé, même si le fabricant soupçonne la dangerosité de sa fabrication. Dans le cas présent, le responsable de l’entreprise fabriquant le briquet met en avant sa bonne foi, expliquant qu’une étiquette est apposée sur le produit, indiquant que celui-ci ne doit pas être exposé à une température excédant 50 °.
Si une plainte a été déposée à l’encontre du fabricant, celle-ci a peu de chances d’aboutir, car dans le cas présent il s’agit en effet bien plus de la part de la personne blessée de négligence que d’une mise en cause de la qualité du produit, mais d’autre part une telle quantité de gaz dans un réservoir non prévu à cet effet représente un danger potentiel.
Il serait donc utile que la Chine se dote d’un service qui contrôlerait des produits pouvant être dangereux et cela avant leur mise sur le marché. J’ai posé la question à un responsable des services du commerce qui m’a répondu qu’un projet était à l’étude, mais se heurtait à des problèmes d’efficacité. Il est vrai qu’en Chine, les labels officiels tendant à prouver le passage des produits aux divers contrôles se trouvent en vente dans de nombreux magasins, et ne prouve donc souvent rien.
Il paraît donc difficile de prévenir et la seule solution reste pour le client à ne pas acheter un produit douteux, méthode que les Chinois appliquent depuis fort longtemps.
