Ukrai­ne : confu­sion entre proche de l’Europe et pro-européen

Pour dire vrai, je n’avais pas compris dans un premier temps la soudai­ne fibre euro­péen­ne des diri­geants ukrai­niens par inté­rim. Si mon incul­tu­re notoi­re est la cause de cette incom­pré­hen­sion, une part de respon­sa­bi­li­té revient toute­fois aux médias. En lisant à plusieurs repri­ses le terme de « pro-européen », j’ai naïve­ment déduit qu’il s’agissait d’un senti­ment euro­péen profon­dé­ment ancré et dicté par des objec­tifs communs qu’il s’agisse de poli­ti­que, d’économie ou de cultu­re.

J’avais eu un premier doute lors­que le 13 mars, le premier minis­tre Arse­ni Iatse­niouk était allé cher­cher la feuille de route au domi­ci­le d’Obama dès sa prise de fonc­tion. Cette préci­pi­ta­tion à rencon­trer celui qui est en fait son patron se prêtait mal au discours que je pensais enco­re pro-européen. La plupart des médias employant des stagiai­res, c’est une coquille qui est la cause de ma mépri­se. Il ne s’agit pas en effet d’un senti­ment pro-européen, mais de la situa­tion géogra­phi­que de l’Ukraine qui rend ce pays proche de l’Europe. Pour le reste, les diri­geants actuels issus du coup d’État suivent à la lettre les ordres de Washing­ton, ce qui devient dès lors bien plus clair.

Il semble d’ailleurs que je ne sois pas le seul à m’être trom­pé « à l’insu de mon plein gré », la plupart des diri­geants euro­péens ayant eux aussi pensé à un rallie­ment à la commu­nau­té euro­péen­ne de la part de l’Ukraine. C’est ce qui expli­que cet empres­se­ment à venir au chevet du grand mala­de pour prodi­guer comme d’habitude bien plus de conseils et de mena­ces à l’égard de la Russie que d’actes réel­le­ment effi­ca­ces. Bien que les diri­geants soient dispo­sés à pren­dre toutes les aides venues de la « riche Euro­pe », ils visent avant tout à faire de leur terri­toi­re une éniè­me base mili­tai­re mise à dispo­si­tion des USA.

C’est avec un peu de retard que les diri­geants euro­péens se sont rendu comp­te de leur bévue, mais la situa­tion est cette fois visi­ble­ment bien assi­mi­lée. Les Euro­péens sont rentrés à la niche dès le premier ordre de John Kerry leur impo­sant de sortir le porte­feuille dans le plus grand silen­ce. Fini les amuse­ments pour les enfants, l’affaire se trai­te entre Russie et USA, l’Europe se blot­tis­sant comme à l’habitude à l’ombre de la banniè­re étoi­lée.