Sundar Singh, martyr au Tibet.
Les religions sont parfois comme les hommes et ont besoin de se déguiser pour paraître plus attrayants, faisant ainsi venir à eux plus de fidèles. On nous présente souvent tant le bouddhisme Tibétain que les Tibétains eux-mêmes comme des entités non violentes, distillant à longueur de journée des paroles de tolérance et de sérénité ; pour d’autres, les lamas sont ces êtres supérieurement éduqués qui sont sur terre la réincarnation de la douceur et de la paix entre les peuples.- Sundar Singh est un Hindou converti au christianisme et qui au début du siècle a visité à plusieurs reprises le Tibet afin d’y porter la parole du Christ ; comme vous le lirez ci-après, tant l’accueil qui lui a été réservé que sa vision de cette région sont totalement éloignés de la vision idyllique que certains voudraient imposer pour vendre leur camelote.
- Ses pérégrinations Tibétaines ont été traduites en plusieurs langues et je vous donne à la fin de l’article la source où vous pourrez trouver de plus longs extraits. Sundar Singh a disparu en 1929.
- Extrait 1 : Élevé non loin des hautes montagnes de l’Himalaya, Sundar avait souvent laissé s’envoler sa pensée de l’autre côté de la frontière, vers ces peuplades plongées dans les ténèbres du paganisme et qui n’avaient jamais entendu parler de l’amour de Dieu.
- Les Tibétains sont extrêmement religieux, mais beaucoup sont fort ignorants et superstitieux. Les lamas gouvernent le pays, et gardent le peuple dans l’ignorance afin de conserver leur influence sur lui. Ils vivent ensemble dans des monastères ou lamaseries, et passent une grande partie de leur temps à étudier leurs livres sacrés. Beaucoup d’entre eux cherchent sincèrement la vérité et aspirent à vivre saintement. Mais d’autres, détenant la richesse et l’autorité, sont cruels, fanatiques, corrompus. Le peuple vit dans la crainte et attribue aux prières des lamas le pouvoir de le protéger contre des dieux et des démons sans nombre dont il se croit entouré et qu’il imagine être jaloux, puissants et vindicatifs. Pour apaiser leur colère et échapper à leurs maléfices, il apporte des offrandes aux lamas afin d’obtenir leur intercession.
- A la tête de tous les lamas, gouvernant le pays avec une souveraineté absolue, se trouve le Dalaï-lama ou grand prêtre. Il réside dans un magnifique palais construit au sommet d’un rocher, le Potala, dominant la cité sacrée de Lhassa. Le temple est consacré à Bouddha ; ses murs massifs, ses terrasses et ses bastions s’élèvent verticalement de la plaine ; il est couronné d’un dôme étincelant d’or et de turquoises. Au pied du monastère, la cité de Lhassa croupit dans la saleté.
- Extrait 2: Le val Chambi, au nord de Darjeeling, est une sorte de petit paradis terrestre en même temps qu’une des entrées de la contrée la plus désolée et la plus inhospitalière de l’Asie, le Thibet.
- Ce pays n’a pas toujours été fermé. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, Lhassa n’opposait aux étrangers que des obstacles naturels. Des jésuites et des capucins y firent de longs séjours, encouragés même par le gouvernement thibétain. On sait que déjà en 1325 des voyageurs visitèrent ce pays, mais les premiers Européens qui séjournèrent à Lhassa y arrivèrent en 1661. C’est que, il y a deux ou trois siècles, les Européens pouvaient parcourir les coins reculés de l’Asie avec plus de sécurité que de nos jours, parce que maintenant le blanc inspire l’effroi au lieu d’éveiller simplement la curiosité.
- A la fin du XVIIIe siècle, les soldats du Népaul envahirent le Thibet, qui appela à son secours les Chinois, et ceux-ci anéantirent presque les Gourkhas. A partir de ce moment ce fut, de fait, la Chine qui régna à Lhassa, et c’est de là que date la politique de stricte exclusion.
- Depuis le déclin de la puissance de la Chine, une mission thibétaine, soi-disant religieuse, envoyée en Russie, a placé le Thibet plus ou moins sous l’influence russe. Plusieurs lamas de Buriat ont été élevés en Russie, entre autres un certain Dorjieff, chef de la mission russo-thibétaine de 1901. Avec d’autres, il formait le rêve d’un boudhisme renforcé, sous le contrôle spirituel du Dalaï Lama, appuyé par la puissance militaire de la Russie. Ces lamas ignorants se figuraient que la Russie était boudhiste.
- Extrait 3 : Le Thibet est un pays mystérieux qui jouit d’une civilisation fort ancienne, mais stationnaire. C’est le pays des drapeaux à prière flottant au vent et des moulins à prière qu’on fait tourner machinalement. Le gouvernement est moyenâgeux ; la sorcellerie, la magie et l’ordalie par le feu ou l’eau bouillante y fleurissent encore. On y compte environ six millions d’habitants.
- A Lhassa, la maison consacrée au Boudha et au Dalaï Lama est un bâtiment qui se dresse superbement sur un rocher appelé le Potala. Ses murs massifs, ses terrasses et ses bastions s’élèvent verticalement de la plaine à la crête, couronnés de dômes, étincelants de turquoise et d’or. A ses pieds croupit dans la saleté la cité de Lhassa. Bien que le boudhisme déclare toute vie sacrée, il n’y a pas eu, dans l’Europe du moyen âge, de donjon ensanglanté qui ait vu autant de meurtres que ce sanctuaire de la divine incarnation.
- C’est uniquement la religion boudhiste qui maintient l’unité de la nation, chaque famille devant donner un de ses fils à l’ordre sacerdotal des lamas.
- Il y a quelques centaines d’années qu’un saint boudhiste a prédit qu’un jour le Thibet serait envahi et conquis, et le boudhisme anéanti. Aussi une terreur aveugle s’unit au fanatisme pour tenir closes toutes les portes du pays et, plus que toute autre chose, l’enseignement d’une religion étrangère attire, sur qui s’en rend coupable, la persécution la plus acharnée et même la mort la plus cruelle.
- Extrait 4 : En effet, dans une ville nommée Rasar, il fut arrêté et mené devant le lama sous l’inculpation d’avoir pénétré dans le pays et d’y avoir prêché l’Évangile de Christ. Reconnu coupable, il fut conduit à l’endroit consacré aux exécutions capitales, au milieu d’une foule hostile.
- Les deux genres usuels d’exécution consistent en ceci : ou bien l’on expose le condamné au soleil jusqu’ à ce que mort s’ensuive, après l’avoir cousu dans une peau encore humide de yack ; ou bien on le jette dans un puits à sec dont l’ouverture est solidement fermée par dessus sa tête. C’est cette dernière torture qui fut choisie pour le sâdhou. Arrivé à l’endroit fatal, il fut dépouillé de ses vêtements et jeté dans les profondeurs ténébreuses de cet horrible charnier après que son bras eut été brisé. Nombreux étaient ceux qui avaient déjà été enfermés dans ce puits sans en être jamais ressortis, et il tomba sur un amoncellement d’ossements et de chairs pourries. Toute autre mort eût paru plus douce. Où qu’il posât la main, il ne rencontrait que chair en putréfaction, dont l’odeur le suffoquait. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » s’écriait-il à son tour.
- La nuit vint sans qu’il fît plus sombre dans ces affreuses ténèbres et sans apporter le sommeil au malheureux supplicié. Les heures s’écoulaient, même les jours ; il n’avait rien à manger, rien à boire ; il sentait qu’il n’en avait plus pour bien longtemps.
- Extrait 5 : Le boudhisme du Thibet n’a pas de place pour Christ, dont le seul nom soulève l’opposition et la haine. Kartar semble n’avoir guère rencontré de bienveillance, pas plus pour lui-même que pour son message, et pourtant il ne parait pas avoir jamais songé à reculer. Ces gens étaient sans Christ et ils avaient besoin de Lui. Or, si Christ avait donné sa vie, Kartar était prêt à la donner aussi, ne fût-ce qu’à titre de témoignage et pour montrer son amour à ses persécuteurs. Bien qu’on fût en général touché de sa jeunesse et de sa ferveur, bien peu avaient le courage de prendre ouvertement son parti, et ce ne fut qu’après sa mort que les résultats de ses labeurs Vinrent au jour.
- Comme avant lui le Sauveur, Kartar comprit que ce sentier épineux ne pouvait aboutir qu’au Calvaire. On essaya en vain de le chasser du pays ; il ne cessa pas de prêcher de village en village, jusqu’au jour où il fut traîné devant le lama de Tsingham, sous l’inculpation de pénétration illicite dans le pays en vue d’y enseigner une religion étrangère. C’était la fin prévue. Il la regarda en face sans faillir, attendant de la grâce de Dieu le secours nécessaire pour rendre fidèlement son témoignage jusqu’au bout. A ce qu’apprit plus tard Sundar, Kartar écouta sans broncher sa sentence et s’en alla d’un pas ferme du tribunal au lieu du supplice. En chemin, il pressa encore la foule des spectateurs de chercher sans tarder le salut en Jésus-Christ, et il y en eut un au moins qui le prit à cœur et trouva le Sauveur.
- Arrivé au lieu de l’exécution, Kartar fut dépouillé de ses vêtements, cousu dans la peau encore humide d’un yack et exposé au soleil, tandis qu’une foule railleuse jouissait de l’horrible spectacle : en se rétrécissant, la peau de yack exerçait sur son corps une pression telle que ses os craquaient et que peu à peu, très lentement, sa vie se retirait. Son Nouveau Testament, son unique réconfort aux jours de l’affliction, était resté à terre à côté de lui, sans que personne y fit la moindre attention. Le troisième jour, sentant que la fin approchait, il demanda qu’on voulût bien dégager un moment sa main droite. Cette faveur lui fut accordée, par curiosité plutôt que par commisération. Rassemblant alors ses dernières forces, Kartar écrivit son dernier message sur la première page du volume.
- Dans cette foule qui assistait au martyre de Kartar Singh se trouvait le premier secrétaire du Lama de Tsingham. Ayant remarqué le petit Testament dans lequel ce héros de la croix avait écrit son dernier message, il le ramassa et l’emporta chez lui pour l’étudier. Sous l’impression profonde de ce qu’il avait vu, son cœur était prêt à accueillir l’enseignement du Livre, et bientôt une clarté nouvelle et joyeuse pénétrait dans son âme. Ces choses merveilleuses, à mesure qu’il y pensait, devenaient pour lui des réalités toujours plus réelles, si bien qu’il ne put garder son secret plus longtemps : il déclara un jour au lama son maître qu’il avait donné son cœur à Jésus.
- Pour lui aussi, c’était la mort. Mis en jugement, il fut condamné sans merci au même supplice que Kartar, mais, comme on ne le trouvait pas encore assez cruel pour faire comprendre aux spectateurs le danger de ces fausses doctrines, on lui enfonça dans le corps des brochettes rougies au feu. Puis, pour hâter la fin, qui paraissait trop lente à venir, on le retira de la peau de yack, on attacha une corde autour de son corps mutilé et on le traîna dans les rues de la ville ; en outre on lui enfonça des éclats de bois sous les ongles des pieds et des mains. Ensuite, on jeta ce pauvre corps inanimé sur un tas d’immondices, hors de la ville.
- Le croyant mort, ses persécuteurs le laissèrent, leur vengeance enfin assouvie. Peu à peu, toutefois, le malheureux revint à la vie, et finalement il fut en état de se traîner ailleurs. En le voyant remis de toutes ses tortures, ses concitoyens furent terrifiés, au point qu’on n’osa plus le molester. On est resté persuadé qu’il possède un pouvoir surnaturel, et c’est ainsi qu’il a pu raconter lui-même son histoire et celle de Kartar à Sundar Singh, ainsi également qu’il continue à prêcher hardiment Christ aux Thibétains
- Désolé pour les adeptes des lamas et autres réincarnations, mais si je comprends que les certaines personnes aient besoin de croire et d’attacher leur vie à des valeurs spirituelles, je ne peux défendre ceux qui au nom de l’enseignement de ces mêmes religions ont pratiqué jusqu’à il y a peu de telles exactions et de tels signes d’intolérance. Cela m’était difficile déjà auparavant, mais je suis encore plus dubitatif sur l’évolution soudaine de sentiments humains et conforté dans l’idée qu’il ne s’agit là que d’une façon de donner une vision polissée alors que la réalité est toute autre.
- Source documentaire : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/SundarSing/Parker/thibet.html
- http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/SundarSing/Biographie/autibet.html
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San Shuo, une Miao au pays des Zhuang Ce roman tiré d’une histoire vraie n’a rien d’un dépliant touristique en ayant pour objectif tant de retracer ce qu’a été la vie de cette Miao du Guangxi, que l’environnement dans lequel elle a évolué. Parce qu’en Chine les gens se parlent beaucoup, j’ai tenu à ce que les personnages de ce livre soient les plus vivants possible et les plus proches de la réalité. Les mots employés sont simples parce que tant les miens que ceux utilisés par les habitants de ces contrées dont une bonne partie sont davantage passés devant l’école qu’ils y sont entrés. C’est d’ailleurs sans doute ce qui me plait le plus dans ce pays qui se traduit par une simplicité dans les dialogues quotidiens permettant de résoudre des situations pourtant souvent Cliquez ici pour découvrir San Shuo, une femme autant étonnante que détonante.
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« vers ces peuplades plongées dans les ténèbres du paganisme » [...] « Les Tibétains sont extrêmement religieux, mais beaucoup sont fort ignorants et superstitieux. »
j’ai cesser de lire ici, bonjour l’arrogance des chretiens.
« j’ai cesser de lire ici, bonjour l’arrogance des chretiens. »
Pourquoi donc arrêter de lire ?
Avec un pseudo comme le vôtre, vous croyez donc tout de même à la réincarnation ?
Pensez-vous que, du temps des lamas, les écoles étant réservés à l’élite, ceux-ci n’étaient pas ignorants de la réalité des choses ?
Je ne prend pas un pseudo comme le vôtre, mais par contre ne croit en aucune religion.