Le monde vu de Chine

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Smartphones : l’OEM déclare son indépendance


Smartphones : l’OEM déclare son indépendance {focus_keyword}Sous-traitants, équipementiers ou systémiers, le monde de l’OEM chinois du Smartphone est en ébullition. Longtemps discrets par nature, les fabricants d’équipements d’origine (FEO en français, OEM en anglais) sont agités depuis quelque temps par des velléités d’indépendance. Ce sentiment est alimenté par le marché en pleine expansion du téléphone intelligent, ce qui a eu pour effet de multiplier le nombre d’OEM.

Passés de 195 en 2012 à 389 un an plus tard pour répondre à la demande des grandes marques, ces sous-traitants ne se contentent plus aujourd’hui des miettes de l’énorme gâteau. Créer sa marque est la solution choisie par bon nombre d’entre eux, ce qui n’est pas sans compliquer la vie des grands industriels du secteur, mais également des utilisateurs.

À de rares exceptions près, ces acteurs longtemps anonymes ne disposent d’aucune structure dans le domaine de la recherche et du développement. Ce secteur représentant une part importante dans le coût de revient d’un Smartphone, ils peuvent produire des appareils à bas prix. La contrepartie de la pauvreté des innovations est une concurrence accrue entre ex-sous-traitants, ce qui impose des prix ne dégageant qu’une très faible marge. Un autre handicap pour ces nouveaux fabricants est que le temps presse, l’Institut Chinois du Développement Électronique prévoyant le pic de vente en 2014-2015 avant de connaître un relatif tassement.

Bien que le marché soit colossal, une partie de ces fabricants ne passera pas ce cap avec pour raison majeure le manque de visibilité de leurs produits amplifié par la faiblesse de leur politique commerciale. Pour les revendeurs et les utilisateurs, cet avenir incertain n’est pas sans créer d’hésitation à s’engager avec un fournisseur qui risque de disparaître d’un jour à l’autre. Même de qualité acceptable et vendue à un prix concurrentiel, ces produits au destin aléatoire représentent un investissement demandant un minimum de réflexion.

Smartphones : l’OEM déclare son indépendance {focus_keyword}Du côté des grandes marques, cette vague de nouveaux concurrents est loin d’être prise à la légère, et ce pour plusieurs raisons. Il y a tout d’abord l’aspect confidentialité qui se retrouve mis en cause. Une fabrication même partielle de ses appareils confiée à celui qui est devenu un concurrent n’est pas sans risque de voir certaines innovations détournées. Vient en suite le fait que les grandes marques réalisent une part importante de leurs bénéfices sur les modèles d’entrée de gamme. Si la marge est moins élevée que pour le haut de gamme, les coûts de fabrication et de conception rendent ces appareils très rentables du fait de la quantité vendue.

De là à assimiler les ex-OEM à des prédateurs, il n’y a qu’un pas aisé à franchir par les grands fabricants. Ceux-ci tentent toutefois de se rassurer en se disant que passé le plus haut de la vague, le nombre réduit de survivants ne représentera pas un grand danger. Un autre argument est la popularisation des Smartphones qui au final leur sera bénéfique, la clientèle faisant dès lors la différence entre un produit d’une marque plus ou moins artificielle et celui d’un géant du secteur. Encore faudra-t-il que l’écart en matière d’innovation et de conception soit assez flagrant pour marquer les esprits des utilisateurs.

Smartphones : l’OEM déclare son indépendance {focus_keyword}Les ex-OEM n’entendant pas jouer les faire-valoir des grandes marques, ils sont prêts à livrer une rude bataille afin de prendre possession d’une partie du terrain de jeu. Cette guerre annoncée se déroulera d’abord entre Chinois venus du monde de l’OEM, les luttes fratricides étant une habitude en Chine. Émergeront sans doute quelques rares gagnants qui devront alors affronter les grands de ce secteur. Vu la puissance technologique et commerciale des fabricants occupant actuellement le marché, il y a fort à parier qu’une bonne part des nouveaux arrivants rejoindra à terme l’anonymat dont ils ne sont sortis qu’attirés par l’odeur du profit rapide.

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Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.