Le monde vu de Chine

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Si Kerviel avait été chinois


partialitéIl y a des fois où il fait bon être chinois, du moins si l’on fait partie de cette classe privilégiée des personnes placées sous l’aile protectrice des médias et bien-pensants. C’est le cas actuellement de Ai Weiwei qui grâce à son origine chinoise et ses activités extra-professionnelles bénéficie de la mansuétude de la part de ceux qui se sont autoproclamés comme étant des intellectuels défenseurs des nobles causes.

Un « article » comme celui du Figaro d’aujourd’hui met par exemple de côté la totalité des aspects purement financiers pour ne conserver que la seule image du ventripotent artiste new-yorkais et intermittent du spectacle de la dissidence chinoise. Personne en effet n’explique avec preuve à l’appui qu’Ai Wewei n’a aucune responsabilité dans la gestion de la société pékinoise mise en cause, que le montant des sommes détournées par celle-ci est loin de celles réclamées par les services fiscaux chinois, etc ..

Il est vrai qu’en France on ne condamne que rarement les politiques puisque ceux-ci s’auto-amnistient ou bénéficient de généreux non-lieux, les artistes ou membres camés du show-biz puisqu’ayant des relations avec les premiers nommées, les obsédés sexuels de tous poils ou encore les fonctionnaires véreux ou voleurs qui eux sont simplement mutés. Dans notre beau pays des droits de l’homme, on préfère faire payer les lampistes du genre Deviers-Joncour , Lefloch-Prigent et autres lampistes. Viennent ensuite les “repentis” qui sont grassement récompensés pour services rendus on ne sait à qui, mais qui bénéficient de certains appuis venus du haut de la pyramide.

Si Ai Weiwei devra a priori payer quelques 1.7 million d’euros et a passé 3 mois en prison, cela n’est rien à côté de la sanction dont a hérité Jérôme Kerviel avec 5 ans de prison dont 3 fermes et la somme colossale de 4,9 milliards d’euros. Tout comme le premier nommé, Kerviel est un innocent puisqu’a fait appel du jugement, ce qui devrait comme pour Ai Weiwei imposer un certain nombre de questions de la part des médias sur ce système pourri.

Seulement voilà, Jérôme Kerviel n’est pas un artiste et surtout n’est pas Chinois. Ce dernier point semble en effet un véritable sésame pour être défendu bec et ongles (tant que cela ne coûte toutefois rien) par une partie des opinions publiques formatées par des médias jouant de plus un rôle de paravent. Si Kerviel avait été Chinois, il lui aurait en effet suffi de lâcher quelques phrases assassines sur son gouvernement, après s’être rempli les poches grâce à celui-ci, pour passer pour un martyre victime de la répression « habituelle » dans ce pays.

De là à dire que tous les fraudeurs de la planète devraient demander la nationalité chinoise, il n’y a qu’un pas que je franchis sans trop de gêne devant un tel spectacle médiatique. Le simple fait d’être chinois et de faire de plus ou moins longs séjours dans des pays « plus respectueux des droits de l’homme » est en effet un formidable soutien à toutes les dérives imaginables pouvant aller de la fraude fiscale au viol sur mineures et tant d’autres domaines que nous occidentaux maîtrisons parfaitement. Pour les autorités chinoises, ce « transfert de compétence » s’avérerait également intéressant puisque héritant des investissements directs réalisés en Chine par ces personnes devenues dès lors des souffre-douleurs aux yeux de l’occident après avoir été considéré comme des escrocs notoires.

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Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.