Procés du lait contaminé
Une première phase judiciaire du scandale concernant le lait contaminé vient de se terminer avec la condamnation de 4 des dirigeants de la société Sanlu, principal fournisseur du produit en cause.
Prison à perpétuité pour la directrice et peine de mort pour les autres dirigeants directement impliqués dans cette affaire ; tel a été le verdict du tribunal qui n’a pas retenu les arguments tentant de prouver que les dirigeants n’étaient pas informés de l’ajout de mélamine dans le lait.- Il est évident que le fait que ce scandale ait touché des enfants a joué en défaveur des accusés ; 6 enfants sont décédés et 300 000 autres ont été plus ou moins gravement atteints.
-
Reste maintenant à savoir quel sera le suivi médical qu’assurera l’état Chinois pour les enfants concernés car au-delà de la condamnation, il reste à souhaiter que les victimes seront suivies afin de déceler tout risque de complications. Également à suivre, l’indemnisation des familles car si environ 20 000 € seront versés aux parents des enfants décédés et entre 3 et 5 000 pour ceux dont les enfants ont été hospitalisés, une inquiétude vient du fait que la société Sanlu ait déposé son bilan ce qui hypothèque les chances réelles d’indemnisation, à moins que ce ne soit l’état qui prenne en charge ces indemnisations. Sur les 600 compagnies laitières Chinoises, 22 sont impliquées dans ce scandale et se sont engagées à indemniser les victimes et leurs cas seront examinés par les tribunaux dans le courant de l’année.
Ce jugement contraste fortement avec les habitudes laxistes et relaxantes de notre système juridique qui vient de désavouer le parquet dans l’affaire des hormones de croissance. Cette affaire, qui a fait 117 morts, vient juste de passer devant les juges après des années d’instruction.
De nombreuses personnes appelaient récemment la justice Française à prendre exemple sur le jugement de Sanlu et à se montrer moins complaisante vis-à-vis des responsables ; il est assez rare de lire une référence positive à la Chine pour qu’elle soit notée.
Il est en effet complètement aberrant que des instructions soient si longues, surtout pour obtenir finalement un jugement de relaxe qui exonère ainsi les responsables. Au lieu de réformer le statut des juges à des fins de convenance personnelle, il serait préférable de se pencher sur ce problème qui fait d’une part que les instructions durent aussi longtemps et que des responsables le soient quand il s’agit des rémunérations mais ne le soient plus quand il s’agit d’assumer .