O.G.M et équilibre alimentaire, les Chinois ont bien riz
Pour raisons de changements climatiques ou non, la manière de cultiver le riz est en train de se modifier en Chine. Les raisons sont multiples et vont du développement de variétés ayant un rendement plus élevé à la mise au point en laboratoire de semences demandant moins d’eau, ressource qui vient à manquer de manière de plus en plus régulière.
Il est toujours important de rappeler que ce pays reste précaire en ce qui concerne son équilibre alimentaire, et que les importations en plus de coûter cher viennent souvent remplacer une mauvaise récolte, d’où un appauvrissement des cultivateurs. Ces divers éléments réunis poussent donc à développer des semences plus élaborées, mais également plus chères à l’achat, ce qui a également des effets néfastes sur une agriculture restant le parent le plus pauvre du pays.
Il existe bien sûr la solution des O.G.M, mais là, ce sont les consommateurs qui se révèlent être méfiants, surtout après le scandale du lait contaminé à la mélamine, alliée à un coût élevé des semences, de nombreux brevets appartenant à des compagnies étrangères. Il y a 4 ans, des essais de riz O.G.M avaient été tentés ici, sur des parcelles très délimitées avant d’être abandonnées. La raison de cet abandon est simple :
Au bout de 3 ans, les terres ne donnaient pratiquement plus rien en termes d’éléments nutritifs, obligeant ainsi à recourir à de fortes doses d’engrais et à un labourage bien plus en profondeur. Or, l’érosion des terres est également un des problèmes auxquels sont confrontés les agriculteurs, et un labour plus important favorise cette érosion, demandant également un équipement agricole bien plus performant que celui dont dispose actuellement bon nombre de paysans de la région. Les engrais étant déjà une des principales causes de la pollution des cours d’eau, il est de plus difficile d’augmenter notablement les doses, ce pays commençant à comprendre les intérêts d’un meilleur équilibre qui doit exister entre la nature et les besoins humains.
Les nouvelles semences qui apparaissent au fil des années sont le résultat des énormes investissements faits dans le secteur technique de l’agriculture, produisant déjà des sojas ou tomates conçus en laboratoire, le riz ayant été jusqu’à présent écarté de ces recherches, du moins officiellement. Comme précisé en introduction, la mise sur le marché de nouvelles variétés de riz a eu pour effet de faire disparaître certains anciens riz, ce qui n’est pas du goût de nombreux chinois qui trouve ces produits plus fades que ceux auxquels ils étaient habitués.
En marge de cela, et devant cette obligation de faire face à une future pénurie, deux nouvelles variétés de riz ont été développées par un institut spécialisé de la province du Hubei, mais ne seront mises sur le marché qu’après plusieurs années de vérifications et de tests. Dans l’attente, la Chine devra donc se contenter des variétés actuelles et des différentes importations de pays voisins.
Le manque de terrains agricoles, dû à la conformation du pays affichant de très nombreuses zones désertiques ou montagneuses, allié à la poussée de l’urbanisation est un des points faibles de ce pays qui rappelons le, a souffert par le passé de famines récurrentes. Une différence de taille entre ces périodes est qu’entre-temps, la Chine s’est modernisée et surtout urbanisée, créant ainsi une classe sociale totalement coupée du monde agricole et de ses problèmes.
Cette population, dont une bonne partie est aisée, verrait d’un très mauvais œil une restriction quelconque sur l’alimentation, et n’en comprendrait sans doute pas les raisons, ce qui à terme risquerait de provoquer une agitation sociale d’envergure. En plus de l’aspect purement agricole, cet aspect social vient s’ajouter à l’inquiétude des autorités qui se doivent de trouver une solution assurant cet équilibre alimentaire qui ne tient aujourd’hui qu’à un fil, tout en respectant un environnement naturel déjà dégradé par l’urbanisation massive et la pollution qui en résulte.
Ce qui demeure par contre certain, c’est que la classe sociale agricole reste dans ce pays le centre de vie indispensable à la bonne marche de l’économie et de l’équilibre social, et ce, bien avant les exportations et la production de produits parfois superflus, la Chine ne pouvant comme certains pays dits riches se contenter d’importer des produits agricoles en grande quantité.
Dérèglement climatique, manque de productivité dans le domaine agricole, urbanisation empiétant sur les trop rares terres cultivables et augmentation de la consommation due à une évolution du niveau de vie, tels sont les problèmes que ce pays doit résoudre très rapidement s’il ne veut pas retomber dans les années de misère qu’il a connue il y a encore quelques décennies, et qui hantent encore les esprits d’un certain nombre de générations.
