Noël, un jour presque comme un autre
Je ne vous parlerai pas de la célébration de Noël en Chine pour la simple raison que je ne connais pas toute la Chine, et ce, contrairement aux sinologues citadins qui eux généralisent une situation constatée à Shanghai ou Pékin à toute le pays.
Je me contenterai donc de vous relater la façon dont ce jour est fêté ici à Hengxian, petit bourg rural de Chine du Sud.
Lorsque je suis arrivé il y a cinq ans et quelques jours avant Noël, je fus surpris que mon fils et mon épouse me proposent de décorer un sapin, chose que je ne faisais plus en France depuis pas mal d’années. Ma première impression fut donc qu’ils avaient l’habitude de commémorer ce jour, mais il s’avéra en fait que sachant ce jour particulier pour les étrangers, ils avaient voulu se plier à cette mode. Aucun arbre n’étant vendu dans ma petite ville, nous dûmes nous rendre à Nanning pour en acheter un, et il ne fut pas trop difficile d’en trouver.
Cinq ans plus tard, on trouve ici aisément des arbres synthétiques, mais ceux-ci restent majoritairement destinés à orner les magasins, bien plus que les maisons des particuliers. Il s’avère que c’est bien plus la période qui est fêtée que le jour lui-même, les Chinois réservant leurs forces pour le Nouvel An qui a lieu quelques semaines plus tard.
Ici, pas de jouets pour les enfants ou de gâteau spécial, et seuls les employés des magasins sont coiffés d’un bonnet rouge et blanc, histoire de respecter un folklore dont bien peu connaissent la raison. Il serait de toute manière difficile pour le père Noël de passer par les cheminées pour remettre des cadeaux aux enfants, étant donné que ce moyen de chauffage est totalement inconnu.
En demandant à plusieurs personnes quelle était la signification de ce jour, aucune n’a été capable de me répondre, sachant seulement qu’il s’agissait d’une fête occidentale et que, pour montrer que la Chine était un grand pays ouvert, ils la fêtaient sans toutefois trop connaître son origine.
Il en est de même pour le 1er janvier qui n’est ici qu’un passage administratif d’une année à l’autre, et dont le jour est tout juste chômé pour les fonctionnaires et les étudiants, la majeure partie de la population se réservant pour le mois de février prochain qui reste la période festive majeure.
Noël reste donc, du moins ici, une fête totalement marginale, bien plus fêtée par les expatriés et leur suite de Chinois désirant suivre une mode et une tradition qui n’est pas la leur, histoire de paraître plus évolué que ses compatriotes ruraux.
