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Marché auto­mo­bile : — 13 % en octobre, le début de la fin ?

AutomobileLes ventes de véhi­cules auto­mo­biles ont connu en octobre une chute de 13 %. De là à y voir le signe d’une fin si souvent annon­cée il n’y a qu’un pas qu’il faut toute­fois bien se garder de fran­chir. Si cette chute est impor­tante, la baisse sur un an n’est que de 1 % avec 9,1 % de ventes supplé­men­taires. Le mois de novembre étant tradi­tion­nel­le­ment un pic de vente du fait du renou­vel­le­ment opéré par de nombreuses entre­prises, la baisse d’octobre devrait être en partie compen­sée, ce qui devrait permettre d’atteindre les 10 % de véhi­cules supplémentaires.

Si les embou­teillages des villes et la hausse du prix du pétrole jouent un rôle impor­tant dans ce très rela­tif ralen­tis­se­ment, d’autres viennent trou­bler l’embellie que connaissent les construc­teurs depuis quelques années. En tout premier lieu le fait qu’il est diffi­cile pour les ménages aisés d’empiler davan­tage le nombre de voitures. Une fois la famille équi­pée, les regards se tournent vers d’autres désirs du moment, même un Chinois ne pouvant conduire plus d’une voiture à la fois. Les classes aisées et une partie de celle plus moyenne étant deve­nues proprié­taires de voitures, les ventes se font logi­que­ment plus rares. Pour la couche médiane de la classe dite moyenne, ce sont les diverses augmen­ta­tions sur des produits de la vie quoti­dienne qui retardent d’autant un achat désiré, mais pour l’instant remis à plus tard. Le taux d’inflation demeu­rant assez élevé, les hausses sur les produits de base grignotent des écono­mies que même les propo­si­tions allé­chantes de crédit ne peuvent contrebalancer.

Si les zones côtières riches sont le moteur de l’expansion du parc auto­mo­bile chinois, celles de l’intérieur du pays connaissent des situa­tions écono­mi­que­ment plus contras­tées. Passé en effet les grandes agglo­mé­ra­tions, les reve­nus actuels ne permettent pas l’acquisition d’un véhi­cule, et ce même avec les primes accor­dées aux habi­tants des zones rurales. Ces popu­la­tions en sont encore à parer au plus pressé et ne peuvent donc envi­sa­ger l’achat d’une voiture dont ils n’ont de toute manière pas un besoin absolu, n’ayant pas contrai­re­ment à leurs homo­logues des villes le désir de prou­ver une réus­site sociale même très relative.

Un autre élément venant trou­bler l’esprit des ache­teurs poten­tiels est la concur­rence féroce que se livrent les construc­teurs. Certains modèles haut de gamme voyant leur prix nota­ble­ment bais­ser, ils viennent ainsi concur­ren­cer les gammes moyennes qui à leur tour n’ont d’autres solu­tions que de s’aligner sur le haut des gammes infé­rieures. Beau­coup de clients se disent logi­que­ment que ces offres inté­res­santes sont loin d’être termi­nées, ce qui repousse d’autant un achat qui devient au fil des mois bien plus raisonné qu’il y a quelques années.

A l’image du secteur immo­bi­lier connais­sant un début de baisse, celui du secteur auto­mo­bile devrait dans les années à venir trou­ver un rythme de croi­sière bien plus en rapport avec la norma­lité. La folie étant passée, les ache­teurs chinois dispo­sant des moyens finan­ciers pour cette acqui­si­tion font jouer à plein la concur­rence et mettent donc plus de temps à fina­li­ser leur achat, ce qui corres­pond à un compor­te­ment bien plus adulte. Reste le sempi­ter­nel « énorme poten­tiel » de clien­tèle qui comme dans bien d’autres secteurs reste à l’état de qu’il a toujours été, soit un rêve que certains font tout en étant éveillés.

Albié Alain
Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois.
Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes.
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