Le monde vu de Chine

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Locataires ou paysans, vous aurez du mal à vous marier


La ChineLa politique de l’enfant unique a l’avantage de donner enfin un élément positif aux femmes, et ce, après des siècles de ségrégation. Avortées ou abandonnées, le sort des filles n’était guère enviable jusqu’à il y a peu, mais la situation pourrait bien changer si l’on en croit l’enquête réalisée par une association de femmes. Étant devenues presque aussi rares en Chine que des DVD’s originaux, les futures épouses semblent prendre conscience de leur valeur, et la font payer.

Ce sont en effet plus de 70 % des jeunes filles interrogées qui ont indiqué qu’elles n’accepteraient de se marier que si leur futur époux était propriétaire de son logement. Un salaire deux fois plus élevé que le leur est également demandé au fiancé, et le fait d’avoir une voiture est un élément pouvant faire pencher le cœur de la promise. En ce qui concerne les emplois considérés comme acceptables, on reste là dans les grands classiques avec ceux liés à la fonction publique, et bien entendu les postes de cadres à responsabilité élevée.

Si le physique est passé au second plan dans les critères de choix, les aspects matériels semblant prévaloir en prenant même le dessus sur l’intelligence qui rappelons-le, n’est pas systématiquement lié au niveau d’éducation. Ce qui compte pour les « belles », ce sont les sous, pouvant s’accommoder d’un monstre idiot du moment qu’il possède le dernier modèle de BMW et un 150 m² sur une avenue.

Même si ce n’est pas une surprise, et nullement spécifique à la Chine, les personnes issues du monde agricole n’ont pas la côte. Si près de 63 % des futures mariées ont déclaré ne pas désirer se marier avec un paysan, ce taux ne redescend que de 6 points si habitant en ville, la personne possède un hukou (livret de famille) rural. Il apparaît donc difficile pour une personne née à la campagne de trouver l’amour ailleurs qu’au milieu des champs.

L’origine et la réussite sociale semblent être les éléments primordiaux pour envisager partager sa vie avec une de celles qui il y a peu étaient abandonnées à la naissance. En ayant aujourd’hui le choix des armes, les jeunes femmes chinoises veulent avant tout bien vivre, ou du moins profiter de la vie d’une manière souvent différente de celle de leur mère. Devant la difficulté à trouver l’élue de leur cœur, de nombreux hommes ne trouvent d’autre solution que d’aller chercher ailleurs ce que leur situation sociale les empêche de trouver dans leur propre pays. C’est ainsi que dans le Guangxi le nombre de mariages mixtes a littéralement explosé, de nombreuses unions étant célébrées entre une jeune Vietnamienne et un Chinois. Si depuis le début de l’année, cette région est une zone de libre-échange, les initiateurs de ce projet n’avaient sans doute pas envisagé que le Guangxi deviendrait également une zone de libre mariage pour cause de pénurie nationale.

Comme dans tous les pays, les filles rêvent du prince charmant arrivant sur son cheval blanc, mais quelques années plus tard, le prince peut devenir moins beau et avoir troqué sa monture par une fonctionnant avec du pétrole. En Chine, les choses deviennent similaires et le seront de plus en plus au fur et à mesure que le niveau de vie évoluera. Si Mao avait le désir de supprimer les classes sociales, cette enquête met en avant que chasser le naturel ne sert à rien, puisqu’il revient au galop, ou plutôt au bruit des crissements de pneus.

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Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.