Ils ont volé la cause tibétaine
Cet article n’a nullement pour but de mettre en avant les arguments de l’une ou l’autre partie, tant les extrêmes ne peuvent que s’affronter sur des visions si différentes d’un passé, mais également d’un présent où l’une de ces parties met en avant uniquement les points positifs réels face à l’autre camp utilisant les côtés négatifs également vérifiables. Ce dont je voudrais vous entretenir, c’est la manière dont cette cause tibétaine a été volée à ses propriétaires, c’est-à-dire le peuple tibétain lui-même.
Bien que formellement identifiés, ces voleurs récidivistes continuent de nos jours leurs exactions à la vue de tout le monde, et ce, sans que ces malversations ne soient relevées par quiconque, prenant au contraire fait et cause pour ces malfaiteurs
Pourquoi récidivistes ?
Pour la simple raison que ces spécialistes du cambriolage ont déjà sévi par le passé, comme dans le cas de Nelson Mandela qui, et ce, malgré les agitations épisodiques et médiatiques ne sera libéré de sa prison que grâce à la décision d’un Africain du Sud, et non sous la pression d’un quelconque lobby intello médiatique.
A quelques jours du 10 mars, marquant l’anniversaire de l’exil du dallai Lama, vont donc refleurir les très épisodiques contestations sur la présence Chinoise dans cette région, mettant en avant non pas les réalités de ce peuple, mais quelques leaders plus ou moins proches de cette cause, venus chercher sur les plateaux de télévision les vitamines nécessaires à leur notoriété du moment, et suivis de leur suite d’adeptes aux arguments plus ou moins flous ou variables.
C’est de cette confiscation dont il est question, celle-ci étant le fait d’une minorité de pseudo-défenseurs de cette cause au détriment du peuple concerné. Certains argumenteront que le peuple tibétain ayant beaucoup de mal à pouvoir s’exprimer, il est logique que ceux qui ont cette faculté le fassent à leur place. Si ceci est vrai, encore faudrait-il que les discours aient un lien direct avec les réels intérêts de ce peuple, ce qui est loin d’être sûr, du moins pour certains, utilisant cette épine tibétaine à des fins n’ayant plus rien à avoir avec la raison initiale.
Si ces personnes, dont une grande partie n’en est pas moins fort respectable, avaient un tant soit peu de lucidité ou d’honnêteté intellectuelle, elles devraient se rendre compte que leur manière d’aborder le problème n’a pas été la bonne, puisqu’en plus de 50 ans les progrès se révèlent quasiment nuls, et ce, malgré une période où la Chine était bien plus faible politiquement que ce qu’elle n’est aujourd’hui, ce qui aurait dû considérablement aider à trouver une solution. Il a en effet fallu bizarrement attendre que la Chine décolle économiquement pour voir ressurgir ce problème, et surtout sa forte médiatisation au travers de professionnels de la communication, mêlant un problème humain réel et la défense d’un certain nombre d’intérêts économiques.
Cette instrumentalisation a été en grande partie rendue possible grâce à celui qui se dit le leader de cette cause, homme charismatique au possible, entraînant derrière lui la sympathie d’une partie de l’opinion publique très sensible aux apparences, et au plaisir de s’opposer au nouveau géant Chinois valorisant ainsi son ego. Le dallai Lama n’est pas unique dans l’histoire à avoir utilisé une certaine image de marque telle une publicité pour un produit dont la qualité n’est pas toujours à la hauteur de l’emballage, mais a réussi en supplément à attirer à lui diverses personnalités souvent en baisse de notoriété, et qu’une photo prise avec le V.R.P de luxe peut faire remonter auprès d’une opinion publique béate, ou en attente de réincarnation dans une vie moins fade que ce que ne leur offre le quotidien.
Comme dit le proverbe : “A l’ombre des grands arbres, rien ne pousse. » Et ce sont les Tibétains eux-mêmes qui ont fait les frais de ce dicton, relégués au rang de faire-valoir au bénéfice de quelques têtes de listes abritées du vent sous les ramages du vieux chêne Tibétain.
Imaginez un temps la même cause, toute aussi honorable, mais défendue par un homme au traits disgracieux, et à la diction discutable ; vous pouvez être sûr que sa popularité ne serait pas celle actuelle, entrainant avec lui une baisse de crédibilité, ce qui reste tout de même troublant. Si l’humain a fait dieu à son image, et non le contraire, on peut penser que les « lamas-chercheurs » ont eu le nez creux en désignant cet enfant qui allait devenir le 14e chef spirituel des Tibétains.
Cette cause qui pendant un très court temps a été médiatisée pour mieux être mise en avant a été rapidement remplacée par une mise en scène théâtrale, où les acteurs ne sont plus les Tibétains, mais les superstars de la politique ou du show-biz, faisant de cette histoire un péplum digne des plus grands films hollywoodiens. En plus d’être régulièrement rediffusé, ce grand spectacle ressemblant de plus en plus à une série télévisée aux mille épisodes, finit par lasser une opinion publique qui, n’en voyant jamais la fin, finit par se détourner de cette histoire sans fin.
Tout ceci se fait au détriment du principal intéressé qui est ce peuple tibétain, réduit à regarder au travers de la lucarne télévisuelle sa propre histoire, souvent romancée afin de plaire au plus grand nombre, et la plupart du temps représentée par quelques lamas exilés laissant croire que cette population, soit se limite à quelques soutanes oranges laissant à penser, soit que parmi les exilés ce sont encore, et comme par le passé, les seuls à savoir s’exprimer, ou à en avoir le droit.
Le pire demeure que ce vol manifeste est commis par des personnes qui avaient largement les éléments de pression nécessaires à une solution rapide et intelligente de ce problème, mais qui ont préféré mettre en avant des discours restant aussi inefficaces que lors du blocus économique en Afrique du Sud. Volonté ou incompétence, toujours est-il qu’il s’avère de plus en plus que la solution ne pourra intervenir une fois de plus de l’intérieur, et ce, grâce à un futur et souhaitable changement de vision politique de la part des dirigeants Chinois.
Dans cette attente, les voleurs se partagent le butin au travers d’actions aussi voyantes qu’inutiles, n’ayant bien souvent pour effet de resserrer l’étau sur la population concernée, et de donner à ces acteurs un certain nombre de récompenses comme autant de « Césars » ou autres trophées venant relever une carrière politique souvent parsemée de « navets » notoires. Là encore, ce n’est que l’arrivée progressive de personnages politiques cherchant bien plus à être efficaces que médiatiques qui changeront les choses, remplaçant ces vieux acteurs de l’époque du noir et blanc par des films en couleurs aux milliers de nuances. Ce phénomène de remplacement semble s’amorcer avec par exemple le discours du président américain lors de la visite du dallai Lama, mettant en avant l’importance de la culture et de la spécificité Tibétaine, tout en incluant ces points dans une appartenance à la seule Chine. C’est ce genre de discours intelligent et posé qui peut faire avancer les choses, et ce, bien plus que les agitations qui n’ont pour seul effet que de faire camper les divers camps sur leurs positions.
Reste à savoir qu’elle est le désir de chacun à régler ce problème, et surtout d’être sûr que son éventuelle résolution ne priverait pas certains de leur raison de vivre ou d’exister en termes de médiatisation ou de paravents politiques. Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que cette cause Tibétaine a été volée, et en partie par les policiers eux-mêmes chargés de l’enquête, ce qui contribue tant à la dissimulation de preuves que d’un certain flou volontairement entretenu afin que le moins possible de personnes ne s’intéressent de trop près à cette histoire vieille de plus de 50 ans, et qui n’a à ce jour guère évolué malgré les moyens, du moins apparemment, mis en œuvre.
Pour conclure, je dirai que la défense d’une cause humaine ou culturelle ne devrait pas être assimilée à celle d’un club de supporters de football agitant un drapeau tout en hurlant quelques slogans appris par cœur, l’équipe officiellement soutenue étant bien loin d’entendre ces vociférations qui n’ont pour effet que de donner le sourire à des « pom-pom girls »politico-médiatiques occupant le devant de la scène. Si cette rencontre a tendance à jouer les prolongations, c’est pour la simple raison que le public en veut pour son argent, même si cela se fait en oubliant la fatigue des joueurs, exténués par 50 ans d’une partie où ils ne sont devenus que les enjeux de paris mafieux dont les bénéfices sont partagés par des bookmakers douteux.
Pour étayer et confirmer cette macabre mise en scène, cet article paru aujourd’hui 8 mars sur Agoravox:
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/commemoration-des-51-ans-du-71111
Et le lien vers la photo de la vraie personne:
http://www.tchrd.org/press/2008/pr20080519b.html
Amusant, non ? la section “Tibet libre” de l’Ile de France obtient le César du meilleur costume …

