Le prix international de l’hypocrisie est décerné à …
Sans faire à nouveau tout un plat de l’attribution du Nobel à un dissident chinois, je ne peux toutefois pas m’empêcher de penser que notre monde va bien mal, et particulièrement en ce qui concerne les valeurs qu’il dit toutefois défendre. Au nom en effet de l’élitisme ambiant où le moins médiocre passe pour un génie, où le fait de citer trois auteurs célèbres dans un même article fait d’un scribouillard un intellectuel, ce qui aurait dû être une ouverture vers plus de sociabilité est devenu le champ d’exercice des philosophes au rabais, auréolés d’un titre auto attribué.
Ce sont aujourd’hui ces mêmes penseurs de l’inutile qui traînent la boue un pays dont ils ne connaissent souvent que la partie que leur laisse entrevoir leur œil de cyclope, le plus gros de leurs efforts se concentrant sur leur propre personne. Bien que la comparaison qui suit embrasse souvent ces faux humanistes vivant d’un siècle des Lumières dont ils sont les éteignoirs, il est évident qu’il vaut bien mieux être aujourd’hui Chinois qu’indiens.
Si en soixante ans, et malgré de nombreuses erreurs, la Chine a réalisé ce qu’il a fallu à d’autres plusieurs siècles, bien peu nombreuses sont les personnes à reconnaître ces avancées, sans doute trop occupées à effacer leurs propres taches du tableau noir de l’histoire. Ce qui gêne aujourd’hui n’est non pas son régime politique, pas plus les problèmes culturels au Tibet ou au Xinjiang, sûrement pas une pollution dont l’occident est très majoritairement responsable, mais le simple fait d’avoir réussi à sortir la tête de l’eau alors que dans le même temps l’occident se noie dans son océan de supériorité héritée.
Avoir alphabétisé plus de 90 % de sa population
Avoir été le pays de la planète à avoir le plus réduit le plus la pauvreté
Avoir permis à tous ses enfants d’aller à l’école
Avoir jugulé les famines qui ont au cours des siècles décimé le pays
Être passé d’un pays insignifiant à une des premières puissances économiques
Tout cela ne vaut sans doute pas un prix qui décerné par des héritiers indignes de la mission qui leur a été confiée. Cette récompense aussi artificielle qu’éphémère, je souhaite sincèrement que la Chine la remplace par une autre elle bien plus palpable, qui est que ce pays redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être sans les guerres, les colonisations successives, les erreurs idéologiques, c’est-à-dire une grande nation.
Une fois arrivée à ce stade, elle pourra alors elle aussi décerner des prix à des personnes dont les ancêtres auront été pour une partie les donneurs de leçons actuels, et qui auront reçu à titre posthume la plus haute récompense qui puisse leur être attribuée : le Grand Prix International de l’Hypocrisie.
© 2010, Reflets de Chine. Tous droits réservés. La reprise partielle ou totale des articles est liée à une autorisation.
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San Shuo, une Miao au pays des Zhuang Ce roman tiré d’une histoire vraie n’a rien d’un dépliant touristique en ayant pour objectif tant de retracer ce qu’a été la vie de cette Miao du Guangxi, que l’environnement dans lequel elle a évolué. Parce qu’en Chine les gens se parlent beaucoup, j’ai tenu à ce que les personnages de ce livre soient les plus vivants possible et les plus proches de la réalité. Les mots employés sont simples parce que tant les miens que ceux utilisés par les habitants de ces contrées dont une bonne partie sont davantage passés devant l’école qu’ils y sont entrés. C’est d’ailleurs sans doute ce qui me plait le plus dans ce pays qui se traduit par une simplicité dans les dialogues quotidiens permettant de résoudre des situations pourtant souvent Cliquez ici pour découvrir San Shuo, une femme autant étonnante que détonante.
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