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Le président Sarkozy amuse beau­coup les Chinois, c’est déjà ça !

OccidentauxAlors que la France va finir d’élire dimanche ses canton­niers, preuve s’il en était besoin du haut degré de démo­cra­tie qui pousse à propo­ser aux élec­teurs les noms de ceux qui nettoie­ront nos routes, notre président préféré fait la une des médias chinois. Il ne s’agit pas cette fois des dernières photos dénu­dées de la première dame de France, ni même de son dernier single, mais du premier fran­çais en personne.

L’évènement est assez rare pour être relevé, les auto­ri­tés chinoises n’aimant pas géné­ra­le­ment mettre le nez dans des affaires qui ne sont pas les siennes, pas plus qu’elles n’apprécient le mouve­ment inverse. Le sujet de fond est la Lybie, la Chine s’étant abste­nue lors du vote de la réso­lu­tion alors que son veto aurait empê­ché cette inter­ven­tion. Ce qui irrite quelque peu les auto­ri­tés chinoises est le flou pour le moins artis­tique qui est asso­cié avec cette opéra­tion. Le but déclaré est en effet non pas de se débar­ras­ser physi­que­ment d’un dicta­teur devenu subi­te­ment encom­brant, mais d’utiliser de coûteux jouets dont font les frais la popu­la­tion civile.

Pour­quoi Sarkozy fait-il les frais de cette opéra­tion ? Parce que comme dit la publi­cité pour L’Oréal : « Il le vaut bien » et surtout l’a bien voulu en se présen­tant comme le chef des opéra­tions, même si ce leader­ship est large­ment remis en cause par ses propres alliés. Toujours est-il que pour les respon­sables chinois, l’objectif initial était de mettre en retraite anti­ci­pée Kadhafi et non pas de dépo­ser quelques missiles sur la tête de ceux que l’on était censés protéger.

La deuxième raison est que celui qui est surnommé en Chine « la girouette » est très loin d’être appré­cié juste­ment pour les raisons qui ont valu ce surnom. Rencontres «guigno­lesques» avec le dallai Lama, passage de la flamme olym­pique à Paris, décla­ra­tions à l’emporte-pièce n’ont visi­ble­ment pas été équi­li­brés par la visite du président Chinois en France, même si les petits plats avaient été mis dans les grands. La récente affaire Renault a de plus ajouté un peu d’huile sur le feu, les auto­ri­tés chinoises n’ayant que modé­ré­ment appré­cié le silence de leurs homo­logues fran­çais lorsque tout accu­sait la Chine.

Une autre raison est que la France assure actuel­le­ment la prési­dence du G20, et qu’il est toujours bon de mettre tous les atouts de son côté pour affai­blir un président ayant la fâcheuse tendance à n’agir qu’en fonc­tion des honneurs du moment et du sens du vent. La catas­trophe surve­nue au Japon débar­ras­sant pour un temps la Chine d’un membre qui bien qu’asiatique est inti­me­ment lié à son précep­teur US, vient donner un peu plus de force aux argu­ments commer­ciaux chinois. En agis­sant de la sorte, la Chine entre­voit une sortie diffi­cile du conflit libyen dont les respon­sa­bi­li­tés seront logi­que­ment attri­buées « au chef », soit le président fran­çais puisqu’il l’a voulu.

Cette mala­die deve­nue chro­nique qui pousse les diri­geants à lais­ser penser que la France est un pays à l’influence inter­na­tio­nale va une fois de plus jouer en défa­veur de sa popu­la­tion. L’Allemagne par exemple s’est bien gardée de deman­der un rôle dans ce mauvais film dont tout le monde connaît l’épilogue, et ce, malgré les critiques des va-t-en-guerre convul­sifs. Si Malbrough-Sarkozy  s’en va-t-en guerre, on sait hélas qu’il en revien­dra avec certes quelques millions d’euros en moins, mais auréolé d’un titre aussi hono­ri­fique qu’inutile de chef d’une coali­tion ciblant ce qui l’arrange. Dommage en effet que de telles inter­ven­tions n’aient pas lieu dans des pays tels que la Pales­tine où là c’est un réel occu­pant qui terro­rise une popu­la­tion avec l’agrément des mêmes chefs de guerre occi­den­taux.

Comme dit le proverbe : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », encore faut-il que la victoire soit au bout, ce qui est très loin d’être certain.

Albié Alain
Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois.
Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes.
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