Le pragmatisme Chinois : une école parfois difficile


Le pragmatisme Chinois : une école parfois difficile

Le pragmatisme Chinois : une école parfois difficileJe tente au travers de ce site d’expliquer tant la vie quotidienne que les différences culturelles et d’approche de certains éléments de la vie quotidienne, celles-ci faisant que pour un étranger il est parfois difficile de comprendre certaines réactions, surtout si l’on se pense que son vécu est une référence incontestable.

Parmi ces différences, il en est un certain nombre qui ont pour effet de se poser un certain nombre de questions sur son propre système, que certains jugent parfois proche de la perfection, ou du moins indubitablement supérieur à celui fonctionnant en Chine.

C’est ainsi que par exemple, mon épouse me demanda pourquoi je remerciais le commerçant à qui j’achetais une marchandise quelconque :

« Par politesse, il me sert, donc je le remercie »

« Tu le payes pour ce qu’il te vend, c’est un échange, tu n’as donc pas à dire merci. D’ailleurs, lui ne te remercie pas puisqu’en échange de ton argent, il te remet une marchandise »

J’avais, là aussi par habitude, la manie de laisser passer les gens, par exemple dans une rue étroite ou autre, me mettant sur le côté pour laisser le plus d’espace possible :

«  On est en Chine ici, tu as vu le monde qu’il y a, si tu t’arrêtes pour laisser passer les pétons, les vélos, les motos, les voitures, il te faudra une semaine pour atteindre le bout de la rue. Regardent comment ils font eux, ils avancent sans se soucier de qui ils gênent. »

Au bout de quelques mois, j’avais remarqué que sur les factures d’électricité ou d’eau, il ne figurait aucun coût pour la location des différents compteurs :

« Pourquoi paierions-nous pour quelque chose que nous n’achetons pas et qui n’est pas à nous ? S’ils ne veulent pas mettre de compteur, ils n’en mettent pas, mais je ne vois pas pourquoi l’on paierait pour savoir combien on a consommé. C’est la société qui vend l’électricité ou l’eau qui veut le savoir, donc c’est leur problème »

Les Chinois étant de grands consommateurs de bière, j’étais surpris qu’il n’ait dans ma ville aucun appareil servant à la pression, comme cela est courant chez nous, j’ai donc là aussi posé la question sur cette absence :

« Certains ont essayé il y a quelques années, mais à chaque fois, ils ont arrêté pour la même raison :

Quand les clients consomment de la bière en bouteille, ils laissent les bouteilles vides sur la table ou à côté. À la fin du repas, il est donc aisé de comparer la quantité figurant sur la note avec celle réellement consommée. Le problème en servant des verres, c’est qu’il y a toujours à la fin une contestation sur le nombre réellement consommé. Comme les Chinois contestent tout le temps quand il s’agit de payer, cela créait des histoires à chaque fois. »

Des exemples comme ceux-ci, il en existe des dizaines d’autres qui font que vivre dans ce pays demande parfois d’oublier ce que les années ont gravé dans son cerveau en termes de réaction et de comportement, et qui sont autant de marques des nombreuses différences culturelles, mais également d’une approche totalement différente de nombreux aspects de la vie quotidienne.

Si certains étrangers trouvent à redire sur cette manière de se comporter ou de réagir, c’est bien souvent parce qu’ils sont dans l’incapacité à s’adapter, où que leur prétention leur fasse croire qu’il n’existe qu’une seule bonne manière qui est celle qu’ils ont apprise. Même si en raison de mon âge déjà avancé, il m’est parfois difficile de réagir avec la manière pratiquée ici, cela m’aurait quelque peu gêné d’avoir fait plus de 10 000 km pour trouver une pâle copie de ce que j’ai connu.

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Le pragmatisme Chinois : une école parfois difficile

San Shuo, une Miao au pays des Zhuang

Ce roman tiré d’une histoire vraie n’a rien d’un dépliant touristique en ayant pour objectif tant de retracer ce qu’a été la vie de cette Miao du Guangxi, que l’environnement dans lequel elle a évolué. Parce qu’en Chine les gens se parlent beaucoup, j’ai tenu à ce que les personnages de ce livre soient les plus vivants possible et les plus proches de la réalité. Les mots employés sont simples parce que tant les miens que ceux utilisés par les habitants de ces contrées dont une bonne partie sont davantage passés devant l’école qu’ils y sont entrés. C’est d’ailleurs sans doute ce qui me plait le plus dans ce pays qui se traduit par une simplicité dans les dialogues quotidiens permettant de résoudre des situations pourtant souvent 

Cliquez ici pour découvrir San Shuo, une femme autant étonnante que détonante.

 

8 Commentaires

  1. Tarouilan dit :

    C’est fort intéressante, Alain, ce que tu nous expose,
    Effectivement les codes relationnels sociaux, sont très différents de ceux des occidentaux et ta surprise des premiers temps ou tu as été immergé dans cet univers, a du être sensible.
    Nos codes relationnels, sont souvent différents et un occidental sera « testé » sur ce point en occident, s’il vit, comme moi, entouré de chinois, ces derniers ayant crainte de méprise et d’être incompris.
    Nos affects basiques, peuvent aussi être différents, par exemple, un ami chinois, responsable du chien de garde d’un entrepôt (et qui me délègue souvent cette responsabilité en cas d’absence de sa part) à proximité duquel j’ai en pied à terre, ……prend le temps de m’expliquer ce qu’est un chien, inquiet pour moi de l’empathie que je manifeste pour cet animal, __/_

  2. Tarouilan dit :

    _/__ …….il m’explique avec beaucoup de patience, qu’un chien est un animal comme un cochon par exemple et qu’il est vraiment ridicule que je le brosse et lui parle en dialecte chien, lui apporte des friandises, améliore le confort et la propreté de son chenil, …..qu’il apprécie aussi les chiens, mais surtout cuisinés comme on sait bien le faire dans sa ville rurale du nord de la Chine ou il s’est rendu ces jours-ci, certes mon surnom chinois est 狼灰大 , mais cela n’excuse pas tout…

  3. Chine dit :

    "pour un étranger il est parfois difficile de comprendre certaines réactions, surtout si l’on se pense que son vécu est une référence incontestable."哇,你写的这篇文章真的是写得好好。L'ouverture d'esprit et l'adaptation, c'est la clé de la réussite en Chine. Chapeau bas !

  4. Tarouilan dit :

    L'Ethno-centrisme est un travers naturel de tous les groupes humains, et il faut bien vite être capable de prendre de la hauteur, cela ne peut qu'être profitable à soi-même pour commencer…..

  5. hengxi dit :

    Je trouve que "prendre de la hauteur " est un grand mot, et je préfère parler d'intégration, sans que cela soit une désintégration, n'ayant jamais cherché à ressembler à un Chinois en termes de mode de vie.

    Un étranger reste un étranger, et les immigrés que nous sommes, nous les expatriés devons rester à notre place, c'est-à-dire d'invité, et non pas d'indispensable.

    Lorsque je lis certains débats Franco-français, j'aimerai que la france accepte ses immigrés de la même manière que les Chinois nous acceptent, même si dans le cas fraçais certains étrangers ne font justement pas cet effort d'intégration nécessaire.

  6. Tarouilan dit :

    Effectivement, j'aurais du dire ; objectiver ou prendre un recul ou une distance sur soi-même, ce qui abouti à une intégration intelligente en prenant le meilleur de chaque coté…..

    Olivier

  7. Bambou dit :

    Merci, Hengxi, pour partager tes expériences et observations.
    Peut-être pourrais-tu faire un petit recueil de ces "différences" dont tu as donné quelques exemples ici, et l'appeler "Ecole chinoise"? Tous les étrangers qui vivent ou sont de passage en Chine n'ont pas l’œil ou le temps pour les voir…

  8. hengxi dit :

    Bonjour Bambou,

    Reflets de Chine était au départ un forum et non un site que j'avais créé suite à des distensions avec l'équipe de "modération" d'ALC.. J'y avais travaillé pratiquement 15 jours à temps plein pour faire quelque chose de sympa et de nombreuses personnes avaient claqué violemment la porte d'ALC jurant qu'ils n'y reviendraient plus, qu'iles étaient nuls, etc ….

    Au bout d'une semaine, c'était la guerre permanente avec certains membres, les plus virulents contre l'ex-forum, et j'avais le sentiment tout en fournissant le maximum de travail que je n'étais plus chez moi.

    Comme je le disais sur un autre post à Christophe, je n'aime pas trop que l'on me marche sur les pieds, j'ai mis fin à cette expérience, ce qui a permis aux mêmes qui critiquaient ALC d'y revenir à grandes enjambées prouvant ainsi toute leur crédibilité.

    A cette époque, j'avais proposé de créer un recueil virtuel des choses à savoir sur ce pays, à l'attention des nouveaux arrivants, la réponse a été à quelque chose près la suivante:

    "Chacun sa merde, personne ne nous a aidé, ils n'ont qu'à apprendre par eux-mêmes"

    Ce fut pour moi le premier signal d'alarme sur la mentalité de certains.

    Hormis cela, je ne sais pas si mes expériences peuvent servir à un expatrié vivant à Pékin ou Shanghai, tant ce pays varie d'un leiu à l'autre, mais il n'est pas impossible que je le fasse un jour.

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