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Le pouvoir de la presse ou la presse au pouvoir ?

Quand dernièrement en Nouvelle Calédonie, des indépendantistes s’affrontent aux  forces de l’ordre, les médias nous parlent de syndicalistes manipulant l’opinion publique, mais la même situation au Xinjiang est décrite comme la lutte glorieuse contre la dictature du gouvernement Chinois. Lorsque la cheftaine du mouvement Ouighour met en avant des milliers de victimes issues de son camp, cela fait la une des journaux, même s’il lui est impossible d’étayer ses dires, mais quand la même personne arbore une fausse photo de la présence policière  à Urumqi, cette même presse se tait.
Ouighours

La photo si médiatiquement mise en avant a été prise en fait dans le Hubei
Quand l’an dernier lors des incidents de Lhassa la presse met en avant la photo de militaires  recevant des soutanes lors du tournage d’un film en affirmant que ce sont ces mêmes militaires, qui déguisés, ont causé ces émeutes, ces mêmes médias participent à la désinformation.
armee

Les soit-disants émeutiers déguisés.
Quand un présentateur vedette de TF1 crée de toutes pièces une fausse interview de Fidel Castro, la presse se tait et aucune sanction réelle n’est prise par sa hiérarchie.
castro

Une fausse interview pour un faux journaliste
Quand la presse relate avec photos à l’appui les charniers de Timisoara  et que ces documents s’avèrent être des faux, là aussi la protection corporatiste joue à plein.
tminsoara

De faux charniers, largement médiatisés
Quand lorsque du procès d’Outrou, la presse juge avant les juges et salit à vie un certain nombre de personnes, là non plus aucune sanction ni prise de conscience.
Un jour, un lecteur me disait qu’il faut être naïf pour croire la presse, mais ne faut-il pas être aussi naïf pour penser que toute cette énergie et ces moyens sont déployés sans n’avoir aucun but ?
Il est souvent reproché aux dirigeants chinois de ne pas laisser assez de liberté aux journalistes, mais trop de liberté ne tue t’elle pas la réalité d’une information qui se veut par définition objective et vérifiée ? Pourquoi donc une certaine presse s’évertue t’-elle à diffuser de fausses nouvelles et à manipuler une opinion publique qui n’a souvent pour seule source d’information que ces « médias-menteurs » ?
Il y a les adeptes du complot où les médias ne seraient que les instruments d’un pouvoir caché et qui dirigerait réellement le monde : possible, mais peu crédible tant les médias sont nombreux et il paraît difficile qu’un pouvoir occulte quelconque puisse les contenir sans qu’ait lieu le moindre dérapage ou fuite.
Je penche pour ma part à une raison plus simple qui se résume à un orgueil démesuré qui a conduit progressivement à une perte de conscience de la réalité de ce métier en laissant la place à des « journaleux » utilisant tout ce qu’ils trouvent à leur portée pour survivre à leur manque de talent journalistique. En créant du sensationnel et en allant dans le sens de ce que veut penser une partie de l’opinion publique, ces médias s’attirent tant les lecteurs que les recettes publicitaires qui y sont liées, assurant ainsi de confortables revenus où le seul risque encouru est celui de s’enrhumer en sortant de l’hôtel climatisé. Cette presse, portant moribonde en terme de crédibilité, est devenue au fil du temps le plus puissant parti politique de la planète et il devient de plus en plus difficile de savoir qui instrumentalise qui.
Une réforme de ce système est-elle possible ? Non, du moins pas dans les pays dits démocratiques, car sans le soutien de ces mêmes médias, un tel projet ne serait que déformé sous réserve qu’il soit présenté à l’opinion publique par des directeurs de presse loin de désirer se tirer une balle dans le pied.
Paradoxalement, une réelle liberté de la presse viendra davantage de pays comme la Chine qui en desserrant progressivement l’étau, devrait arriver à un difficile équilibre entre liberté et vérité. Il faudra bien entendu du temps et beaucoup de volonté, mais il est toujours plus facile de considérer les progrès à faire que de revenir en arrière lorsque l’on est noyé dans un océan de certitudes entretenu par des personnes dont le métier est devenu de continuer d’exister, quelque soit le prix à payer vis-à-vis d’une intégrité perdue depuis bien longtemps.
Les bénéficiaires actuels et immédiats de cette cour des miracles qu’est devenue la presse auront à l’avenir une part importante de responsabilité sur ce que deviendra un métier qu’ils ont détourné dans le seul intérêt d’utiliser un pouvoir que ne lui a jamais conféré le peuple, mais qu’il a conquis par ses mensonges et qui a pour seul but de servir ses propres désirs, palliant ainsi la médiocrité ambiante dans laquelle ils évoluent.

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