Le poids des mots

Le parti unique qui dirige en Chine semble être une cause de sa fréquente mise au banc des accusés et cet état de fait semble être à une des principales composantes qui fait que la Chine n’est pas une démocratie. En France, tout est différent ; surtout la façon de fonctionner et les termes utilisés car souvent tout est dans les mots.
Là où pour la Chine on parle de monopole de l’information, on trouve en France une multitude de chaines de télévision, toutes bien entendu indépendantes même si les dirigeants de ces médias sont de grands groupes financiers avec des liens connus et reconnus avec les personnes au pouvoir.
Idem pour la presse écrite, où le regroupement des organes de presse sous la houlette d’une poignée de magnats est uniquement due à un esprit philanthrope et en aucun cas à une main mise sur l’information ; il suffit d’ailleurs de lire les titres uniformisés pour s’en rendre compte.
En politique, il en va tout autrement et ce sont une multitude de partis qui se présentent régulièrement aux divers scrutins. Seul souci, sur cette noria de partis, seuls deux d’entre eux sont des partis de gouvernement, les autres se cantonnant à une opposition dont la principale action se situe dans le domaine des entreprises nationalisées où dans les extrêmes et servent uniquement à canaliser le mécontentement ambiant.
Ils sont donc seulement deux à réellement briguer les rênes du pouvoir, bien entendu pour notre bien et en dehors de toute ambition personnelle ; hors nous n’avons eu depuis vingt ans qu’une courte période où l’alternance a réellement fonctionné. Durant cette période, l’ex-majorité se retrouvant donc au placard a laissé la place à un autre système politique puisque c’est pour cette raison que les Français les avaient mis en place.
Il semble qu’ils n’aient pas convaincu puisqu’ils ont été remplacés par les mêmes que les Français avaient jugés précédemment inaptes à remplir leur fonction ; difficile de suivre, mais c’est comme cela. Et c’est ainsi qu’en 50 ans, nous avons eu plus de 40 ans de présence de la part d’un même parti. Mais, me direz vous, c’est le choix des Français qui s’est exprimé et c’est du moins ce qui est inscrit dans les textes ; petit problème quand même puisque quelques mois seulement après les élections, des milliers de gens descendent dans la rue pour se faire entendre et dire leur mécontentement au gouvernement qu’ils viennent tout juste d’élire ; là aussi difficile à suivre.
Et pendant ce temps, que fait l’opposition ? Sans doute allez-vous penser qu’elle prépare fiévreusement son retour au pouvoir en vue du prochain scrutin et bien non. Elle règle ses comptes entre factions ennemies, reprochant aux ex futur élus le fait d’avoir été battu ; si cela ne sert à rien, cela occupe et justifie en partie leurs rémunérations car ils sont payés pour cela.
De plus et là c’est une nouveauté, le président actuel a eu la lumineuse idée de s’adjoindre les compétences de certains anciens membres de l’opposition qu’il a jugé d’une part, d’une compétence supérieure à ceux de son propre parti et d’autre part cela contribue à l’affaiblissement de l’opposition faisant du parti en place un groupement d’intérêt public. Il donc nommé les plus dangereux des concurrents potentiels à des postes de responsabilités du moins en apparence, laissant l’opposition à ses combats internes.
Quelle est donc la différence entre un parti unique tel que nous le connaissons en Chine et cette pseudo réalitéde diversité en France ?
Et bien la façon de présenter les choses et leurs appellations car ceci est primordial pour passer aux yeux du monde pour un pays où le droit d’expression est respecté et non pas pour une dictature totalitaire.
Les Chinois ont beaucoup à apprendre de l’Occident dans ce domaine et doivent apprendre à travestir leur système sans pour cela être obligé de le changer car un mot qui change peut également changer la vision du monde extérieur.
