Le monde vu de Chine

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Le marché de la voiture d’occasion : des envies et des craintes


Le marché de la voiture d’occasion : des envies et des craintesLe parc automobile chinois a beau connaître une forte hausse depuis quelques années, il est encore loin de l’ampleur de celui des pays développés. Avec une voiture pour 17,3 habitants, ce chiffre est en effet 10 fois moins élevé qu’en France. Avec une progression de 21 % en 2010, de plus en plus de Chinois sont toutefois propriétaires d’un véhicule, ce qui n’est pas sans poser de problèmes comme toute personne vivant dans ce pays peut aisément le constater.

Si posséder un véhicule fait partie des aspirations de plus en plus d’habitants, ceux-ci n’ont pas toujours les moyens d’acquérir un véhicule neuf surtout que dans bien des cas le choix se porte sur des voitures importées ou fabriquées sous licence étrangère. Les fabrications locales traînant encore une mauvaise image de marque, être propriétaire d’une voiture 100 % chinoise est souvent perçu comme un manque évident de moyens financiers. Il faut ajouter à cet aspect touchant au standing le fait que dans l’ensemble, les voitures étrangères sont encore un cran au dessus des produits locaux, et ce tant en termes de solidité que de fiabilité.

Les acheteurs potentiels n’ayant pas tous les moyens de se payer un de ces modèles étrangers réputés, ils se tournent dès lors comme dans bien d’autres pays vers le marché de l’occasion. Avec une hausse moyenne de 10 % par an, ce marché connaît une évolution notable en grande partie due à la demande de la tranche d’âge des 20-35. Suivant une enquête menée en 2010 par une association de consommateurs, cette catégorie de la population représentait 75 % des personnes envisageant d’acheter une voiture d’occasion. Sur la totalité des personnes questionnées, 44 % étaient déjà propriétaires d’un véhicule alors que 56 % envisageaient d’acquérir un véhicule d’occasion comme première voiture.

Chaque mois ce sont ainsi en moyenne 180 000 véhicules particuliers qui changent de main, et ce malgré certains freins dont certains sont spécifiques à la Chine. Dans un pays où le doute est souvent à juste titre une seconde nature, acheter un véhicule d’occasion se heurte à certaines barrières plus ou moins psychologiques. C’est ainsi que lors de la même enquête, 44 % des personnes se sont déclarées inquiètes par ce projet d’achat. Véhicules accidentés et plus ou moins bien réparés, origines parfois douteuses, documents administratifs pas toujours au rendez-vous, tels sont les principales interrogations auxquelles il faut ajouter un prix ne reflétant pas toujours la valeur réelle du véhicule.

Le marché de la voiture d’occasion : des envies et des craintesCe secteur d’activité étant relativement jeune, du moins dans son ampleur actuelle, la Chine ne s’est pas encore dotée d’une structure permettant un achat quasi sans risques tel qu’il est pratiqué dans les pays plus en avance dans ce domaine. L’absence d’un cote plus ou moins officielle comme celle de l’Argus, des réseaux de vente parallèles, la malhonnêteté de certains vendeurs professionnels ou non sont les principaux obstacles à un développement dans de bonnes conditions de ce marché de l’occasion qui est pourtant appelé à connaître une offre en nette hausse.

Les ventes de voitures neuves étant en constante progression, il est évident qu’une partie de cette augmentation est due au remplacement d’un véhicule existant. C’est donc mécaniquement que l’offre de ce genre de véhicule est vouée à une évolution tant quantitative que qualitative. Les voitures étant en effet revendues alors qu’elles sont encore récentes, ce marché est promis à un bel avenir pour peu que la Chine se dote de contrôles sérieux et de réseaux de distribution aptes à rassurer la clientèle. Pouvoir acheter en toute tranquillité, tel est un des plus forts désirs des Chinois, que ce soit dans celui du domaine automobile comme dans bien d’autres. Les pays aujourd’hui développés ayant en grande partie réussi à résoudre ces problèmes, il n’y a aucune raison que la Chine n’y parvienne pas si toutefois elle s’en donne les moyens, ce qui n’est pas toujours une chose facile pour bien des raisons.

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Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.