Le monde vu de Chine

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Le jour où la Chine a commencé à cauchemarder (1/2)


napoléon Démolir pour reconstruire est une des bases de tous les systèmes économiques à travers la planète. Si cette manière universelle de fonctionner a pour but de suivre de plus ou moins près ce que l’on nomme progrès, elle donne également du travail à des centaines de millions de personnes.

Il en est ainsi de la voiture que l’on remplace tous les deux ans alors que celle-ci fonctionne très bien, mais qui se doit d’être changée pour des raisons d’image de marque liée au standing que l’on s’est soit même imposé. Idem pour l’ordinateur qui se doit d’être équipé du dernier processeur alors que l’on n’en utilisait qu’une infime partie de la puissance du précédent. Des parcs de concessionnaires automobiles aux vide-greniers, nos pays sont pleins de ces objets de consommation dont on a eu envie à un moment, ce poussé par un système basé sur la consommation.

Sans doute critiquable sous certains aspects, c’est ce mode de fonctionnement qui a donné du travail, lui-même source d’achats. Si depuis quelques années ce principe est remis en cause par ceux qui l’ont pourtant initié, c’est majoritairement parce qu’ils ne peuvent plus financièrement accéder à ces objets de consommation, et ce bien plus que pour des raisons idéologiques liées à une prise de conscience des problèmes environnementaux. Lorsqu’en occident nous fabriquions e effet ces produits cette question n’était que rarement à l’ordre du jour, ce qui ne gênait pas grand monde dans la mesure où nombreux étaient ceux qui en profitaient. L’embellie d’après-guerre ayant duré le temps de laisser croire à une richesse à la portée de tous, le réveil est d’autant plus douloureux qu’ont été liés à cette aisance du moment un certain nombre d’éléments de confort de vie communément nommés acquis sociaux.

Les années 70 ont été le début non pas d’un déclin, mais d’une remise à niveau dissimulée à l’époque derrière le « premier choc pétrolier ». Une énergie payé à un coût supérieur, et dont la majeure partie des bénéfices vont non pas dans les poches des pays producteurs, mais dans celles des raffineurs, a été le signe annonciateur de la fin d’une époque, ce de la même manière que d’autres ont connu une fin qui suit mécaniquement un début. Cette époque a été celle des grands changements industriels, mais aussi politiques. Les USA ont lancé la mode de la guerre libératrice d’un danger des plus virtuel, mais très rentable. L’Union Soviétique a suivi ce mouvement en armant diverses guérillas vaguement communistes, le tout sous le regard de bedonnants Européens croyant concurrencer les deux blocs historiques.

napoléon Cette période a été celle de la « faute aux pays producteurs de pétrole » puisqu’il fallait déjà trouver un responsable en dehors de nos frontières. Afin d’assurer leurs places, les dirigeants successifs ont emprunté à tout-va à des banques favorisées par le couple Pompidou-Rothschild. L’État n’ayant plus comme par le passé le droit d’emprunter à sa banque centrale, c’est naturellement vers le secteur bancaire privé que les demandes de prêts ont été faites, le tout en échange de juteux intérêts. À l’image de l’économie et du système social soviétique ont été embauchés des milliers de fonctionnaires à la mission pas toujours clairement définie, sortes d’emplois fictifs légalisés. Si le pays s’est certes modernisé, cela s’est fait au travers des emprunts d’État cités plus haut et non plus par les recettes liées à l’activité économique. Toujours pour des raisons bassement électoralistes, la vérité a été cachée à une population qui de son côté n’a jamais eu un grand désir de s’intéresser à ces questions. Débarrassée des responsabilités puisque les confiant à leurs « élus », il a suffi durant 30 ans de changer régulièrement de dirigeants, ceux-ci mettant en œuvre une partie de leurs promesses électorales d’autant plus aisément que celles-ci étaient basées sur le crédit. Une population faisant elle-même appel à cet artifice de l’argent facile ne peut que difficilement critiquer les personnes qu’elle a elle-même désignées de suivre la même voie que celle qui tend à se faire plaisir quel qu’en soit le prix.

C’est ainsi qu’il y avait au début des années 2000 un Occident en apparence riche, héritier des ses possessions coloniales et un tiers monde peuplé de fainéants incapables de se prendre en main pour sortir de leur pauvreté. Les aider tout en prélevant généreusement des ressources qu’ils étaient génétiquement inaptes à extraire, les grands shows télévisés lors des campagnes contre la faim dans ce tiers-monde, honte de la planète, telles étaient les informations que diffusaient des médias déjà volontairement ou non aux ordres d’un système géré par quelques fortunes aux origines parfois douteuses.

napoléon Du haut de notre tas de fumier fait des déchets de nos achats à crédit, on rigole des erreurs du maoïsme, idéologie seulement défendue en France par quelques intellectuels nourris au foie gras qui apportent un peu de couleur à cette société engoncée dans ces certitudes de supériorité. À leurs décharges il faut dire qu’il est toujours plus aisé de se démarquer au milieu de la médiocrité, les July, Glucksmann et autres n’étant en fait que les prémices de ce qu’allait devenir la France avec aujourd’hui un BHL au teint hâlé, mais au cerveau des plus vides.

De son côté la Chine commence à sortir d’un cauchemar long de plusieurs siècles, la phrase de Peyrefitte empruntée à Napoléon devenant une réalité, ce toujours sous les sarcasmes de l’occident. Celui-ci est si sûr de sa supériorité qu’il donne à ce pays le nom d’atelier du monde, ce qui sous-entend le sien puisque seul capable d’absorber la quantité de produits fabriqués dans ce pays notoirement sous-développé et donc sans aucun danger.

Si la Chine se réveille enfin, l’occident commençe lui à sortir de son rêve de puissance et d’aisance à moindre frais. Les banques ayant trouvé dans ces pays, renommés pour l’occasion émergents, des lieux d’investissements plus rentables et plus sûrs politiquement, les portes du crédit tant public que privé commencent à se fermer. Il faut une fois de plus trouver un coupable et la Chine est toute désignée pour tenir le rôle occupé autrefois, par les Romains, Anglais, Prussiens, Allemands, Russes et autres ennemis s’en prenant à ce phare du monde.

L’ Occident a commencé sortir de son cauchemar consommateur dans les années 2000, c’est à cette même époque que la Chine a pris le relais. Les expériences des uns sont elles utiles aux autres, c’est ce dont il sera question dans le prochain article.

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Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.