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La fête des morts, le doute des vivants

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Les jours qui viennent vont être l’occasion pour les Chinois de commémorer leurs morts, mais également de se retrouver en famille, élément primordial. Cette Toussaint chinoise est un des grands moments de la vie locale, et un des rares où les commerçants ferment leurs échoppes de bonne heure. Ici, pas de grands cimetières avec de magnifiques pierre tombales comme on en trouve dans les villes, mais de simples monticules de terre nettoyés la veille de la visite. Souvent disposés au flanc d’une colline, ce sont des dizaines de tombes qui se signalent par quelques bâtons ornés de guirlandes, et où le seul luxe est une petite plaque gravée.

Les gens d’ici vivent majoritairement de manière modeste et leur sépulture est à l’image de leur vie, c’est-à-dire faite de discrétion. Lors de cette visite aux morts, on amène un repas complet que l’on va partager avec les personnes disparues avant de faire exploser les traditionnels pétards qui, multipliés par autant de tombes, donnent une impression de fête. Si un seul jour est considéré comme étant férié, c’est toute la semaine qui suit qui va donner l’occasion de rendre visite aux parents et amis, toujours à l’occasion de grands repas. Aucune tristesse ne ressort de cette commémoration, les disparus étant censés être toujours présents, demeurant de manière invisible en compagnie des vivants.

Si cette période a une grande importance en Chine, c’est justement parce que les Chinois ont un rapport complexe avec la mort, ayant eux-mêmes du mal à définir cet état, où le fait de ne plus exister leur semble difficile à appréhender, préférant dans le doute se prolonger dans une vie dont aucun ne connaît le véritable aspect. Sans aucun doute lié au taoïsme et sa recherche de l’immortalité, la notion de mort n’est pas perçue comme dans les religions chrétiennes, mais semble être une espèce de continuité, d’où l’importance pour les vivants de commémorer ces personnes qui vivent dans ce monde parallèle.

C’est ce doute sur la valeur de la mort qui donne une impression bizarre lors d’un décès, la tristesse étant davantage liée soit au fait de ne pas savoir, soit à celui de savoir le disparu toujours à ses côtés, sans pour cela pouvoir communiquer avec lui. Pour les Chinois en effet, la mort n’est qu’un état passager qui conduit vers une autre existence, peuplée des personnes ayant précédé, et qui elles ont un regard et une action sur ceux restés sur terre. C’est ce couloir entre deux mondes qui est aménagé par les personnes proches du disparu, et qui se doivent de faire venir les bons esprits qui viendront chercher le défunt, mais également d’écarter les mauvais qui tentent d’empêcher ce passage.

Cette notion floue d’une vie après la mort aide considérablement les Chinois à affronter une vie parfois difficile, l’ennemi principal qu’est le temps étant estompé par cet espoir d’une prolongation dans un autre monde. Ce flou, on le retrouve lorsqu’ il est question de ce sujet, peu abordé par les Chinois entre eux, sans doute par peur de trouver un début de réponse. Il se révèle même difficile de savoir avec exactitude s’ils croient vraiment à cette immortalité dans un monde parallèle, ou s’il s’agit uniquement de refuser une chose inéducable, se laissant espérer que leur vie sur terre n’est qu’une composante d’un ensemble dont ils ne connaissent qu’une très petite part.

C’est sans doute pour cette raison que cette commémoration des morts prend une telle importance en Chine, étant pratiquement aussi fêtée que le Nouvel An, tentant à cette occasion d’en savoir plus ou de recevoir un signe de ces personnes parties vers cet autre univers dont ils ignorent tout, et ce, jusqu’à sa réelle existence.

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7 Réponses pour “La fête des morts, le doute des vivants”

  1. Tarouilan dit :

    Apparement, ce que j'avais observé dans la région de Wenzhou, semble être constant en Chine, …..ces tombes à flanc de collines, par exemple on prend un photo d'une piscine un peu vétuste dans les hauteurs derrière Wenzhou….. et on trouve des tombes juste à coté . >>>http://photomaniak.com/upload/out.php/t936988_Tom... ……finalement c'est plus gai que nos cimetières occidentaux….

  2. Tarouilan dit :

    Erreur, c'est ici : >http://photomaniak.com/upload/out.php/i936988_Tom...

  3. Alain hengxi dit :

    aujourdhuilachine

  4. Alain hengxi dit :

    eeeeeeeeeeeeeeee

  5. Christophe dit :

    Bonjour à Tous,

    Quelques mois après mon arrivée en Chine, je connaissais bien Suzhou, la ville où je vis… Et je me suis demandé où étaient les cimetières, car il y en a aucun en ville. Idem, j'ai vécu pendant quelques mois à Jiangyin, à la frontière entre le Jiangnan et le Subei, et là, aussi, point de cimetière. Il a été difficile d'en parler avec mes amis chinois, car certains clamaient "on ne parle pas des morts ! ça porte malheur !".

    Et puis, l'un d'entre eux m'a expliqué que, la mort étant effrayante pour les vivants, traditionnellement, on disposait les cimetières loin des habitations, loin de lieux de vie, et dans des endroits difficilement constructibles. Je me suis arrêté à cette réponse, et ce serait parait-il la raison pour laquelle les cimetières sont installés à flancs de collines, et les tombes au milieu des champs. Il y a, à mon sens, quand même une volonté -peut-être infantile- à renâcler à s'avouer la réalité des choses…

    Amicalement.
    A bientôt.

    Christophe.

  6. Tarouilan dit :

    Un peu facile, personne ne peut, que ce soit occidental ou oriental, …….ne peut regarder le soleil ou la mort en face, …..nous, c'est en cachant les tombes par les hauts murs des cimetières, j'en veux pour preuve que dans les agglomérations, la vue directe sur un cimetière fait chuter la valeur d'un bien immobilier et en Chine, la formule est de s'en éloigner, mais cela ne gène semble-t-il en rien, la construction d'une piscine avec vue sur ces tombes (photo au dessus) donc finalement les chinois sont peut-être moins effrayé que nous par cette mort, toutes proportions gardées…

  7. roger dit :

    au nouvel-an chinois, le faux papier-monnaie est brulé sur les trottoirs pour les morts. chaque mort a la même somme d'argent.

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