La Chine vue de Chine

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La Chine futur pays des « vieilles chaussures » ?


CapitalismeCe terme de « vieilles chaussures » était celui employé autrefois pour désigner les femmes divorcées et n’a donc rien à avoir avec le domaine industriel. Encore que cette procédure pourrait devenir une industrie si la hausse intervenue en 2010 se poursuit. Ce sont en effet près de 2 millions de couples qui se sont officiellement séparés l’an dernier face à 1,2 million de mariages.

Dans un pays où le patrimoine intéressant du futur conjoint est un déclencheur principal au « Oui » unissant les deux époux, il s’avère parfois difficile par la suite de partager une vie avec quelqu’un avec qui on n’a que peu d’atomes crochus. La maison, la BMW et la vie relativement aisée font effet un moment, mais comme pour toutes les friandises la lassitude intervient un jour ou l’autre.

Prendre un mari plus fortuné, une femme plus jeune, les Chinois se sépare de plus en plus de leur conjoint de la même manière qu’ils changent de téléphone portable alors qu’ils n’ont qu’effleuré la connaissance des fonctions du premier. Pour de nombreux intervenants sur ce sujet, c’est en effet la société de consommation qui crée cette situation. Même s’il faut prendre en compte que de plus en plus de femmes disposent de revenus propres leur permettant de se séparer d’un mari à qui elles ont quelques reproches à faire, un divorce reste en Chine comme ailleurs un échec quelles qu’en soient les raisons.

Parmi celles-ci la procédure même de divorce qui s’avère majoritairement bien plus simple et rapide que dans nos pays, ce qui favorise une décision prise à un instant précis. Si se séparer reste une histoire entre personnes normalement adultes, c’est le sort de l’enfant qui pose bien souvent des problèmes. Le système du hukou fait que celui-ci « n’appartient »de fait qu’à un seul des époux, même si un droit de visite de l’ex-conjoint est prévu dans les textes de loi. Les ex-conjoints s’étant mariés souvent jeunes, ils sont appelés à se remarier et à éventuellement avoir un autre enfant. Celui né de la première union va donc se retrouver parfois dans une situation difficile, ce qui de plus n’est pas sans créer de tensions au sein de la nouvelle famille.

Pour ce qui est des « vieilles chaussures », cette appellation n’est plus trop à la mode en raison du déficit de femmes, ce qui permet à ces divorcées de trouver logiquement pointure à leurs pieds. S’il faut relativiser cette nouvelle mode du divorce, la Chine n’étant pas encore en tête, elle pourrait à l’image d’autres secteurs rattraper son retard en maintenant ses presque 20 % de croissance annuelle.



Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.