La Chine et les JO : un parcours entra­vé par la poli­ti­que

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refletsdechineNe cher­chez pas les résul­tats de la Chine aux Jeux olym­pi­ques entre 1958 et 1984, elle n’y parti­ci­pait pas pour des raisons d’opposition poli­ti­que avec le comi­té sur la ques­tion de Taiwan. C’est en 1932 que la Chine a parti­ci­pé pour la premiè­re fois aux JO avec une délé­ga­tion compo­sée de seule­ment trois person­nes. Sans aucu­ne mesu­re avec l’importance des derniè­res parti­ci­pa­tions, Liu Chang­chun, un sprin­ter, était accom­pa­gné d’un chef d’équipe et d’un entraineur-interprète.

Quatre ans plus tard ont lieu les JO de Berlin et ce sont là 69 athlè­tes qui repré­sen­tent la Chine dans diver­ses disci­pli­nes. Alors que le gouver­ne­ment de Tchang Kai-Check a alloué la somme de 170 000 yuans, les frais s’élèvent à 220 000 yuans. Suite à une campa­gne de collec­te de dons pour combler le défi­cit, seuls 20 000 yuans sont récol­tés. Devant cette situa­tion, l’équipe de foot­ball alors répu­tée régio­na­le­ment quit­te la délé­ga­tion pour se lancer dans une tour­née au Viêt Nam, à Singa­pour, en Indo­né­sie et en Inde afin de collec­ter des fonds à la caden­ce de 27 matches en 1 mois. Ce sont ainsi 20 000 yuans supplé­men­tai­res qui seront récu­pé­rés grâce à la vente de billets. Par la suite tant la guer­re civi­le que l’invasion japo­nai­se vont limi­ter les ambi­tions spor­ti­ves chinoi­ses.

Les problè­mes finan­ciers empê­chent ensui­te la Chine d’être réel­le­ment présen­te en 1952 et 1958, le tout sur fond de guer­re froi­de. Le comi­té olym­pi­que dési­rant recon­naî­tre Taiwan comme pays à part entiè­re en y étant pous­sé par quel­ques repré­sen­tants sage­ment alignés derriè­re la banniè­re étoi­lée, la Chine quit­te l’organisation qu’elle réin­tè­gre­ra en 1979. S’il est trop tard pour présen­ter une délé­ga­tion digne de ce nom lors des JO de Moscou en 1980, c’est quatre ans plus tard à Los Ange­les que la Chine effec­tue son grand retour en se plaçant quatriè­me derriè­re les États-Unis, la Rouma­nie et la Répu­bli­que fédé­ra­le alle­man­de. Avec un total de 32 médailles, la Chine est toute­fois loin derriè­re les USA avec pas moins de 174 podiums et fait deux fois moins que ses deux prédé­ces­seurs.

En 1988, les athlè­tes chinois connais­sent une impor­tan­te décon­ve­nue en se plaçant à la onziè­me place, l’URSS et la RDA relé­guant les États-Unis à la troi­siè­me place. Après avoir occu­pé alter­na­ti­ve­ment les troi­siè­me et quatriè­me, c’est lors des jeux d’Athènes en 2004 que la Chine se posi­tion­ne juste derriè­re les USA pour pren­dre le leader­ship lors des épreu­ves orga­ni­sées à Pékin.

Cette montée en puis­san­ce suit de près celle écono­mi­que et ceux qui voient dans la secon­de place obte­nue lors des JO de Londres les effets de quel­ques produits feraient mieux de regar­der le parcours de certains athlè­tes qui tout en étant origi­nai­res d’un pays démo­cra­ti­que n’en sont pas moins « gonflés » que leurs homo­lo­gues Chinois. Pour rappel :

Le 25 juillet 2012, neuf athlè­tes (trois Russes, deux Ukrai­nien­nes, une Bulga­re, une Grec­que, une Turque et une Maro­cai­ne) sont suspen­dus pour dopa­ge à la suite de contrô­les effec­tués en vue de la compé­ti­tion. L’haltérophile alba­nais Hysen Pula­ku est le premier parti­ci­pant à être exclu durant les Jeux suite à un contrô­le posi­tif au stano­zo­lol datant du 23 juillet. La gymnas­te ouzbè­ke Luiza Galiu­li­na  est elle aussi exclue après un test posi­tif au furo­sé­mi­de, ainsi que la sprin­teu­se kitti­tien­ne Tame­ka Williams.

Le 3 août 2012, la cyclis­te sur piste russe Victo­ria Bara­no­va et l’athlète maro­cain Amine Laalou sont exclus pour dopa­ge.

Le 6 août 2012, le judo­ka améri­cain Nick Delpo­po­lo et l’athlète italien Alex Schwa­zer sont exclus pour dopa­ge.

Le 10 août 2012, l’athlète fran­çais Hassan Hirt, contrô­le posi­tif à l’EPO, est exclu de sa délé­ga­tion.

Donc soit les athlè­tes chinois sont plus propres, soit leurs trai­te­ments indé­ce­la­bles devraient déve­lop­per le secteur local en créant une forte deman­de, ce qui sera posi­tif pour l’économie du pays. Il faut toute­fois signa­ler que l’entité rempor­tant le plus de médailles est l’Europe, mais il est vrai que si la CEE tente de survi­vre, la commu­nau­té euro­péen­ne du sport n’existe pas, chaque pays ressem­blant dès lors à une provin­ce chinoi­se ou un état améri­cain.

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Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.