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La chasse aux poubelles sauvages est ouverte.

altLa chasse aux poubelles sauvages est ouverte, du moins dans les médias locaux et les chaînes régionales qui tentent par tous les moyens d’éduquer une population pour le moins indisciplinée, chose assez paradoxale dans une dictature. Le pouvoir d’achat augmentant, les ordures ménagères suivent cette ascension et causent de gros soucis tant aux autorités qu’aux habitants.
Des poubelles ont bien été mises en place dans toutes les rues mais trop esthétiques et petites, de nombreux habitants les prennent pour des points de collecte en mettant les détritus au pied des réceptacles au lieu de les mettre à l’intérieur. Une fois un sac posé à côté de la poubelle, la première personne qui passe et qui veut se débarrasser de ses ordures suit l’exemple et ce sont des dizaines de kilos d’ordures qui se retrouvent entassée au lever du jour. C’est en effet plutôt le soir qu’a lieu ce manège des ordures ménagères ce qui fait que les rats  ont le temps de vérifier la qualité du menu offert en quantité.

La distribution des sacs plastiques a bien été limitée, mais cette mesure s’avère largement insuffisante pour palier à cette indiscipline et les personnes chargées du ramassage ont beau tourner à longueur de journée pour ramasser les détritus, ce travail s’assimile à remplir un tonneau sans fond. Les spots télévisés et autres menaces d’amendes ne changent rien car les contrevenants savent fort bien que passé 18 h. ils ne risquent plus rien, les fonctionnaires chargés de cette surveillance étant rentrés chez eux.

Alors que faire ? Les autorités locales misent sur l’éducation et le temps, mais de l’autre côté les riverains s’impatientent, multipliant les apparitions sur les émissions des chaines dédiées aux problèmes en tous genres. Une des solutions envisagée est de fournir à chaque famille une poubelle à roulettes comme nous les connaissons, mais cela pose un problème pour les anciennes habitations dépourvues d’ascenseur où il est difficile de demander à des personnes, parfois âgées, de descendre un container de plusieurs kilos sur cinq ou six étages. Les poubelles collectives ont quant à elles été écartées pour la simple raison qu’une fois pleine, les gens continueraient à mettre leurs ordures à côté.

Un des problèmes majeur vient du calcul de la taxe annuelle, basée sur le nombre de personnes vivant dans une maison et à la quantité d’ordures collectée l’année précédente, ce qui pousse certains à aller porter leurs déchets dans la rue voisine dont les habitants font bien évidemment la même chose. Une taxe uniforme serait peut-être donc une solution envisageable, mais c’est sans compter avec le caractère assez individualiste des habitants refusant de payer pour des personnes consommant plus qu’elles.
Ce pays est comme cela, truffé de petits problèmes difficiles à résoudre sans imposer des règles strictes qui lorsque elles existent restent à appliquer, ce qui n’est pas toujours le cas en raison de certaines spécificités plus ou moins culturelles et traditionnelles qui se perpétuent de générations en générations.

Un pays communiste et dictatorial pour certains, alors que dans la réalité quotidienne il est aisé de s’apercevoir qu’il s’agit souvent d’un manque de cadre juridique ou social qui contraste fortement avec nos systèmes fortement encadrés et ce quel que soit l’aspect traité. Certains me diront qu’il s’agit d’un manque d’éducation, au vrai sens du terme j’entends, ce qui est sans doute vrai, mais en grande partie ce « sens civique » a été dicté par des lois et des cadres très précis ce qui sous-entend que certaines actions ou réactions ne sont pas naturelles, du moins dans un premier temps. Elles le deviennent avec le temps, sous réserve toutefois que les règles restent en place pour rappeler à l’ordre le cas échéant les contrevenants. Il semble que pour l’instant cette façon de fonctionner ne soit pas à l’ordre du jour, laissant à la population le soin de régler ses  propres problèmes.

Les professeurs et parents pourraient peut-être commencer par apprendre aux enfants ce vieux dicton toujours d’actualité qui est :
La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres et de leurs expliquer en détail le sens de cette phrase.


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