La censu­re exis­te aussi au Québec, je l’ai rencon­trée

censureIl est très souvent ques­tion de la censu­re impo­sée en Chine. Moins voyan­te, mais tout aussi effi­ca­ce est celle appli­quée dans les pays se présen­tant comme des exem­ples de liber­té. En partant du prin­ci­pe établi que les médias sont une forme très puis­san­te de pouvoir et que leurs diri­geants ne sont élus au mieux qu’au sein de leur conseil d’administration, on peut dès lors parler de dicta­tu­re. Exagé­ré penserez-vous ? Il suffit de lire la char­te de modé­ra­tion d’un des premiers médias « d’information » qu’est Le Figa­ro. Ce qui suit préci­se un point des commen­tai­res qui ne seront pas publiés : « Il en va de même pour toute contri­bu­tion déni­grant direc­te­ment ou indi­rec­te­ment Le Figa­ro, ses jour­na­lis­tes et ses diri­geants. ». Comme vous pouvez le consta­ter, ce n’est pas le Quoti­dien du Peuple, mais pire, car habillé d’un costu­me de liber­té et de tolé­ran­ce.

Ce gyro­pha­re de la liber­té d’expression orne égale­ment le toit déla­bré de certains sites de moin­dre impor­tan­ce dont un est basé au Québec. Cet agré­ga­teur de conte­nu (en un mot pour cette fois) récu­pè­re à gauche et à droi­te (surtout à l’extrême gauche), des textes permet­tant aux auteurs de voir leurs noms publiés, ce qui les comble de bonheur faute de livrer une réel­le infor­ma­tion ou seule­ment leurs opinions sur un sujet donné. Pour résu­mer, il s’agit de la gauche bobo sauce québé­coi­se, ce sous la coupe d’une éditri­ce aussi fière de sa fonc­tion que de celle visant à étaler des connais­san­ces se limi­tant toute­fois à ses lectu­res « choi­sies ». 

Un exem­ple est une des derniè­res recrues de ce site, trou­vée en faisant les poubel­les. Les arti­cles de cette verrue du web ont toute­fois quel­que chose d’humoristique. Si le conte­nu est tota­le­ment insi­pi­de, c’est en bas de celui-ci que l’on peut souri­re. Nette­ment moins intel­li­gent que le panda, cet « hauteur » se croit obli­gé d’imposer la longue liste de ses titres et diplô­mes qui seraient consi­dé­rés par Google comme autant de liens facti­ces.

Entre cet éner­gu­mè­ne monté sur pneus Miche­lin pour amor­tir sa suffi­san­ce et la bour­geoi­se faus­se­ment éman­ci­pée, certains arti­cles sont toute­fois inté­res­sants lorsqu’ils sont origi­naux. Le problè­me est que l’environnement graphi­que est à la hauteur de l’intelligence de celle qui est à la tête de ce site (pour rappel, l’éducation scolai­re s’achète, pas l’intelligence). Il faut espé­rer que lorsqu’elle reçoit ses amis, l’intérieur est mieux rangé, ce qui doit être le cas au nom du « paraî­tre plutôt qu’être ».

Pour­quoi ce coup de gueu­le ? Parce que ce site est un des nombreux exem­ples de la censu­re régnant sur le web. Ces pseudos-intellectuels sont en effet très doués pour prêcher la bonne paro­le asso­ciée à la liber­té d’expression, mais sous réser­ve que cela ne les vise pas. C’est la même qui tout en criti­quant la virgu­le mal placée d’un texte, limi­te ses écrits au dernier livre qu’elle a lu ou en pompant allè­gre­ment dans les textes four­nis par les moteurs de recher­che. Il est vrai que le cerveau est un conte­nant hermé­ti­que. Le trop-plein de lectu­res dictées par le désir de paraî­tre vient de fait rempla­cer les impres­sions person­nel­les et les vraies émotions. Vous avez du mal à suivre ? Un exem­ple avec un grand clas­si­que :

Mignon­ne, allons voir si la rose

Qui ce matin avoit desclo­se

Sa robe de pour­pre au Soleil,

A point perdu ceste vesprée

Les plis de sa robe pour­prée,

Et son teint au vostre pareil.

Il s’agit là d’un extrait de la poésie origi­na­le de Pier­re de Ronsard. Vue par l’éditrice en chef, ce texte n’est accep­ta­ble que s’il est signé par un auteur connu parce que vient valo­ri­ser sa vitri­ne. Dans ce même texte réac­tua­li­sé par la « machi­ne à paraî­tre » et produit par un auteur moins célè­bre, elle ne verra que les fautes d’orthographe (vieux fran­çais) sans éprou­ver la moin­dre émotion à la lectu­re de ce super­be texte.

Ces faux intel­lec­tuels sont parfois (souvent) des ensei­gnants ou occu­pent des emplois deman­dant une certai­ne quali­fi­ca­tion. Il n’y a dès lors rien d’étonnant que le niveau des étudiants bais­se en étant tiré par le bas par des loco­mo­ti­ves n’en ayant que le nom.

Voilà ma répon­se au commen­tai­re que l’éditrice a censu­ré au nom de son petit pouvoir de dicta­teur. Un navi­re quel qu’il soit n’est jamais à l’abri du naufra­ge lors­que son capi­tai­ne est inca­pa­ble de le gouver­ner. Certains portent l’uniforme, d’autres sont portés par ce même habit ..