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L’arroseur arrosé, version XXI ème siècle

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L’immigration et les délocalisations sont devenues les deux mamelles de la France, remplaçant ainsi les labourages et pâturages chers à Sully. Du : « C’est le fond qui manque le moins » de la fable du laboureur et ses enfants, on est passé en quelques années au « : Les problèmes, c’est la faute des étrangers », se refaisant du même coup une virginité certaine après avoir pourtant colonisé une partie de la planète.

Combien de fois en effet ais-je entendu cette phrase concernant les problèmes causés par l’immigration :

« Mais qu’ils restent donc dans leur pays pour participer à son développement, plutôt que de venir chez nous prendre notre travail »

Cette phrase si souvent hurlée a fini par être entendue par certaines nations, renommées pour des raisons esthétiques pays émergents en place et lieu de pays en voie de développement, un peu comme une femme de ménage est devenue une technicienne de surface.

Les B.R.I.C (Brésil,Russie,Inde,Chine) et quelques autres ont donc appliqué à la lettre cette demande, et se sont recentrés sur le développement de leur pays, plutôt que d’envahir des pays dits riches désirant conserver leur héritage. Manque de chance pour les initiateurs de cette lumineuse idée, un certain nombre d’entre eux sont en passe de réussir, ce qui n’est pas sans causer de dégâts, la taille du gâteau mondial étant immuable, ce qui a eu pour effet de réduire la part attribuée à chacun. Là où certains avaient pensé créer un système de colonisation moderne et bien plus « politiquement correct », mais toutefois toujours utilisable pour ses besoins propres, ils se sont trouvés confrontés à des populations autrement différentes de celles où ce système avait été expérimenté, par exemple en Afrique. L’exploitation de ces pays à faible coût de main d’œuvre c’est ainsi retourné contre ces initiateurs, faisant progressivement de ces nations des acteurs incontournables tant de la vie économique que politique, remettant ainsi en cause un équilibre instauré après la Deuxième Guerre mondiale.

Comme à la grande époque coloniale, les marchandises issues de ces pays profitent en termes de gain financier à une infime minorité, en plus d’assurer une certaine tranquillité d’esprit aux classes politiques au pouvoir, le bas coût de ces produits permettant le maintien artificiel du pouvoir d’achat.

Si ce principe de colonisation « version moderne » est viable dans des pays où la population est faible, il en va tout autrement dans des pays comme l’Inde ou la Chine où la masse de population a un effet « boule de neige », créant dans ces nations le désir de se hisser au niveau des plus grands. Après la période euphorique côté occidental, a succédé celle bien moins agréable de la gueule de bois et au réveil douloureux, ces pays émergents n’ayant pas été aussi dociles que certains ne l’imaginaient, ceux-ci ayant fini par croire en la possibilité de gérer leur propre destinée.

Il s’est donc avéré urgent de changer les règles d’un jeu qui n’amusait plus ses inventeurs, et de présenter les nouveaux champions comme des tricheurs ne respectant pas les limites qui leur avaient été imposées. Comme le maladroit qui se donne un coup de marteau, ce sont les mêmes qui ont directement ou non mis en place ce système qui se retrouvent les dindons d’une farce au goût amer, obligé aujourd’hui d’aller mendier quelques contrats auprès des anciens servants, ce qui est assez paradoxal en soi.

Ce qu’il y a encore quelques années était présenté à l’opinion publique sous la forme d’un geste humaniste à destination de populations déshéritées, rémunérées avec un bol de riz de quotidien et qui dans la réalité était censé être une aubaine en terme de marges bénéficiaires pour certains, se retourne donc contre ses propres initiateurs, créant ainsi un énième remake de « l’arroseur arrosé ».

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1 Réponse pour “L’arroseur arrosé, version XXI ème siècle”

  1. L'enfoiré dit :

    Alain,
    J'ai écrit, il y a plus de 4 ans, "L'argent du beurre". http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2005/11/25...
    Tout y est dit. L'article n'a pas perdu une seule plume. Il est toujours d'actualité à part bien sûr, ce qui allait se passer avec la grande crise que nous vivons en occident et moins en orient. Comme je l'ai dit, ce n'est pas les chinois qui nous ont impactés dans mon secteur d'activité. Ce sont les Indiens.
    L'arroseur arrosé, final, j'ignore qui il sera.
    Tout évolue tellement vite. Tout le monde garde ses chances, à condition de comprendre où est l'intérêt général.
    Il y a tant à dire, sur le sujet.
    Mon texte n'essayait que d'en faire un résumé.
    Merci de m'avoir donné l'occasion de le relire à l'occasion de ton billet.
    Bonne journée

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