JO de Sotchi, les Chinois reste­ront de glace

patinageLa Chine ne comp­te pas faire fondre la neige de Sotchi grâce aux étin­cel­les produi­tes par ses athlè­tes. Cette ambi­tion très mesu­rée a toutes les raisons d’être en regar­dant tant les résul­tats que la prati­que des sports d’hiver en Chine. En dehors de quel­ques espoirs en pati­na­ge de vites­se, artis­ti­que et le curling, les Chinois seront nette­ment plus discrets qu’en athlé­tis­me ou en tennis de table.

Cette présen­ce limi­tée dans les sports d’hiver tient à plusieurs raisons dont l’une est une prati­que popu­lai­re n’en étant qu’à ses débuts. Au risque de surpren­dre, la Chine n’est pas un pays spor­tif, mais de compé­ti­tion. Enco­re influen­cé par le systè­me poli­ti­que autre­fois collec­ti­vis­te, seuls comp­tent les résul­tats permet­tant d’atteindre l’élite et donc un certain confort de vie. Le résul­tat est un sport de masse qui a le plus grand mal à se déve­lop­per en n’étant de plus que peu soute­nu par des gouver­ne­ments locaux bien plus orien­tés sur les domai­nes qui leur rappor­tent. Véri­ta­ble rouleau compres­seur, ce systè­me n’incite guère la popu­la­tion à la prati­que du sport en géné­ral et ceux d’hiver en parti­cu­lier, pério­de où l’on préfè­re se mettre au chaud que sur la glace ou la neige.

Une autre raison est la taille du pays qui rend un séjour en monta­gne bien plus complexe à orga­ni­ser que pour un Pari­sien se rendant dans les Alpes. En dehors des popu­la­tions vivant dans les zones ennei­gées, ce sont parfois plusieurs milliers de kilo­mè­tres qu’il faut accom­plir. Dès lors, la prati­que des sports d’hiver se trou­ve réser­vée à la clas­se socia­le dispo­sant du temps et des moyens finan­ciers.

Faute de loco­mo­ti­ves comme on les trou­ve en gymnas­ti­que ou dans d’autres disci­pli­nes où excel­lent les Chinois, les sports d’hiver n’attirent que peu une jeunes­se bien plus diri­gée vers les centres de consom­ma­tion que ceux spor­tifs. Il en est ainsi pour de nombreux sports qui ont vu leur prati­que s’effondrer dès la fin des JO de 2008, les Chinois reve­nant à leurs occu­pa­tions tradi­tion­nel­les aussi­tôt étein­tes les guir­lan­des de Pékin. Une fois l’effet de mode passé et faute d’un réel ancra­ge dans les menta­li­tés, nombreux sont les maga­sins d’équipements de sport qui ont mis la clef sous la porte.

Les instal­la­tions spor­ti­ves néces­sai­res à la prati­que des sports d’hiver deman­dant de coûteux inves­tis­se­ments, la faible fréquen­ta­tion ne peut qu’influer sur des prix de séjour hors de portée de ceux qui seraient éven­tuel­le­ment inté­res­sés. On peut suppo­ser qu’à l’image de la Fran­ce les sports d’hiver en Chine peuvent se popu­la­ri­ser grâce à des prix revus à la bais­se. Cela est sans doute vrai, même si les distan­ces reste­ront les mêmes. Un autre écueil est la faibles­se de l’encadrement, là enco­re pour des raisons de renta­bi­li­té immé­dia­te. Appren­dre à skier à des enfants ou des adul­tes deman­de un mini­mum de connais­san­ces dans la disci­pli­ne ensei­gnée et dans la péda­go­gie. Ces deux aspects deman­dent une éduca­tion profes­sée par un maître en la matiè­re, ce dont manque la Chine faute de volon­té poli­ti­que et d’un nombre suffi­sant de person­nels à former.

Peut-être qu’un jour un skieur chinois monte­ra sur la plus haute marche d’un podium des JO d’hiver, mais ce ne sera pas avant long­temps, et sans doute très long­temps.