Interview d’André Serra, spécialiste en géopolitique (III)


Interview d’André Serra, spécialiste en géopolitique (III)

Interview d’André Serra, spécialiste en géopolitique (III)La dernière partie de l’interview d’André Serra

RDC :  Question bateau s’il en est une, mais à laquelle vous pouvez donner un début de réponse grâce à votre connaissance de l’histoire de ce pays, histoire qui, je pense, a une influence tant sur le présent que sur le futur de ce pays. Qu’elle est la probabilité de voir un jour la Chine se muer en une démocratie, et qu’elle pourrait en être la forme ?

Apparemment simple, votre question est en réalité complexe, car sa réponse doit aller au-delà de la question. J’y ai déjà beaucoup réfléchi, car l’Occident, dans ses choix politiques limités à la démocratie représentative, réserve le terme de dictature ou encore d’autoritarisme à tout régime politique ne reposant pas sur une démocratie de type représentatif, or cette vision me paraît quelque peu réductrice en ce qui concerne la Chine pour la raison suivante :

La pensée chinoise ne peut envisager la gouvernance d’un pays dans le cadre d’une opposition alternative de partis, analogue à la binarité aristotélicienne que j’ai évoquée au début de ma réponse à votre sixième question.

La démocratie représentative occidentale est en effet de type binaire, et repose structurellement sur la contradiction, en procédant par opposition continuelle entre des partis d’opinion drapés dans des convictions irréductibles pour la conquête du pouvoir. Et en raison de cela, la Chine ne l’adoptera sans doute jamais, car elle ne supporte pas la contradiction dans la pensée.

Par contre, elle me semble avoir trouvé une voie démocratique plus conforme à sa pensée originale, dont je me suis efforcé de définir certains aspects majeurs tout au long de cette interview.

La notion de parti unique développée par les Chinois n’a, en dépit de la similarité des mots employés, rien à voir avec la notion de parti à l’Occidental, ou de parti fasciste, lequel en fait rejette toute opposition.

Ce n’est pas dire par là que l’État chinois ne supporte pas les idées opposées à sa politique. Bien au contraire. Il dit à peu près ceci aux citoyens : “Si vous avez des idées à proposer ou des critiques à formuler, inscrivez-vous au parti et apportez-lui le fruit de vos réflexions. Le parti est la voie naturelle pour collaborer avec l’État communiste. On vous écoutera, on discutera de ce que vous apportez et vous serez respecté pour votre civisme. Par contre, si vous restez à l’extérieur de l’endroit naturel où l’on prépare la Chine de demain, alors vous êtes inutile au pays, sinon hostile, et on vous traitera comme un dissident. La politique se fait à l’intérieur du parti et nulle part ailleurs, car son accès est ouvert à toutes les forces vives du pays (Jiang Zemin en a donné l’accès aux chefs d’entreprise). Son existence et son statut rend inutile tout autre organisation parallèle.”

Le PCC constitue donc une sorte d’Agora officielle de l’ensemble de la population, pour ceux qui ont envie de travailler pour le pays. Il est stratifié à partir des cellules rurales et urbaines, qui élisent leurs représentants aux assemblées de district, celles-ci à leur tour aux assemblées provinciales, et ainsi de suite jusqu’à l’Assemblée Populaire Nationale, laquelle élit à son tour le Président de la RPC.

C’est le schéma général de l’organisation politique de la Chine. Dans le détail elle est un peu plus complexe, car elle combine structure populaire et structure de l’État, comme vous pourrez le constater sur la copie que je vous adresse de l’arborescence de cette organisation, publiée en mars-avril 2004 par la Documentation française, dans son numéro 6 de “ Questions internationales ”.

En conclusion, la Chine est déjà un État démocratique, à mon avis beaucoup plus efficace que la démocratie de type occidentale. La plupart des électeurs occidentaux ne s’intéressent à la politique de leurs pays que quelques semaines avant les scrutins. Ils votent sous la pression des médias sans toujours bien comprendre les enjeux, et généralement davantage en fonction des binettes des candidats que des vrais problèmes de leurs pays. D’autre part, les abstentions sont souvent considérables, ce qui montre bien la désaffection de la population à l’égard de ce système depuis les cinquante dernières années. Après les élections, les élus leur servent de têtes de Turc. En Chine, vous êtes libres de vous inscrire au parti ou pas. Si vous le faites, vous devez participer. Inutile de dépenser des sommes folles pour être élu.

On peut comparer la notion de parti en occident et en Chine de la façon suivante : en occident, chaque parti est défini par une opinion centrale précise, généralement monolithique, qui s’oppose à celles de tous les autres partis, et tous les membres d’un parti sont tenus de défendre la même position, d’où cette notion de majorité et de minorité, qui n’existe pas en Chine ; du moins pas sur un plan institutionnel.

En Chine, il n’existe pas d’opinion centrale du parti. Une ligne générale politique se dégage de la confrontation des divergences internes existant naturellement en son sein. Il est possible d’imager cette réalité en disant que le parti peut abriter toutes les tendances qui, en occident, sont distribuées parmi plusieurs partis.

RDC : Quelle est votre position toute personnelle sur les problèmes tant au Tibet qu’au Xinjiang ?

Historiquement, ces deux problèmes semblent différents, mais politiquement et stratégiquement, ils sont identiques du point de vue chinois. Il faut en tous les cas évacuer les interprétations occidentales qui s’imaginent que les marginalisations de ces ethnies (ou prétendues telles) sont racistes. Il n’en est rien. La preuve en est qu’il existe en Chine quelques dizaines d’autres minorités qui vivent en harmonie avec le reste de la population. Dans le cas des minorités religieuses, comme celle des catholiques, ils ont parfaitement le droit de célébrer leur culte, sous réserve de ne pas faire de prosélytisme, ni de politique. Leurs évêques sont nommés par Beijing, et le Pape n’est pas reconnu comme une autorité officielle.

C’est pourquoi le falun gong, par exemple, ne peut être reconnu, car il présente ses convictions comme étant opposées au pouvoir temporel de Beijing.

Comme je l’ai dit plus haut, la Chine est irréligieuse. Pour la plupart des Chinois, les religions sont des convictions primitives qu’il convient de réduire, et en tous les cas, de ne pas favoriser pour éviter leur extension, considérée comme problématique.

Et c’est là que l’on retrouve le Tibet et le Xinjiang.

Dans les deux cas, il s’agit de populations religieuses, le bouddhisme pour les Tibetains et l’islam pour les Ouïghours, habitant partiellement le Xinjang. Ce que je viens de dire en matière de religion est valable aussi pour eux. Or dans le cas du Tibet, la Chine ne peut admettre l’autorité du Dalaï Lama, parce qu’il comprend le pouvoir temporel, ce que l’on ne sait pas toujours, ni l’ancienne structure de pouvoir tibétain.

Historiquement, le Tibet a appartenu à la Chine à plusieurs reprises. La dernière fois que le Tibet est devenu indépendant, c’était sous la contrainte de l’armée des Indes britannique. Mais ce n’était pas le fait de la grande bonté de sa Majesté. Les Anglais voulaient simplement détacher la région himalayenne de l’autorité chinoise, de manière à en faire une zone de pénétration vers l’Asie centrale à partir de sa possession des Indes.

Cette même raison stratégique vaut également pour la Chine, mais en sens inverse. Match nul ! Il faut tout de même ajouter que sous le bouddhisme tibétain la population rurale était réduite en esclavage et subissait des punitions physiques dignes du Moyen Âge européen.

Actuellement le Tibet est dirigé par des Tibétains communistes et d’importants investissements y ont été réalisés pour tirer le pays de la pauvreté. Les lamas se révoltent de temps en temps pour tenter d’attirer l’attention de l’occident, mais à mon avis, c’est peine perdue. Ici encore joue l’exclusion chinoise des religions.

Enfin, les Ouïghours !

Quel peuple ! Il faut aller consulter Wikipédia pour connaître l’existence très agitée de cette ethnie nomade qui s’est baladée pendant des siècles d’un bout à l’autre de l’Asie.

Curieusement, cette fois ce furent les Britanniques qui demandèrent à l’empire mandchou de reconquérir ce qui est à présent le Xinjiang, afin de stopper la progression de la Russie vers l’est ( 1876-1884 ), reconquête, car la région avait déjà appartenue aux Mandchous dans le passé, mais financée cette fois par des banquiers britanniques.

Actuellement les Ouïghours forment 45% de la population, surtout rurale. Beaucoup de couples mixtes se sont formés entre Hans et Ouïghours, et leurs enfants sont automatiquement considérés comme des Hans, de telle sorte que se poursuit peu à peu une lente assimilation de la population.

Dans un cas comme dans l’autre, je n’ai pas de position précise. Nous nous trouvons sur un terrain stratégique de part et d’autre, aussi bien du côté de la Chine que du côté occidental, dont ces populations servent de faire valoir. Les pleurs des gouvernements occidentaux sont à mon avis des larmes de crocodile. J’observe simplement et j’attends la suite.

RDC :  Pourquoi vous intéressez-vous à ce pays, et quel est votre avis général sur ce pays.

Une question en deux.

Jusqu’en 2004, la Chine ne m’intéressait pas davantage que la Russie ou les États-Unis.

Mais je suis tombé sur la plaquette éditée par la Documentation française que je cite plus haut. Sa préface était écrite par François Jullien, sinologue français très connu. Tout au long de son texte, il compare en des termes extraordinairement précis les conceptions chinoises du monde à celles des Occidentaux. Ce fut pour moi une révélation, et jusqu’à un certain point, j’y reconnus un peu de ma propre nature. Bizarre !

Mais le coup final me fut porté par Jullien sous la phrase suivante, parlant de ces différences : “Une métaphore ludique l’illustre au mieux : l’opposition entre les échecs et le jeu de go. Contrairement aux échecs — stratégie frontale — où l’un des adversaires est défait, on n’est jamais entièrement défait au go. On conduit l’autre à s’exposer, on le contourne, on accroit son propre potentiel à ses dépens. Et croître aux dépens de l’autre, n’est-ce pas la stratégie chinoise actuelle en matière économique ?”

Connaissant les deux jeux, mon esprit fut traversé comme par un éclair, la vérité de cette métaphore s’imposant immédiatement à moi. Depuis, j’ai lu goulûment la moitié de l’œuvre de François Jullien, deux douzaines de livres, et je n’arrête pas d’observer le développement stratégique de la Chine sur la scène internationale. Il est extraordinaire ! Peu de gens en comprennent les raisons. Parmi eux, Kevin Rudd, le premier ministre de l’Australie. Il parle chinois, et vient d’inaugurer dans son pays, un centre culturel chinois.

Les États-Unis jouent aux échecs et la Chine au go. Et ce sont les États-Unis qui sont désormais neutralisés partout dans le monde, en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud !

J’essaie à présent d’utiliser “ l’esprit chinois ” sur tous les terrains, en géopolitique, en économie, en sociologie, et ça marche, en dépit de toutes les théories, les doctrines, les habitudes…

Un jour, le monde entier pensera chinois.

André Serra

Merci donc à André Serra que vous pouvez retrouver sur son blog des auteurs à l’adresse : http://andreserra.blogauteurs.net

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Interview d’André Serra, spécialiste en géopolitique (III)

San Shuo, une Miao au pays des Zhuang

Ce roman tiré d’une histoire vraie n’a rien d’un dépliant touristique en ayant pour objectif tant de retracer ce qu’a été la vie de cette Miao du Guangxi, que l’environnement dans lequel elle a évolué. Parce qu’en Chine les gens se parlent beaucoup, j’ai tenu à ce que les personnages de ce livre soient les plus vivants possible et les plus proches de la réalité. Les mots employés sont simples parce que tant les miens que ceux utilisés par les habitants de ces contrées dont une bonne partie sont davantage passés devant l’école qu’ils y sont entrés. C’est d’ailleurs sans doute ce qui me plait le plus dans ce pays qui se traduit par une simplicité dans les dialogues quotidiens permettant de résoudre des situations pourtant souvent 

Cliquez ici pour découvrir San Shuo, une femme autant étonnante que détonante.

 

8 Commentaires

  1. liang dit :

    Bonjour,

    « Les États-Unis jouent aux échecs et la Chine au go.  »

    Tout est dit.

    Yin et Yang ne sont nullement oppositionnels, mais deux « potentiels de situation » complémentaires. Faire bien circuler le Qi (action du Qi, ou la processivité de F. Jullein), alors les choses sont en harmonie. Et une nouvelle situation, réelle, est alors créee et elle est féconde. D’où, cette efficacité chinose, qui donne actuellement un dynamisme sans précédant.

    Ce schéma de pensée, très différente de celle d’Aristote, prend racine dans le livre de « Mutation ». Par le simple constat que le grand Cosmos, la Vie, sont en mutation permanente. L’important, c’est d’en SAISIR le cour (la Voie). Toutes opinions sont juste à certains égards, le tout c’est de pousser une tendance, au bon moment. Ce qui prime, c’est l’objective. Dans le réel, seul compte ce qui peut produire de l’effect sensible. Agir, mais sans déranger le cour de l’univers, c’est ce qui est réservé à l’action de l’homme dans l’univers.

    La pensée occidentale, que ce soit de la création ou de l’évolution, laisse sous-tendre une direction du cour : un début et une fin, ou positive/négative. Que l’on se considère, ou non, comme le Vice Roi de la Création du Monde, la culture occidentale tente d’analyser, de comprendre et de théoriser ce cour. Surtout, depuis l’age moderne où la philosophie devient une discipline académique, une fabrique de concept basée trop sur la subjectivité et non plus sur objectivité. Agir à l’occidentale, c’est une eternelle course derriere ce cour tout en croyant le dominer, que ce soit au niveau individuel que sur plan collectif.

    L’assise de la connaissance en Chine, c’est l’appréhension de ce cour, ou la connaissance du destin, de manière globale.

    L’assise de la connassaince en Occident, c’est de découper, d’analyser et de théoriser le destin, de manière disciplinaire.

    Donc, c’est l’adequation entre les mots et les choses. Michel Foucault en lisant Borge, très étonné des propos chinois sur les catégories, en a écrit un bouquin…

    Ainsi, la science dure est complétement acceptée en Chine. Tandisque la science humaine, elle est essentiellement une compilation de différents penseurs chinois, et aussi, de la méthode dite « scientiqfique » mais qui ne l’est plus vraiment – la science humaine à l’occidentale – découplée de la science dure.

    En Chine, la science, dans son ensemble, est certes vue comme un moyen de connaitre, mais dans l’approche globale du destin, elle est un moyen comme un autre : la literature, la musique ou la poésie.

    Liang (alias franco-chinois, sur Agoravox ou ailleurs …)

    PS :

    1) Certains repprochent à F. Jullien de créer l’altérité. Mais comme définissent-t-il le mot, altérité à propos des humains ? L’existence de ce mot même, crée la différence ou l’exclusion artificiellement et, prouve ce qu’il y de l’incongru ou de fausse image (représentation du monde) : croire que tout ce qui est subjective, notamment concernant tout élément en rapport avec la Transcendance, est et/ou peut être, l’objective.

    2) La querrelle Bilter-Jullien, dans le repère de la civilisation chinoise, n’a pas sa raison d’être.

    3) F. Jullien mérite le respect car il a osé d’aller confronter ses idées avec l’intelligentsia chinoise, en Chine, contrerairement à beaucoup d’autres qui se disent aussi, « sinologue ».

  2. liang dit :

    eratum dans PS 1:

    le dernier mot, lire « objective » au lieu de « l’objective ».

    Amicalement, à tous.

  3. Alain dit :

    Bonjour Liang,

    j’avoue que Billeter n’est pas ma tasse de thé, et mis à part s’opposer de manière systématique à François Jullien, il ne ressort pas grand chose de ses écrits.

    « Ce que nous considérons aujourd’hui comme la « civilisation chinoise » est intimement lié au despotisme impérial ».

    Jean François Billeter

    Dans ces conditions, on peut faire le parallèle avec la société française et la dire issue de la royauté, ce qui est évidemment archi-faux.

    Alors comme tu le dis si bien Liang, les sinologues …. Disons qu’il y a à boire et à manger.

  4. liang dit :

    Bonjour Alain,

    L’histoire a déjà prouvé que, ce qui reste dans les pensées humaines, ne sont jamais celles qui dominent dans l’actuel.

    Amicalement,

  5. Phoenix dit :

    Bonjour,

    L’interview est extrêmement intéressante et pertinente ! En tant que chinoise vient de Xinjiang, je me désole de voir dans les médias occidentaux- les main stream, que des propres très caricaturaux et égocentriques sur le reste du monde, surtout sur la Chine. Votre site et surtout cette article me rassure qu’il existe encore belle et bien des gens qui ont un vrai l’esprit de critique sur le monde et sur soi-même. Car en France, il existe trop de gens qui critiquent le monde entier sauf eux-mêmes.

    Une petite erreur dans votre article concernant les mariages mixtes entre les Hans et les Ouïghours. En fait, par le souci de préserver leur culture et leur identité, les Ouïghours se marient surtout entre eux, parfois avec les Kazakhs, mais presque jamais avec les autres ethnies, encore moins avec les Hans. Parmi les milliers d’Ouïghours que j’ai rencontrés, j’ai vu un seul couple Han-Ouïghour.

  6. Alain dit :

    Bonjour Phoenix,

    « Car en France, il existe trop de gens qui critiquent le monde entier sauf eux-mêmes »

    Je vois que vous avez bien assimilé la culture hexagonale, ce que vous dites étant hélas vrai.

    « Une petite erreur dans votre article concernant les mariages mixtes entre les Hans et les Ouïghours.  »

    je suis d’accord avec vous, mais j’ai voulu laisser à André Serra la responsabilité de ses écrits, et vous faites bien de relever cela.

    Je ne sais pas pour les Ouïghours, mais ici dans le Guangxi quand une personne issue d’une minorité ethnique se marie avec un Han ou autre, les deux époux peuvent ensuite choisir l’ethnie à laquelle appartiendra l’enfant, c’est à dire celle du mari ou de la femme.

    Je pense que cela doit être la même chose partout en Chine

  7. Woods dit :

    Il est clair qu’un parti unique oeuvrant pour le pays et laissant les querelles de personnes en coulisses est un gage d’efficacité indeniable.
    Malgré tout, meme si n’importe qui peut surement « s’inscrire » au Parti communiste, les responsables et les membres des cabinets et commissions d’études ou autres personnes ayant des responsabilités ont généralement grimpé les échelles hierarchiques du parti avant d’avoir la moindre influence, meme minime, sur les idées du Parti. Cela permet d’assurer une certaine sélection qui permet autant de repérer et de cadrer les bons éléments que d’identifier les contestataires ou libéraux. On est donc assez loin de l’Agora.
    Et puis l’appartenance au Parti n’a pas empeché des personnes opposées à certaines décisions (comme Zhao Ziyang par exemple) de se faire renvoyer du Parti, assigner à résidence,…
    Le système accèpte les points de vue divergeants, au sein du Parti comme André Serra l’explique, mais il y a encore beaucoup trop de barrières à l’opposition en général quelle soit interne ou externe au Parti. Et tant qu’il sera risqué voire impossible d’exprimer publiquement des idées contraires (sur Internet, dans les médias ou meme au sein du Parti), on ne peut selon moi pas qualifier le système de démocratique.
    L’interview dans sa globalité est très intéressante. Merci de l’avoir publié.
    – Woods

  8. Alain dit :

    Bonjour Woods,
    « Malgré tout, meme si n’importe qui peut surement « s’inscrire » au Parti communiste. »
    Détrompez-vous, j’ai un peu regardé le système d’admission, et c’est assez coton, un certains nombre de militants arpentent les universités pour tenter d’enrôler les meilleurs éléments, mais ça ne marche pas toujours.
    Il faut ensuite dire que beaucoup y sont par intérêt, bien plus que par idéologie, ce qui explique aussi en partie l’hécatombe lors des campagnes  très épisodiques de nettoyage.
     
    D’après  ce que je sais, ce ne sont pas tellement les divergences qui ne sont pas acceptées, mais bien plus de les mettre sur la place publique, sans doute afin de préserver une image unitaire qui n’est dans les faits qu’une façade.
    « on ne peut selon moi pas qualifier le système de démocratique. »
    Le régime Chinois se définissant lui-même dans sa constitution comme étant une dictature (socialiste ou non, prolétarienne ou non), cela laisse peu de place pour le doute.
    Maintenant, l’Inde est considérée comme étant une démocratie par le fait que les gens vont voter, alors que ce système ne se limite nullement à cela.
    Je ne suis pas sûr qu’il fasse meilleur vivre en Inde qu’en Chine. Il suffit d’ailleurs de voir le nombre d’expatriés dans les deux pays (rires)

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