Faux diplômes pour faux médias
Le lynchage médiatique entretenu par certains au sujet de cette affaire de faux diplômes chinois montre bien qu’il s’agit davantage de décrédibiliser ce qui est chinois que d’apporter une réelle information objective, but majeur d’un média .
- Que des étudiants chinois aient tenté ou même réussi à tricher est plus que probable, mais cet acharnement des médias a la fâcheuse tendance à tourner au ridicule tant il est à sens unique.
- La chine serait donc le seul pays où ce genre d’anomalies existe et les étudiants chinois ne seraient majoritairement que des tricheurs face aux anges des autres pays pour qui la probité est un leitmotiv.
- Si l’on veut être honnête et objectif, il suffit de lire ceci pour se rendre compte que ce problème est loin d’être limité à un seul pays :
- Échanger des pots-de-vin contre de bonnes notes ou la réussite à un examen. C’est un type de corruption que subissent les étudiants des pays des Balkans, rapporte l’Institut international de l’Unesco pour la planification de l’éducation (IIPE). Lors de la présentation du rapport La corruption à l’école et à l’université : quelles solutions ? ,le 6 juin 2007, les deux auteurs, Jacques Hallack et Muriel Poisson, ont fait part de nombreux exemples de corruption dans le monde. La fraude académique va de la tricherie aux examens, qui a fait scandale à la Sorbonne en 2004 (1), à l’achat de faux diplômes dans des universités qui n’existent que sur Internet. « Les nouvelles technologies amplifient la tendance. On dénombre par exemple quatre fois plus d’universités bidons (près de huit cents aujourd’hui) en 2004 qu’en 2000 », note Muriel Poisson. Un problème connu de la Suède où les étudiants peuvent obtenir de faux doctorats qu’ils font ensuite valoir pour décrocher un poste.
- « C’est une pandémie et les États-Unis sont très touchés. Là-bas, des organismes d’accréditation des universités sont eux-mêmes corrompus ou faux », avance Jacques Hallack. Une des solutions évoquées pour enrayer le phénomène est la création de systèmes de contrôle transfrontaliers tels que des sites qui vérifient si l’université est accréditée. Pour contrer, la fraude aux examens, la Géorgie a introduit un système d’examens centralisé pour l’admission dans les universités, coordonné par un organisme indépendant. L’Azerbaïdjan a réussi à la réduire en informatisant sa procédure d’admission. « Nous ne voulons pas dénoncer, mais être utiles. Faire partager les bonnes actions des pays riches et pauvres », souligne Jacques Hallack.
- (1) Lors du rattrapage 2004, deux étudiantes en droit ont payé 50 € afin de bénéficier d’une aide extérieure pour la rédaction de leur copie. Elles avaient envoyé le sujet par SMS.
- (Source : http://www.educpros.fr/detail-article/h/6e26ad6045/a/corruption-et-faux-diplomes-une-pandemie.html)
- Si aujourd’hui vous saisissez dans Google : « faux diplômes », vous aurez accès à une liste sans fin d’articles ayant trait à l’affaire des faux diplômés Chinois, mais très peu sur d’autres pays ce qui accrédite la thèse d’un lynchage médiatique alimenté à des fins n’ayant qu’un très lointain rapport avec l’information et bien plus proche de la propagande.
- Un site comme instantdegrees.com vous propose toutes sortes de faux diplômes et il est fort peu probable que ceux-ci soient réservés aux étudiants chinois. Alors que des soupçons de faux diplôme ont a un moment pesé sur un de nos ministres et qu’un pays comme le Cameroun est en train de faire le ménage chez ses fonctionnaires pour la même raison, seule la Chine est une fois de plus mise sur le devant de la scène et cela à des fins plus que partisanes.
- Il faut ensuite revenir à la réalité des choses, car s’il est probable qu’un certain nombre de fils de nouveaux riches chinois ait acheté de faux diplômes, il reste ensuite à pouvoir les utiliser, car il ne faut pas perdre de vue qu’un diplôme quel qu’il soit à pour but d’ouvrir, du moins en partie, la porte du marché du travail. Si le faux diplômé va en effet pouvoir trouver du travail plus facilement, si ses capacités à accomplir le travail demandé sont trop médiocres, l’employeur n’aura aucun mal à se séparer de cet employé peu performant, quelque soit son niveau d’études et d’autant plus en Chine où les procédures de licenciement sont bien moins complexes que chez nous. Aucun patron digne de ce nom au monde n’est en effet assez stupide pour conserver un employé médiocre, quel que soit son cursus universitaire et ses supposés diplômes et si c’était le cas, un tel chef d’entreprise ne survivrait économiquement pas longtemps.
- Il ne s’agit donc une fois de plus que de vendre du papier où des reportages orientés et charger une fois de plus un pays dérangeant. Ceux qui se vautrent dans cette histoire de faux diplômes, en mettant en avant la faiblesse des étudiants Chinois, feraient bien d’une part de ne pas généraliser à toute la classe étudiante chinoise au risque de se réveiller un matin avec de mauvaises surprises et d’autre part, penser une fois de plus à balayer devant une porte encombrée par des étudiants bien Français et honnêtes mais bien peu recherchés par d’autres pays tant les titres universitaires hexagonaux sont en déclin constant et il est heureux que nous ayons la Chine et autre pays Africains pour venir financer un certain nombre d’établissements.
- Il serait également intéressant qu’une enquête soit menée afin de recenser les journalistes travaillant avec de faux diplômes ou mieux, sans aucun talent car il semble que la filière soit abondamment alimentée et qu’une réforme de la profession fasse enfin le ménage dans ce métier trop sérieux pour le laisser à des personnes dont la place est bien plus au marché au poisson qu’au sein d’une rédaction.
