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Faut plus manger le toutou à sa maman !

Ce mignon toutou peut maintenant dormir tranquille, du moins si tout le monde respecte la loi qui entre en application dès le 1er février. À partir de cette date, il est en effet interdit et donc condamnable, d’abattre ou de consommer chiens et chats. L’amende et la peine prévues sont assez dissuasives, puisque cela va de 5 000 RMB à 15 jours de prison en cas de récidive.

Toutefois, il faut rester réaliste et conscient que cette disposition, votée du moins ici dans le Guangxi, va mettre un certain temps avant d’être totalement appliquée, car il est impossible de changer les habitudes liées à une tradition de plusieurs siècles. Je posais la question hier à un de mes voisins, et ce lui-ci m’a répondu :

« Mouis, c’est bien ; le changement de mentalité devrait aller assez vite, une bonne cinquantaine d’années… »

Si cette réglementation était dans l’air depuis un moment, ou appliquée en fonction de règlements locaux ayant souvent pour objectif de ne pas effrayer les touristes étrangers, le fait que cette loi s’applique à l’intérieur du pays montre un réel changement, même si comme dit plus haut, il faut le temps d’assimiler celui-ci.

Le plus intéressant dans cette histoire, du moins si l’on n’est pas chien ou chat, est de comprendre les raisons qui ont poussé les autorités locales à instaurer ce texte qui touche tout de même à une des spécificités chinoises. On peut écarter d’entrée une soudaine et collective prise de conscience, qui aurait fait subitement penser que cette habitude alimentaire est d’un autre temps, car cette vision n’est pas crédible, pas plus que, du moins dans la situation locale, l’image détestable que peut donner le fait de manger ce qui est pour nous occidentaux un animal de compagnie, les étrangers étant rares par ici.

Non, en fait ce sont les jeunes générations qui en se modernisant et en ayant une plus grande ouverture sur le monde extérieur ont donné cet élan, valant qu’aujourd’hui cette intention de fait se transforme en loi. Il était en effet facile de constater que de plus en plus de jeunes gens faisaient l’acquisition d’un chat ou d’un chien, non pas afin de se prémunir contre un manque de nourriture, mais parce qu’ils trouvaient là un compagnon au même titre que nous pratiquons cette cohabitation depuis des décennies, voire des siècles. Signe d’une modernité à l’occidentale, les animaux de compagnie sont devenus en quelques années de plus en plus nombreux, et il courant de voir, même ici à la campagne, des personnes promener le soir en compagnie de leur chien. Au début, marque d’un certain snobisme hérité des grandes villes, l’habitude c’est progressivement créée, avant de commencer à entrer dans les mœurs.

De nombreux éleveurs de chiens et chats ont d’ailleurs changé leur fusil d’épaule, passant de marchands de viande à celui de vendeurs d’animaux de compagnie, sélectionnant ainsi les races les plus vendeuses, au détriment des plus goûteuses, et les marchés dédiés à la vente de ces animaux prend une envergure toute chinoise, c’est-à-dire plus ou moins contrôlée.

Le texte de loi est donc présent, avec pour base des mentalités commençant à changer, mais encore faut-il que ce texte soit appliqué, et pour se faire soit suivi par un service ayant la possibilité de le faire appliquer, ou en cas de contravention d’en notifier les contrevenants. Si en France police et gendarmerie sont mises à toutes les sauces, il en est tout autrement en Chine ou les policiers ont d’autres chats à fouetter que les mangeurs de chiens, et ce, au propre comme au figuré. Les services sanitaires pourront éventuellement vérifier les élevages et lieux de vente, mais ne sont pas habilités à poursuivre un éventuel détournement ou contournement de la loi, quant aux services vétérinaires, rien dans leurs attributions officielles ne leur permet de contrôler ce genre de pratiques aujourd’hui délictueuse. A moins donc que les autorités ne mettent en place un service spécifique, l’application de la loi se fera comme souvent en Chine, c’est-à-dire de façon épisodique et cyclique, souvent après un dérapage trop important dont les échos seront remontés dans la hiérarchie administrative. De plus, il est notoire que dans ce pays, on préfère souvent un certain laxisme à un contrôle trop serré, ne serait-ce que pour éviter la création de réseaux parallèles : on laisse faire jusqu’à un certain point, mais on est au courant des dérives, ce qui permet de frapper au bon endroit quand il le faut, du moins en théorie.

C’est donc, et comme souvent, le temps avec lequel les Chinois adorent jouer, qui sera le meilleur serviteur d’une loi qui, si elle était souhaitable, est encore très loin d’être applicable, du moins à tout le monde.

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4 Réponses pour “Faut plus manger le toutou à sa maman !”

  1. stéphane dit :

    Allez, et une fricassée de yorkshire pour la 4 !!!

  2. L'enfoiré dit :

    Cela me rappelle une question que je vous avais posée sur une autre antenne.
    Donc, ça y est, on peut plus.
    Est-ce que ces règlements sont liés avec des mesures d'accompagnement?
    Si dans les villes on peut comprendre que cela ne fait pas trop de problèmes, dans les campagnes, par contre, il pourrait générer un manque à gagner.

  3. hengxi dit :

    Qu'une loi génère un manque à gagner est assez courant, en Chine comme ailleurs, mais contrairement à l'Europe ou on subventionne tout, ici ce n'est pas prévu.

    Aux ex-vendeurs donc de se reclasser dans d'autres activités, c'est ce que l'on appelle m'adaptation aumarché, mais là c'est un peu touffu comme notion pour un Européen…

  4. L'enfoiré dit :

    D'accord. Comme je suis pragmatique, je ne pourrais pas dire le contraire.
    Je suis sûr que mon article que je prévoyais pour lundi et qui est déjà sorti, va vous plaire.
    Une comparaison Belgique-France avec l'aide de notre télévision locale bien entendu
    http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/ar...

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