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Être né quelque part, c’est toujours un hasard

« Être né quelque part, c’est toujours un hasard » chantait Maxime Leforestier, cette évidence ne semble toute fois pas avoir été assimilée par tous les esprits, et fait que certaines personnes retirent un certain orgueil à être né dans un endroit privilégié, qui peut-être un pays ou une famille.

Être né en France suffit-il pour hériter de sa culture, de ses avancées sociales, de l’image de marque véhiculée par ce pays ?

Être né dans une famille aisée suffit-il pour hériter d’une intelligence ou culture innée ?

Assurément non, mais dans les faits il en va tout autrement, faisant de certaines personnes des nantis de naissance alors que d’autres devront se battre toute leur vie uniquement pour survivre.

C’est pourtant parmi ces privilégiés de naissance que l’on va trouver les pires névrosés, créant une caste autour d’une aura artificielle, que celle-ci soit familiale ou sociale. Ces castes ou clans ont créé des frontières pour limiter leur territoire, s’enfermant dans une langue ou une religion qu’ils ont au cours des siècles tenté d’imposer à d’autres afin d’agrandir leurs zones d’influence, détruisant par là même la culture spécifique du pays ou région qu’ils envahissaient. Les siècles ont passé, mais l’être humain n’a guère évolué, et ce, malgré les progrès techniques qui auraient dû apporter une meilleure connaissance de l’autre, et par conséquent une plus grande ouverture d’esprit.

A notre époque, une des marques de cette dérive de la naissance aisée est de créer des lignes directrices au nom d’un humanisme international, qui toutefois ne s’appliquent souvent « qu’aux autres », se gardant bien de veiller à leur application sur leur propre territoire, qui là aussi par naissance, est considéré comme étant au-dessus de tous soupçons. S’ils sont fiers des acquis sociaux et autres libertés individuelles dont ils ont hérité, bien peu se battent de l’intérieur pour les faire perdurer, préférant critiquer les peuples qui n’ont pas eu la chance de pouvoir disposer de tels acquis à leur naissance, et dont ils ne savent même pas si ceux-ci sont réellement adaptés aux cultures spécifiques de ces pays, mais se prévalent d’une supériorité certaine d’un savoir génétiquement hérité.

Si la peur de l’autre impose une uniformisation de la pensée, cette supériorité est accrue par les succès en matière de conquête territoriale de ces pays, parmi lesquels on compte les grands colonisateurs et esclavagistes du siècle passé , mais qui dans ce cas précis appliquent un système sélectif de mémoire visant à éliminer tout ce qui peut s’avérer négatif pour son image de marque nouvellement créée d’humaniste, portant la bonne parole comme autrefois la foi en ses croyances religieuses. Cette peur de l’autre se traduit de nos jours par des débats identitaires et autres inepties d’enfants gâtés, qui faute de trouver des combats sans risques se réfugient derrière de faux-semblants de lutte pour une idéologie bien-pensante dont l’objectif est non pas de se hisser à un niveau supérieur, mais de faire descendre à leur hauteur les personnes marquant trop leurs différences.

Dans ce système, le borgne est le roi d’un peuple fait de sujets aveuglés par des images subliminales diffusées en boucle dans des médias condescendants, images visant à lui faire croire en la supériorité d’une race qui a par le passé régné par la force sur une partie de la planète. Cette réalité historique n’étant guère honorable en tant qu’image d’un peuple désirant être le donneur de leçons universel, on efface là aussi les zones sombres pour ne laisser paraître que les quelques points avantageux, tentant de faire croire à une virginité, qui bien que douteuse, est acceptée au titre de cette supériorité gommant toutes les anomalies dues à un gène congénital héréditaire.

Rien de pire que ces gens nés dans l’aisance sociale, car n’ayant nullement besoin de se battre pour acquérir la liberté dont ils disposent, en oublient tant d’où ils viennent, que le fait que tous les peuples n’ont pas la chance de naître avec les mêmes avantages. Ces acquis sociaux et autres libertés individuelles, nos ancêtres les ont souvent gagné au prix de leur sang, et étaient souvent issus des classes sociales les plus modestes, car c’est la faim qui fait avancer et non le gavage intellectuel auquel se livrent ces personnes qui, débarrassées des contraintes du quotidien, arrivent à oublier qu’elles existent, et se concentrent sur des discours abscons compris par leur seul cercle de nantis.

Ce gène de la facilité à critiquer les différences est la mode exploitée par les ténors de la politique, qui voient là une excellente occasion de maintenir leurs privilèges là aussi acquis dès la naissance, faisant croire à une population tétanisée par la peur de l’autre que ce sont ces différences qui sont la cause de leurs maux, alors qu’il s’agit d’une indigestion de supériorité ingurgitée au travers des siècles, provoquant les flatulences nauséabondes dont les relents atteignent de plus en plus souvent les isoloirs.

Un régime à base d’ouverture d’esprit et de tolérance semble donc être le remède à bien de ces maux, en y ajoutant ce mantra, qui s’il n’a rien de religieux reste la base de la compréhension mutuelle :

« Être né quelque part, c’est toujours un hasard »

Ps: Sur un autre site où j’ai publié cet article (www.dazibaoueb.fr), un intervenant me faisait remarquer l’ambiguïté du terme tolérance employé ici. Ce mot implique en effet une notion de supériorité vis-à-vis de ce qu’il peut tolérer ou non : le mot acceptation est donc plus approprié.

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  • Un petit complément:

    En ce moment, il y a des gosses en bas de chez moi qui jouent au ballon, ils rient, ils sont heureux.

    Qu'est ce qu'ils en ont a faire d'être nés dans une dictature ?

    Leurs parents ?
    Comme les parents en France, ils regardent la télé, reçoivent des amis, ou font autre chose qui ne nous regarde pas.

    Ce qui est sûr, c'est qu'ils se moquent également d'être né là où ils sont ; ils font avec, c'est tout et comme tout le monde.
  • Le problème, c'est qu'un enfant deviendra normalement grand et la dictature lui pèsera tôt ou tard. Du moins, j'espère qu'il ne deviendra pas un zombie devant les événements.
    Bien sûr que tout le monde se moque de tout le monde, mais c'est bizarre que j'ai entendu de la bouche d'un chinois interrogé qu'il espérait que ses enfants soient mieux qu'eux.
  • "Le problème, c'est qu'un enfant deviendra normalement grand et la dictature lui pèsera tôt ou tard. "

    J'aimerais que tu me donnes 4 points de différence entre la vie une personne vivant en Belgique et en Chine.

    "Du moins, j'espère qu'il ne deviendra pas un zombie devant les événements. "
    Je changerai la phrase en : Du moins, j'espère qu'il ne deviendra pas comme un français devant les événements.

    "Bien sûr que tout le monde se moque de tout le monde, mais c'est bizarre que j'ai entendu de la bouche d'un chinois interrogé qu'il espérait que ses enfants soient mieux qu'eux. "

    J'entends régulièrement la même chose dans des pays dits riches, bizarre, et mon père me disait la même chose, aussi bizarre.
  • "4 points de différence entre la vie une personne vivant en Belgique et en Chine."
    Je ne me risquerai pas, parce que je n'ai jamais été en Chine. Les Chinois que je connais par ici, je ne suis pas sûr que cela soit le réalité chinoise. Le fait de l'enfant unique n'existant plus.

    "mon père me disait la même chose, aussi bizarre"
    Non pas bizarre, Tu as seulement 8 ans de moins que moi, cela veut dire que les choses ont bien changées. La pente s'est inversée. Au chômage, le jeune occidental, aurait des difficultés à vendre l'idée qu'il espère des jours meilleurs pour ses enfants, puisqu'il ne peut les assurer pour lui-même.
    J'aurais pu être grand-père, Je ne serais pas con pour le dire aujourd'hui à mes petits enfants. En Chine par contre, et je l'ai écrit, c'est différent et c'est une des différences majeures que tu me demandais au point 1.
  • Rebonjour,

    ""Être né quelque part suffit-il pour hériter de sa culture, de ses avancées sociales, de l’image de marque véhiculée par ce pays ?" "

    Si tu nées dans une famille dont le niveau social se situe entre 50 et 100, oui sans aucun doute.

    Si tu es par contre dans la tranche de 0 à 50, sûrement pas et ce malgré les blas blas politiques sur l'égalité des chances, etc, etc ...

    Tu peux prendre comme exemple Liang, d'origine Chinoise, et de plus pas né à la bonne époque, mais comme il m'a expliqué, il est né dans une maison où il y avait des livres, cela l'a beaucoup aidé à en arriver là où il en est.

    Si tu nées dans des conditions plus difficiles, tu devras te battre pour avoir ce minimum donné à d'autres, cette lutte, non seulement fatigue, mais de plus fait perdre énormément de temps, même si elle favorise un vécu certain, mais pas toujours enviable.

    C'est pour cela que quand certains me sortent des phrases du genre: "tu en as eu de la chance de faire et de voir tout cela", j'ai la fâcheuse tendance à voir rouge, ce qui est normal en Chine.

    Une des raisons qui font que je me plais en pleine campagne, c'est que pour moi la boucle va bientôt se refermer, et je me trouve dans les mêmes conditions de vie que quand j'étais jeune, ce qui me permet d'observer avec le recul comment ils évoluent, très intéressant.
  • Bonjour Alain,
    J'ai attendu d'avoir d'autres idées que les miennes pour te répondre. Elles ne sont pas venues, donc me voilà seul pour te répondre avec mon humble avis.

    Ta conclusion
    "pour moi la boucle va bientôt se refermer, et je me trouve dans les mêmes conditions de vie que quand j'étais jeune, ce qui me permet d'observer avec le recul comment ils évoluent, très intéressant."
    est importante, parce qu'elle démontre que, pour toi, qu'une vie est un retour en arrière. Pas d'évolution. La vie = une boucle.
    C'est une conception que je ne peux évidemment pas la contredire.
    Mon métier m'a appris à tester et tester, pour aller toujours de l'avant et jamais revenir en arrière et surtout pas au point de départ. Le rouleau compresseur de l'évolution semble aller dans ce sens également.
    J'ai un esprit ouvert à tout. Plutôt scientifique, même numérique, mais en gardant un oeil greffé sur l'analogique.
    C'est vrai, j'entre en contradiction avec beaucoup d'autres.
    Je sais, comme disait Audiard, les "bastos c'est toujours plus facile d'en donner qu'en recevoir".
    Quand j'en reçois, j'analyse, je prends le temps et puis seulement, je donne ma version en l'ayant au mieux greffée, point par point, aux questions posées sans en apporter d'autres qui ne seraient pas en rapport direct.
    Va lire, mes réponses un peu partout. C'est une technique éprouvée de longue date.
  • Cher Alain,
    Puisque tu repointes sur cet article, je pousse plus loin.

    "Être né quelque part suffit-il pour hériter de sa culture, de ses avancées sociales, de l’image de marque véhiculée par ce pays ?"

    Normalement, oui. Mais j'ajouterai immédiatement que si ce n'est pas le cas, je fixe d'autres objectifs.
    Ne pas être synchro avec son temps, on n'y peut rien. Avec son espace, son environnement, c'est totalement différent. Là, la liberté est possible.
    A moins d'être mazochiste, on cherche toujours un meilleur possible pour soi et pour ceux qui sont dans ton entourage.
    Pas sûr qu'être né après quelqu'un de connu et de riche, soit une position enviable, en effet. Ce n'est pas une erreur de trouver des "fils de" qui se droguent et dérivent jusqu'au suicide.
    Personnellement, il y a longtemps que j'ai compris où pourrait être une vérité comme le dit cette phrase latine "in medio stat virtus". Epicurien, quelque part. Je ne rie pas quand je me brûle, c'est un fait.
    L'humanisme peut être international.
    Wiki va dans ce sens et dit entre autre: "Considérant que l’Homme est en possession de capacités intellectuelles potentiellement illimitées, ils considèrent la quête du savoir et la maîtrise des diverses disciplines comme nécessaires au bon usage de ces facultés.".
    Embrigader un enfoiré, tu auras difficile. Les gourous de toutes sortent, je connais. Dans mon dernier article, je disais qu'il y avait des lieux communs, parce que je le vois ainsi.
    Demain, avec plus de monde sur cette Terre, voudra dire encore plus d'idées, d'idéologies de toutes sortes. Autant être près à les absorber. Mais demain est un autre jour. :-))
  • vilistia
    Oui Hengxy mais il reste quand même dans les classes supérieures, un esprit de renouvellement malgré que la venue de Sarkosy tendrait à installer un esprit "Napoléon III".
  • Bonsoir,
    En effet, pas de doute, être né quelque part, laisse des racines inoubliables.
    La Belgique a toujours été un lieu de passage. Un pays, où on entre et sort tellement, il est petit. La superficie d'un pays, le manque d'occupations offerte par le pays, la répression que l'on peut ressentir pour raison économique ou politique, peut apporter les motivations à la "grande migration". L'aisance pour ce "transfert" reste pourtant bien plus aisé des pays avec des possibilités financières suffisantes, et avec une facilité d'obtenir un visa en bonne et due forme sinon les règles sont faussées.
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