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Envoyés perma­nents en Chine : La France a besoin de vous

ÉconomieCertains parmi vous trouvent peut-être que j’ai souvent tendance à taper sur les médias, aussi je vais pour une fois leur rendre un service. La presse qu’elle soit écrite ou numé­rique connait en effet pas mal de diffi­cul­tés comme l’a démon­tré le rachat de Rue 89 par le Nouvel Obs, la Rue ayant fini de deve­nir un média subven­tionné par le contri­buable pour deve­nir plus indé­pen­dant en se plaçant sous l’aile tota­le­ment désin­té­res­sée du groupe Perdriel. Pour les autres, les temps sont durs et il est indis­pen­sable de réali­ser des écono­mies. La mode des médias parti­ci­pa­tifs a il est vrai permis d’alléger consi­dé­ra­ble­ment la masse sala­riale des jour­na­listes. Il suffit en effet de nos jours d’un stagiaire non rému­néré chargé de copier la dernière dépêche Reuters ou AFP pour déclen­cher auto­ma­ti­que­ment les lignes manquantes, qui s’écoulent seules sous la forme de commen­taires tota­le­ment gratuits pour le média. Une écono­mie supplé­men­taire peut être ensuite aisé­ment faite sur les pigistes ou envoyés perma­nents en Chine, et sans doute ailleurs. Comment écono­mi­ser sur les notes de frais ? La réponse est simple et tient en ces quelques mots : « balayer devant sa porte », ce qui sera de plus bien plus capti­vant pour le lecteur qu’un respon­sable local du Guang­dong se bala­dant en Audi avec sa copine.

Concu­bines, maîtresses, rela­tions extracon­ju­gales, ces termes sont en effet souvent employés par les jour­na­leux trou­vant en la Chine le déri­va­tif pouvant les guérir de leur ennui loin de leur hiérar­chie. À les lire, cette situa­tion est spéci­fique au parti unique et se doit donc d’être rela­tée, ce qui a priori semble normal. Le seul souci est que pendant qu’ils se passionnent pour ces incon­nus aux noms impro­non­çables, le maire du coin se livre à une séance de tripo­tage qui inté­res­se­rait bien plus les lecteurs fran­çais. Ne pouvant m’imaginer que ne pas regar­der ce qui se passe à 200 mètres de son bureau, mais donner tous les détails d’une liai­son chinoise peut être une forme de diver­sion, je me dis qu’ils ne le savaient simple­ment pas. À leur décharge, ce manque d’informations est logique puisque les meilleurs des jour­na­listes ce sont eux et sont envoyés en Chine.

Heureu­se­ment, il reste toute­fois une quan­tité infi­ni­té­si­male de médias qui s’occupent de choses certes banales, mais bien plus proches du quoti­dien des Fran­çais. Je vous parlais donc de tripo­tage en série, ces révé­la­tions étant l’œuvre de Causette.fr qui est allée déni­cher des histoires bien loca­li­sées dont les prin­ci­paux acteurs sont certains élus plus démo­cra­tiques que la moyenne. Causette rapporte tout ça dans son numéro à paraître en avril, et se révèle d’ores et déjà assez passion­nant, sauf bien entendu pour les intéressés.

Libé­ra­tion four­nit un avant-gout de ce que sera le reste avec par exemple :

«Un autre dossier exhumé par Causette concerne la ville de Maubeuge (Nord), où «l’horreur aurait duré cinq ans», entre 2006 et 2011, pour une colla­bo­ra­trice du maire socia­liste Rémi Pauvros. Viols, agres­sions et harcè­le­ment auraient été au menu de son calvaire. Selon le témoi­gnage recueilli par l’AFVT et que Causette a consulté, quatre membres du Parti socia­liste, parmi lesquels des élus, un direc­teur de cabi­net et un sala­rié de la fédé­ra­tion du Nord seraient les auteurs des agres­sions.«Au bout d’elle-même, la jeune colla­bo­ra­trice va trou­ver dans la tenta­tive de suicide sa seule échap­pa­toire», assurent les jour­na­listes de Causette«À sa sortie de l’hôpital, poursuivent-elles, elle écrit un cour­rier à Rémi Pauvros» en espé­rant qu’il pren­dra des sanc­tions comme la loi l’y auto­rise. Sans succès.

Comme expli­qué plus haut, il est donc large­ment temps de rapa­trier les envoyés perma­nents, spéciaux, et pigistes pour les mettre en selle afin qu’ils arpentent les 36568 communes qui, si elles n’ont pas toutes la popu­la­tion de Shan­ghai, devraient révé­ler des affaires aussi salasses. Au pire, rien ne les empê­chera de les agré­men­ter de quelques mensonges appris dans « Le pire du milieu » qui est là leur domaine de prédilection.

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Albié Alain
Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois.
Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes.
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