En Chine, le Minis­tè­re du Commer­ce fait aussi du commer­ce

hengxian-commerceEn Chine, les gouver­ne­ments locaux possè­dent une gran­de auto­no­mie de gestion. Cette liber­té, cause de certains déra­pa­ges, exis­te égale­ment au sein des servi­ces publics. Dans ce villa­ge, les servi­ces du Minis­tè­re du Commer­ce gèrent par exem­ple direc­te­ment et dans la plus gran­de léga­li­té plusieurs surfa­ces à usage commer­cial. Ces maga­sins ou ateliers sont propo­sés à la loca­tion et leurs loca­tai­res béné­fi­cient de loyers à des prix réduits sur une durée limi­tée allant de 2 à 5 ans. Les montants sont ensui­te révi­sés en fin de pério­de, l’augmentation étant calcu­lée en fonc­tion des béné­fi­ces décla­rés (pas les vrais, il ne faut pas rêver).

Concer­nant le finan­ce­ment de ces construc­tions, il provient en partie de la vente de deux marchés couverts dont les servi­ces locaux du Minis­tè­re du Commer­ce étaient proprié­tai­res. Inter­vien­nent ensui­te quel­ques subven­tions natio­na­les et régio­na­les venant complé­ter un prêt garan­ti par le gouver­ne­ment local. Ces aides et prêts à des taux boni­fiés ne sont toute­fois consen­tis que pour des projets visant à déve­lop­per l’activité écono­mi­que. Dans le cas présent, il s’agissait d’attirer de nouveaux commer­ces dans une zone rési­den­tiel­le nouvel­le­ment construi­te.

Que devien­nent les sommes récol­tées au travers des loca­tions ? Pour une partie « on ne sait pas », ce qui devrait être plus diffi­ci­le à l’avenir si la poli­ti­que actuel­le de lutte contre la corrup­tion se pour­suit. En ce qui concer­ne la partie « dispo­ni­ble », elle est pour une part utili­sée pour attri­buer des primes aux entre­pri­ses perfor­man­tes et récem­ment à celles s’engageant dans des travaux d’amélioration de l’environnement.

Il ya deux ans, les gestion­nai­res du patri­moi­ne de ces servi­ces ont déci­dé de la construc­tion de nouveaux bureaux, les anciens étant vétus­tes et inadap­tés. Les fonds néces­sai­res à la construc­tion dépas­sant les dispo­ni­bi­li­tés, les anciens bâti­ments ont été mis en vente par leur proprié­tai­re, c’est-à-dire le fonds d’investissement dont est action­nai­re le person­nel local du minis­tè­re du Commer­ce. Le contrat préci­sait que la vente effec­ti­ve ne pour­rait avoir lieu avant que le nouvel immeu­ble soit ache­vé.

Malgré un coût d’achat du terrain mino­ré du fait de sa desti­na­tion (proprié­té du gouver­ne­ment local) , la haus­se du coût des construc­tions a eu pour effet d’augmenter sensi­ble­ment le montant du devis initial. Ne pouvant préten­dre à des aides ou prêts complé­men­tai­res, les gestion­nai­res se sont alors tour­nés vers un possi­ble parte­nai­re : le bureau local de Sécu­ri­té publi­que. Celui-ci dési­rant regrou­per des servi­ces épar­pillés aux quatre coins du villa­ge et héber­gés dans des locaux rela­ti­ve­ment anciens, il avait lancé un projet proche de celui du Commer­ce. Comme pour ce dernier, une partie du finan­ce­ment prove­nait de la vente de quelques-uns des bâti­ments dont ce servi­ce a héri­té au temps du collec­ti­vis­me.

Plutôt que de construi­re deux bâti­ments, il a été déci­dé de se limi­ter à un qui serait commun aux deux admi­nis­tra­tions. Deux étages supplé­men­tai­res coûtant moins cher que deux construc­tions sépa­rées, chacun des servi­ces s’est retrou­vé gagnant. Pour des raisons prati­ques et tech­ni­ques, c’est le bâti­ment initia­le­ment prévu pour le seul Commer­ce qui a été choi­si. Afin d’éviter tout conflit sur la proprié­té des locaux, Commer­ce et Poli­ce se sont unis non pas pour le pire et le meilleur, mais pour créer un fonds commun d’investissement, le conseil d’administration étant formé à égali­té de repré­sen­tants de chaque admi­nis­tra­tion en supplé­ment de ceux du gouver­ne­ment local char­gé de la surveillan­ce.

Inau­gu­ré il y a quel­ques semai­nes, le bâti­ment abri­te les servi­ces du Commer­ce aux deux premiers étages, les autres étant occu­pés par les tout nouveaux bureaux de la sécu­ri­té publi­que. Diffi­ci­le après cela de parler d’un pays diri­gé d’une main de fer par la seule capi­ta­le.