En Chine, il faut occu­per l’espace : mode d’emploi

Une fois expor­tée chez les fabri­cants de désin­for­ma­tion que sont les médias, cette vidéo devient un éniè­me exem­ple de la dure­té du régi­me commu­nis­te. On y voit en effet les tris­te­ment célè­bres mili­ces du PCC démo­lir les modes­tes habi­ta­tions de quel­ques délais­sés de la crois­san­ce. Cette expro­pria­tion a eu lieu aujourd’hui 19 avril dans un villa­ge des envi­rons de Nanjing. Comme d’habitude, les médias chinois ne mettent en lumiè­re que les agres­sions subies par les forces de l’ordre puis­sam­ment armées.

Vous avez vu ? Alors main­te­nant retour sur terre ou dans la réali­té. Si les expro­pria­tions arbi­trai­res exis­tent, le cas est ici sensi­ble­ment diffé­rent avec toute­fois pour point commun l’argent. Il y a quel­ques jours s’est réuni le conseil muni­ci­pal de ce villa­ge. À cette occa­sion, il a été déci­dé de lancer la construc­tion de plusieurs lotis­se­ments sur des terrains non occu­pés. Du moins l’étaient-ils avant que le projet s’ébruite aussi­tôt après la réunion. L’information ayant fait le tour du villa­ge à la vites­se de l’éclair, les rive­rains des terrains se sont lancés dans la construc­tion de plusieurs loge­ments à l’aide de maté­riaux neufs, mais égale­ment de récu­pé­ra­tion pour donner un air plus ancien comme on peut le consta­ter sur la vidéo avec des tuiles soute­nues par des plan­ches de coffra­ge. Des bouteilles de gaz et même des extinc­teurs ont été placés à l’intérieur de ces construc­tions pour lais­ser croi­re à un semblant d’occupation de longue date. En seule­ment deux jours, ce sont ainsi une dizai­ne d’abris de fortu­ne qui ont été construits à la hâte avec un but précis : monnayer ces empla­ce­ments deve­nus les lieux de nais­san­ce incon­tes­ta­bles des famil­les rive­rai­nes.

Inuti­le de préci­ser que ces construc­tions sauva­ges n’ont pas été du goût des auto­ri­tés loca­les qui ont envoyé non pas l’armée ou la poli­ce, mais ce sont dépla­cés accom­pa­gnés d’agents admi­nis­tra­tifs. Ceux-ci sachant l’accueil qui les atten­dait, le treillis et le casque ont été préfé­rés à l’uniforme habi­tuel. La mauvai­se foi en Chine faisant partie des spéci­fi­ci­tés cultu­rel­les parti­cu­liè­re­ment déve­lop­pées, les esprits se sont échauf­fés avec des jets de pier­res et de hachet­tes visant en prio­ri­té les négo­cia­tri­ces. Les respon­sa­bles locaux et leurs agents ont fait le maxi­mum pour maîtri­ser au mieux la situa­tion en évitant de jeter de l’huile sur un feu déjà bien alimen­té.

Après ces quel­ques échauf­fou­rées, les démo­lis­seurs ont pu inter­ve­nir pour élimi­ner ces construc­tions toutes fraî­ches. Les très récents proprié­tai­res n’ont pour leur part récu­pé­ré que quel­ques bosses au lieu de la fortu­ne un temps espé­rée.