Le monde vu de Chine

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Dragon 2012 : rendre sympathique ce qui ne l’est pas


ChinoiseParmi les douze animaux du calendrier chinois, le dragon est avec le serpent un des plus difficiles à rendre « sympathiques ». Même si le tigre effraie naturellement, sa version peluche est aisément rendue attirante, ce qui s’avère plus compliqué avec le signe de l’année qui vient. Si le dragon est en effet largement utilisé lors de diverses festivités traditionnelles, son rôle est de faire peur ne serait-ce qu’aux mauvais esprits qu’il doit chasser.

Pour les fabricants de ces peluches arrivées en masse dans de nombreux magasins, il fallait donc rendre cet animal présentable, ce surtout pour les enfants. Dans le but de le présenter de manière plus attrayant pour des raisons techniques et pratiques, le dragon chinois a donc subi quelques transformations d’ordre esthétique pour ce Nouvel An où il sera en vedette.

La longueur de la bestiole ayant été considérablement réduite, il faut toute la force de persuasion de la vendeuse pour faire passer pour un dragon ce qui faut bien dire ne lui ressemble que très vaguement. Mixage de Casimir et d’un élan au nez de cochon, le dragon 2012 est loin d’être le plus réussi des douze animaux. Même si personne n’en a jamais vu réellement, cette représentation graphique a visiblement été pensée pour plaire aux enfants et prendre le moins de place possible dans les cartons où ils attendent d’être vendus. Si les longues moustaches sont bien présentes, les cornes le font davantage ressembler à un de ces bovins du Grand Nord canadien qu’à un cracheur de feu capable de faire fondre la neige.

Si ce dragon ne ressemble à rien ou à pas grand-chose, il est toutefois « mignon », ce qui est son but premier. Il n’aura par conséquent aucun mal à trouver sa place au milieu des autres animaux. En voyant toutefois ce dragon, je me suis posé la question sur l’aspect qu’aura le serpent lorsque son tour viendra. Sans pattes et obligatoirement long, les dessinateurs risquent d’être confrontés à quelques problèmes, à moins que comme pour cette année ils nous fassent passer des vaches pour des dragons, version chinoise du dicton « Faire passer des vessies pour des lanternes ».

 

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Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.