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Des symboles, des couleurs, des traditions

Bien que certains éprouvent quelques difficultés, il faut accepter et reconnaître les spécificités de chaque culture, peuple ou ethnie. Vivre dans un pays autre que le sien impose donc de connaître un minimum de ses traditions ou de ses habitudes, à moins de vouloir jouer aux nouveaux colonisateurs.

Comme dans toutes les cultures, certaines couleurs ont en Chine une valeur prédominante souvent héritée de temps forts anciens, mais qui se perpétue au fil des générations

Le rouge et le blanc sont les couleurs des grandes occasions, la première signifiant le bonheur et l’union, la seconde une sorte de désunion puisqu’employée lors d’un décès.

En Chine le rouge est partout, et cela est dû avant tout à la tradition, et non à la couleur de fond du drapeau national ou de celui du parti communiste chinois.

Si de nos jours de plus en plus de mariées revêtent la robe blanche occidentale, la tenue rouge reste la marque de cette tradition, datant de plusieurs siècles. Le Zhōng guó jié (nœud Chinois) est une des marques de cette tradition ancestrale, qui n’avait au départ aucun lien avec le mariage, alors qu’il est de mise aujourd’hui d’offrir un de ces nœuds Chinois aux jeunes mariés. Si autrefois nous faisions un nœud à notre mouchoir pour nous souvenir d’une chose importante à réaliser, les Chinois utilisaient un simple bout de ficelle qui avec le temps est devenu cet objet omniprésent dans la vie. Lors de fêtes annuelles dont le but était de préparer les futures unions, les jeunes filles Miaos lançaient en direction de leurs futurs époux des boules cousues à la main, et ornées chacune de motifs particuliers afin de les distinguer ; ce sont ces boules que vous trouvez en vente sur tous les lieux touristiques du Guangxi. Toujours lors de fêtes organisées à cet effet, les jeunes filles de l’ethnie Yao elles, pinçaient les fesses du jeune homme qu’elles avaient choisi.

La couleur blanche a également une histoire très ancienne en tant que signe du souvenir et du respect. Lors du décès d’une personne, ce sont des fleurs blanches qui décoreront le lieu où repose le défunt avant d’être incinéré ou enterré. Ses parents très proches, comme ses enfants, sont coiffés à cette occasion d’une grande capuche blanche qu’ils conservent pendant toute la durée des diverses cérémonies. Si seuls les membres proches de la famille sont habillés de blanc, les personnes venant  rendre un dernier hommage au défunt sont quant à elles distinguées par un brassard noir, signe de tristesse.

En France, il est de bon ton lorsque l’on vous offre un cadeau de l’ouvrir devant les personnes vous l’ayant offert, en Chine il en va tout autrement, les paquets ne devant être ouvert qu’ à l’abri des regards, et de préférence une fois son domicile rejoint. La raison est liée au fait qu’offrir un présent étant plus important que le contenu lui-même, et afin de ne pas montrer une éventuelle déception en ouvrant celui-ci, il est recommandé de remercier la personne sans ouvrir l’emballage.

Une autre tradition qui peut sembler proche de la nôtre est que, lorsque l’on est invité chez des amis ou même de vagues connaissances, on offre toujours un présent. Celui-ci varie en fonction de l’époque, et consiste en de simples fruits ou à des pâtisseries liées à certaines fêtes, mais également à des choses plus élaborées, le plus important étant de ne pas arriver les mains vides.

Les listes de mariage, encore courantes chez nous, sont encore rares ici, même si les jeunes générations et ce, toujours dans le but de s’aligner sur les habitudes occidentales se lancent de plus en plus dans ce genre de pratiques. C’est, le plus souvent une somme d’argent glissée à l’intérieur d’une petite enveloppe rouge qui est offerte aux jeunes mariés. Il en est de même lors du repas commémorant une naissance, mais également les autres occasions où une invitation officielle, sous la forme d’une carte, a été faite.

Toujours dans le domaine des naissances, la tradition, du moins dans le Guangxi, veut qu’un mois après sa venue au monde il soit organisé un grand repas où sur chaque table seront disposés des œufs légèrement teints en rouge à destination des invités, et ce pour les remercier de leur présence ; durant ce premier mois, la jeune maman ne devant ni quitter sa maison, ni se laver les cheveux, ce repas se révèle être souvent une délivrance.

Les dates des mariages sont quand à elles soigneusement choisies en fonction de la lune, ce qui a pour effet de souvent décaler de plusieurs semaines le jour du mariage administratif et celui du repas de noces, mais également de provoquer certains « embouteillages » autour de dates réputées comme étant de bonne augure, il en est ainsi des jours et mois identiques comme le 8 août 2008 (8-8-8), ou récemment le 9 septembre 2009 (9-9-9), et vous pouvez être certain que les cérémonies seront nombreuses le 10 octobre prochain.

Ce sont ainsi plusieurs de ces traditions qui marquent la vie quotidienne des habitants, du moins dans les zones rurales, les grandes villes devenant au fur et à mesure de l’ouverture du pays vers l’extérieur de pâles copies de ce que nous connaissons et qui par conséquent n’offre aucun intérêt en termes de spécificité. Si cette volonté de paraître « moderne », permet aux étrangers d’avoir moins d’efforts à faire pour se couler dans le moule, cela se fait au détriment de la tradition, nuisant par là même à une véritable authenticité. Il n’est nullement question de tomber dans le « folklore à touriste » proposé parfois, mais de préserver les différences qui font de chaque peuple ce qu’il est.

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