|

Des leçons pas qu’à la Chine.

Patrie des donneurs de leçons, voilà ce que semblerait être l’image de la France en chine mais semblerait il, également en Afrique. Cette unité de vue, pourtant si contestée dans l’hexagone semble pourtant enfin devenir une vision majoritaire de la part d’un nombre de plus en plus important de personnes et que les derniers propos présidentiels ne peuvent que renforcer.
Vous trouverez ci-dessous l’interview de Calixte Beyala qui dresse un portrait de la situation actuelle qui s’il est loin d’être flatteur, n’en est pas moins réaliste.

Je vous propose de lire un extrait de cette interview dont l’intégralité se trouve ici:

L’interview


calixte2S. : On vous reproche cependant certaines de vos prises de position, notamment sur la démocratie en Afrique.
J’ai dit tout simplement que l’Afrique doit suivre son propre rythme et ne pas se laisser guider par les autres. Nous n’avons pas de leçon à recevoir de quelqu’un. Le fait de nous avoir imposé cette démocratie, voyez les dégâts ! Nous avons eu des présidents en Afrique qui ont dirigé du mieux qu’ils pouvaient et qui ont réussi. C’est la souveraineté et la liberté de l’Afrique qui sont en jeu. Ce qui me choque, c’est que des intellectuels africains s’approprient tout ce que dit le Blanc. En 47 ans, l’Afrique n’a pas démérité. Elle s’est battue, elle a montré qu’elle était capable de former des intellectuels, des artistes, de bâtir des écoles, des routes…on n’a pas besoin que quelqu’un d’autre vienne nous situer sur notre état d’avancement. D’ailleurs avancer par rapport à qui et quoi ? Je dis bravo l’Afrique ! Ce qui est curieux, c’est que les Africains d’Afrique se méprisent, alors que, nous autres de la diaspora lui vouons du respect. Pensez-vous qu’il y a 40 ans l’Afrique était à ce stade ? Quelle avancée !


S. : En tant qu’Africaine de la diaspora, que faites-vous concrètement pour le développement du continent ?
C. B. : En ce qui me concerne, j’ai organisé une grande défense des Noirs de France, de manière à ce qu’ils occupent des postes importants et qu’ils défendent le continent. J’ai mené des combats pour une meilleure représentativité des Noirs au niveau médiatique, j’ai fait la même chose sur le plan politique et dans les entreprises, de sorte à créer une économie chez les minorités noires, qui leur permette d’aider leurs parents et de construire la pensée. Ces Noirs aujourd’hui aident l’Afrique directement ou indirectement. J’ai également un projet d’école en Afrique. Il s’agit de recruter les enfants dès le bas-âge et qui seront formatés à la pensée, au travail, à la création. L’Afrique a besoin de ce genre d’école. Je pense la bâtir soit au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou au Sénégal.


S. : Avec l’ère Sarkozy, le sort des Noirs immigrés connaîtra-t-il une amélioration.

C. B. : La situation est déjà terrible. Ils vont jusque dans les baignoires chercher les vieilles femmes pour les expédier en Afrique. On harcèle les enfants devant les écoles. Certaines propositions telle l’immigration choisie n’ont pas de sens. Sarkozy fait une offre là où il n’y a pas de demande. La plupart des jeunes africains diplômés rêvent de Canada plutôt que de la France. Cet homme ferait mieux de retourner un peu à l’école ou d’embaucher des hommes qui s’y connaissent pour lui présenter la situation exacte. Ceux qui sont en France vivent une grande souffrance. Son projet de regroupement familial est une humiliation de plus pour le continent africain. Le Sénat français a finalement dépouillé le texte de tout son sens. C’est encore les mouches de Sarkozy, destinées à nous humilier, sans que cela ne porte des résultats, comme toute son agitation politique depuis 6 mois.


S. : Que conseillez-vous aux pays africains face à la polémique que suscitent les Accords de partenariat économique ?
C. B. : Il faut être ouvert au partenariat. Mais si c’est un partenariat de donneurs de leçon, je préfère à tout partenariat extérieur une intégration régionale. Je prône le développement d’un marché intercontinental. C’est par cette voie que les pays africains rentreront de manière dynamique et définitive dans le IIIe millénaire. Nous avons des atouts : des sous-sols extrêmement riches, une population jeune et compétitive pour demain . Pour l’instant, il s’agit d’un partenariat fait de beaucoup de mépris que d’échange et de respect mutuel. Quel partenariat peut-on établir avec quelqu’un qui vous considère comme un être inférieur ?


S : Comment Calixte Beyala a-t-elle vécu et vit le scandale de l’Arche de Zoé.
C. B. : Au début, je pensais qu’il s’agissait juste d’une erreur. Que voulaient-ils faire de ces 103 enfants ? J’ai compris par la suite que c’était un trafic qui impliquerait certaines firmes de médicament. Ces gens-là, doivent être jugés en Afrique et aller casser des cailloux sur des chantiers de Ndjaména, sous le soleil.


S : Avez-vous un message à l’endroit des peuples africains ?
C. B. : J’ai beaucoup d’espoir pour ce continent. Je suis désolée que les Africains soient pessimistes vis-à-vis de leur continent. Tout n’est pas parfait ; mais il y a de quoi lever la tête et de regarder les autres peuples dans les yeux.
Entretien réalisé par Assétou BADOH badohssetou@yahoo.fr
sidwaya

Tags: , , , , , ,

    blog comments powered by Disqus