Défendre la culture chinoise, mais à quel prix ?
Défendre la culture chinoise, tel est le souhait formulé par le président Hu Jintao lors de ses vœux du Nouvel An. Bien que n’étant pas soumis aux « risques » des élections, les dirigeants chinois semblent toutefois touchés par cette fièvre poussant en mettre en œuvre aujourd’hui ce qui a été volontairement oublié durant des années. Si le gouvernement français va tenter d’instaurer sa démagogique TVA sociale avant les présidentielles, le plus haut responsable chinois se souvient avant son départ que son pays a été par le passé un haut lieu culturel.
Pour moi cette déclaration tombe à pic puisque sert de lien entre le premier volet sur le cauchemar chinois et sa suite que vous pourrez lire demain. Un peu à l’image des Occidentaux reprochant à la Chine d’être à la base de leur affaiblissement économique, le président chinois met en effet en garde ses compatriotes contre les attaques culturelles venues de l’étranger. Dans les deux cas, c’est le « ce n’est pas moi c’est l’autre » qui vient tenter de dissimuler un manque certain de clairvoyance.
Étant né dans les 50, j’ai vu arriver en France de la même manière qu’aujourd’hui en Chine le tsunami anglo-saxon. Les Jeans à la place des pantalons en velours, les Beatles chassant nos chanteurs locaux, les hamburgers venant supplanter le cassoulet et le bouddhisme notre bon vieux christianisme. Derrière ce paravent « gastronomico-culturel », c’était en fait une nouvelle puissance économique qui s’imposait par la force, ce de la même manière qu’elle s’impose de nos jours en Chine. Si l’Europe a été mise sous tutelle culturelle par le plan Marshall, la Chine le doit aux IDE (Investissements Directs Étrangers », la différence étant des plus minimes.
[amazon_link id="B002D3I13U" target="_blank" locale="FR" container="" container_class="" ]Dans les années 60[/amazon_link], la France a été vendue aux Anglo-saxons de la même manière que la Chine l’est actuellement, le tout sous le même raisonnement mercantile d’une importante entrée de devises. Pays sous-développé avec son industrie vieillotte et son agriculture datant du siècle dernier, ce sont Massey-Ferguson, John Deere et autres IBM qui ont pris une place que nos entreprises étaient incapables d’occuper tant techniquement que financièrement. Seuls les tracteurs Renault ont fait illusion tant qu’ils étaient sous la coupe l’État, ce de la même manière que Bull a médiocrement, et très coûteusement pour le contribuable, tenté de se faire une place dans le domaine de l’informatique.
Si glisser un « I love you » au milieu d’une chanson chinoise est pour les jeunes une marque de modernisme et d’ouverture d’esprit, elle n’est rien à côté des sommes jugées indispensables qu’apportent les entreprises étrangères. Le « Grand Bond » actuel n’a par conséquent rien ou pas grand-chose à envier à la version initiée par Mao, si ce n’est que cette erreur met bien plus de temps à être reconnue par ceux qui en ont profité en tout premier lieu. C’est en effet comme pour la France les dirigeants qui ont vendu leur pays, et ce bien plus que les étrangers ne l’on acheté. Il apparaît dès lors quelque peu hypocrite de s’en plaindre alors que la très artificielle élévation du niveau de vie en Chine n’aurait pu se faire sans ces apports financiers à qui l’on reproche aujourd’hui d’altérer une culture pourtant volontairement remisée depuis 30 ans sur les étagères de l’histoire.
Si les Chinois se gavent de hamburgers, c’est parce que le coût des implantations pour Mac Do ou KFC rapporte des sommes folles aux municipalités. Si les Chinois achètent des BMW ou des Honda, c’est parce que le gouvernement chinois a préféré les IDE de ces sociétés à des aides en matière de recherche et développement et s’est bien gardé d’imposer un minimum de normes sur la qualité et la fiabilité des véhicules d’origine locales. Il en est exactement de même pour les cosmétiques, le lait, où le laxisme ambiant a conduit les consommateurs chinois à se détourner des fabrications issues de leur pays.
Reprocher ensuite aux étrangers de saper la culture locale revient à quelque chose près au discours occidental qui tend à laisser croire que les importations chinoises sont la cause da la majorité de ses problèmes. Crier aujourd’hui « Au loup », alors que depuis 30 ans tout est fait pour attirer cette culture de la consommation, se révèle être aujourd’hui un souci majeur pour les dirigeants. Sans être un quelconque médium, il est facile de prédire à la Chine des lendemains qui déchantent, ce tant sur le plan économique que purement culturel. L’état actuel de ce pays est en effet à un tel point de non-retour que la multiplication des temples Confucius et autre vitrine faussement historique ne pourra enrayer.
La Chine est morte au début des années 80, et sur sa tombe est déposée une couronne de fleurs artificielles où est inscrit : « Merci de nous avoir ouvert les portes en grand ». Si l’on retourne la gerbe, une étiquette mentionne l’origine du produit « Fabriqué en Chine , mais conçu ailleurs »
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San Shuo, une Miao au pays des Zhuang Ce roman tiré d’une histoire vraie n’a rien d’un dépliant touristique en ayant pour objectif tant de retracer ce qu’a été la vie de cette Miao du Guangxi, que l’environnement dans lequel elle a évolué. Parce qu’en Chine les gens se parlent beaucoup, j’ai tenu à ce que les personnages de ce livre soient les plus vivants possible et les plus proches de la réalité. Les mots employés sont simples parce que tant les miens que ceux utilisés par les habitants de ces contrées dont une bonne partie sont davantage passés devant l’école qu’ils y sont entrés. C’est d’ailleurs sans doute ce qui me plait le plus dans ce pays qui se traduit par une simplicité dans les dialogues quotidiens permettant de résoudre des situations pourtant souvent Cliquez ici pour découvrir San Shuo, une femme autant étonnante que détonante.
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