Compter sur soi bien plus que sur l’État, c’est la Chine


Compter sur soi bien plus que sur l’État, c’est la Chine

Compter sur soi bien plus que sur l’État, c’est la ChineQu’on le veuille ou non, la Chine a fait en 30 ans ce que d’autres pays ont mis des siècles à réaliser. La baisse de l’analphabétisme et de la pauvreté sont autant de points positifs à mettre au crédit de ce système. Cette évolution permet à la Chine d’être dans la partie haute de l’indice de développement humain (IDH) des régions d’Asie en dépassant légèrement le niveau moyen mondial. De 0,404 en 1980, l’IDH de la Chine est aujourd’hui de 0,682, ce qui est une excellente chose si l’on se contente de considérer ce seul élément.

En passant de 520 $ en 1980à 7476 $ en 2011, le revenu par habitant qui tire ainsi la Chine vers le haut, son voisin indien par exemple n’affichant qu’une hausse inférieure à 4 fois ce revenu pour la même période (896$/3469$). S’il est souvent question d’inégalités de revenus en chine, il est assez étonnant par ailleurs de constater que les 41,5 de taux d’inégalité sont assez proches du chiffre des USA avec 40%, la France se voyant attribuer un taux de 32,7% (0% = aucune inégalité, 100% = inégalité absolue). Cinq ans d’espérance de vie supplémentaires sont le résultat d’une meilleure alimentation, mais également du fait que disposant de revenus plus élevés, plus nombreux sont les Chinois à pouvoir se faire soigner.

Compter sur soi bien plus que sur l’État, c’est la ChineSi la durée moyenne de scolarisation a elle aussi considérablement augmenté en passant de 3,7 années à 7,5 années en 30 ans, ce sont encore là la hausse des revenus qui en est la raison, les parents pouvant envoyer plus longtemps leurs enfants à l’école. Sur ces 3 éléments que sont le confort de vie, la santé et l’éducation, ce sont les revenus en augmentation qui en est la base, l’État n’intervenant que pour très peu de choses, ce qui peut paraître surprenant pour un système souvent décrit comme fortement étatisé. Sans exagérer, on peut même affirmer que l’État chinois n’intervient pas assez, les dépenses publiques liées à la santé et à l’éducation n’ayant que peu progressé durant les trente dernières années.

Cette faible implication directe de l’État chinois est une des raisons de son endettement des plus limité(voir article précédent), mais elle est aussi un frein à l’évolution de ces secteurs pourtant primordiaux. Le système chinois est par conséquent axé sur un principe de base où la population doit s’assumer dans la plupart des domaines, l’État n’intervenant que pour imposer certains seuils salariaux et en fixant un minimum de conditions sociales. Moins donner au peuple en échange de prélèvements obligatoires plus faibles et plus flous tel est un des fondements de cette société, ce qui contraste fortement avec nos systèmes où l’intervention du sommet est soit obligatoire, soit providentielle.

Ce mode de fonctionnement laissant à première vue plus d’autonomie à l’individu, il limite toutefois les possibilités d’évolution aux seules classes sociales disposant de moyens financiers suffisants. Un Chinois issu d’une famille pauvre a en effet peu de chance de devenir autre chose que pauvre, mais en est-il réellement autrement dans nos pays où les fils d’ouvriers deviennent rarement avocats ou directeurs d’usine ? En fait, le point noir se révèle être en Chine l’absence quasi totale de solidarité sociale, celle-ci n’étant pas obligatoire comme dans bien des pays, mais laissée à l’appréciation de chacun qui en limite la portée à sa famille proche et à quelques amis. De plus ces cercles, bien qu’ayant des contours très délimités, ne sont que les principes appliqués par les réseaux sociaux virtuels dont nous sommes si fiers, et où l’ami de l’ami d’un ami devient le nôtre de par ces liens. En Chine, ces liens vont bien au-delà du virtuel, seul l’État fixant les bornes à ne pas dépasser afin que personne ne vienne empiéter sur ses terrains réservés.

Différences culturelles, divergences de vues sur le rôle effectif de l’État, tout cela mène à une méconnaissance de l’autre et à des visions très différentes des choses. Un système est-il meilleur que l’autre ? Sans doute pas et il est de plus très difficile de juger comment fonctionneraient ces deux principes en les appliquant de manière universelle. Un système « à la française » n’est sans doute pas adapté à la Chine, pas plus que le système chinois ne peut être appliqué en France, tant pour des raisons historiques que pratiques, les psychologies de chacun des habitants des deux pays étant très différentes, pour ne pas dire opposées.

Sources des chiffres : http://hdr.undp.org

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San Shuo, une Miao au pays des Zhuang

Ce roman tiré d’une histoire vraie n’a rien d’un dépliant touristique en ayant pour objectif tant de retracer ce qu’a été la vie de cette Miao du Guangxi, que l’environnement dans lequel elle a évolué. Parce qu’en Chine les gens se parlent beaucoup, j’ai tenu à ce que les personnages de ce livre soient les plus vivants possible et les plus proches de la réalité. Les mots employés sont simples parce que tant les miens que ceux utilisés par les habitants de ces contrées dont une bonne partie sont davantage passés devant l’école qu’ils y sont entrés. C’est d’ailleurs sans doute ce qui me plait le plus dans ce pays qui se traduit par une simplicité dans les dialogues quotidiens permettant de résoudre des situations pourtant souvent 

Cliquez ici pour découvrir San Shuo, une femme autant étonnante que détonante.

 

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