Chronique d’un racisme ordinaire.
Certains aimeraient que ce pays honore le titre qu’il s’est lui même attribué, de patrie des droits de l’homme, hélas les faits semblent bien prouver que la présence de Lepen au second tour correspond bien à l’état d’esprit de certains et non à un accident électoral. La France est elle un pays raciste ? Peut être ou sans doute car les incidents à caractère raciste sont fréquents de quelques bords qu’ils viennent. Il ne suffit pas de placarder des affiches avec des sportifs « black, Blanc, Beur » pour changer une mentalité qui n’a dans le fond guère évoluée depuis les temps où la France pratiquait l’esclavage.
- Les terrains de sport sont devenus le théâtre de ce genre de débordement et ne servent que de miroir à ce sentiment exécrable qu’est le racisme. Les américains ont réussi avec beaucoup de mal à éradiquer le Kukusklan et viennent, en signe de victoire, d’élire un président noir ; nous somme bien loin de ce stade d’intégration, malgré toutes les belles paroles qui ne servent que ceux qui les prononcent.
- Pour imager ce problème, je vous propose de lire l’article ci-dessous qui ne fait que relater ce qu’est devenu ce phénomène de racisme ordinaire :
- C’était le 25 janvier, un dimanche midi, dans l’Ain glacial. Son équipe de Rossillon – sept Africains, deux Russes – se déplaçait à Lagnieu : match de 2e division départementale devant une trentaine de spectateurs.
C’est la 85e minute, 5 à 0 pour Lagnieu. Makam, qui est capitaine, intervient auprès de l’arbitre pour lui signaler une faute. A cet instant, des personnes dans le public hurlent : “Sale nègre, ferme ta gueule ! Tu te crois où ?” Des cris de singes parsemaient déjà la partie. Puis, selon lui, un remplaçant de Lagnieu, le numéro 13, lui aurait lancé : “Va doucement, on en a mis 5 dans votre cul sale nègre, t’as rien à dire”, ajoutant : “Sale singe !”
L’arbitre, qui a juste entendu les insultes, décide – fait rare – d’arrêter le match. “Je suis devenu fou”, débite le capitaine. “Il pleurait, il se tenait à un grillage”, raconte la présidente du club de Rossillon, Myriam Maraud. Quelques heures plus tard, le joueur porte plainte.
Le 3 mars, le numéro 13 est convoqué par la gendarmerie. Il nie, mais après une nuit en garde à vue, et une confrontation face à la victime, Maxence Cavalcante, 23 ans, chauffeur livreur, avoue. Le 5 mai, il comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Belley pour “injure à caractère raciste”. C’est la première fois en France qu’un joueur est renvoyé devant une cour pour racisme. La Ligue contre le racisme et l’antisémistisme (Licra), partie civile, veut profiter du procès pour casser “l’omerta et le racisme ordinaire dans le football amateur”. L’avocat Alain Jakubowicz se chargera de Makam comme il s’occupe de John Mensah, le Ghanéen de l’Olympique lyonnais, victime d’injures racistes de la part d’un supporteur du Havre, le 15 février.
Makam Traoré a eu huit jours d’arrêt maladie pour “syndrome dépressif”. “Sur ma carte d’identité, si je pouvais remplacer mon nom par “Singe et Nègre”, je le ferais, débite celui qui a été naturalisé Français. Je pense retourner au Sénégal. Je mangerais des cailloux, mais je serais tranquille.” Et sa famille ? Deux enfants “métis” et une compagne “blanche” : “Mais dès que je la vois ou que je croise un Blanc, j’ai l’impression de voir des ennemis”, jure-t-il. Son amie, Kristel Favre-Rochey, 28 ans, se sent un peu responsable, un peu coupable et dénonce à Chambéry (leur ville) des contrôles de police incessants… “Heureusement que je n’ai pas frappé ce numéro 13, soupire Makam. Je me serais retrouvé devant les gendarmes pour violence. Et on aurait oublié les insultes. Terminé le silence !”
“Sur les terrains, il n’y a pas un dimanche sans qu’on entende des injures racistes, s’énerve Myriam Maraud. Quand je vends des calendriers avec la photo de mes joueurs, des gens me disent : “C’est pire qu’en équipe de France !”"
Katia Philippe, conseillère à la Région Rhône-Alpes (PC), ancienne responsable d’un club dans l’Ain, assure : “Il y a même des présidents de club qui sont élus Front national”, et dénonce un laxisme des instances sportives. Une critique qui irrite le président du district de l’Ain, Paul Michallet : “Il n’y a pas plus de racisme qu’ailleurs.” Sur plus de 21 000 rencontres régionales jouées depuis le début de la saison, six actes racistes ont été recensés. “C’est certainement inférieur à la réalité, reconnaît Bernard Barbet, président de la ligue Rhône-Alpes. Mais si c’était tous les dimanches, je ne serais déjà plus président.”
Mercredi 11 mars, la commission de discipline a sanctionné Lagnieu pour “n’avoir pas correctement assuré la police des terrains”, comme elle le doit : match perdu et moins 4 points au classement. Rien concernant le joueur incriminé : pas assez de preuves. Le président du club, René Trigon, assure ne pas avoir entendu les insultes…
Au lendemain de sa garde à vue, Maxence Cavalcante s’est rétracté. Son avocat, Philippe Bontems, explique que les gendarmes lui auraient extorqué des aveux sous la pression : “On veut faire de lui un exemple.” Selon lui, son client est actuellement en arrêt maladie et se fait suivre par un psychiatre.
- Il y a dans ce pays ce que l’on aimerait voir et en face, la triste réalité.
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