Bulle immobilière ou sociale
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les experts en tous genres et les médias adorent parler de « bulles ». Dans ce monde savonné, tout le monde fait donc, ou est censé faire, des bulles, ce terme ayant de plus l’intérêt d’être passe-partout, chose très utile quand on ne sait pas expliquer quelque chose. La Chine n’échappe bien entendu pas à cette règle du « bullage », et la moindre hausse boursière ou autre devient une bulle décrite sous toutes ses faces, pour peu qu’une telle figure géométrique en soit pourvue. Une des dernières est la bulle immobilière, longuement décrite par tous ces experts dont la spécialité première est de nous annoncer un certain nombre d’évènements ne survenant jamais, et parmi ceux-ci la bulle immobilière chinoise, prête à se crever d’après ces mêmes têtes pensantes.
Pour ma part, et pour rester dans la ligne à la mode, je parlerais davantage de bulle sociale, tant dans les faits cette modernisation de l’habitat apporte bien plus d’avantages pour les nouveaux propriétaires que d’inconvénients. Jusqu’aux années récentes, et mis à part dans les grandes villes, les logements répondaient en effet à une vision et au concept des années 70-80, c’est-à-dire de l’époque communiste. Équipés des stricts minimums, et conçus sur la base d’une famille constituée de deux parents et d’un enfant, ces logements ne correspondent plus aujourd’hui au minimum requis par la vie moderne qui impose un équipement électrique, mais également un espace bien plus conséquent. Il faut également savoir que dans les villes rurales, de nombreux logements sont vétustes, voire insalubres, avec des sols en terre battue et des murs encore en argile ayant pour conséquence d’être particulièrement humides. De plus, ces maisons n’ayant souvent qu’un seul étage du fait de leur mode de construction assez fragile, occupent une emprise au sol bien trop importante en rapport du nombre de personnes qui y vivent, d’autant plus quand la demande est là , générée majoritairement par des anciens agriculteurs venus travailler en ville.
Bien entendu, on peut opposer que cette volonté de moderniser le parc d’habitations va de pair avec une envolée des prix, et une accentuation de la corruption, les terrains étant rares. Si ces deux éléments sont incontestables, car facilement vérifiables, il ne faut toutefois ni les exagérer, ni les généraliser, sauf si l’on désire continuer dans cette ligne du dénigrement systématique usité par certains. Une action ayant toujours pour effet de causer des dommages « collatéraux », il est bien plus intéressant et crédible de regarder le côté positif, c’est-à-dire le fait que de nombreux Chinois vivent et vivront mieux grâce à des logements plus modernes, et de plus dont ils deviennent propriétaires. Si les sociétés immobilières fleurissent, les communes ne sont pas en reste en étant à la base d’un certain nombre de projets ayant pour but de donner un logement décent aux classes sociales ne pouvant autrefois accéder à la propriété. J’ai autour de moi plusieurs cas de personnes, qui bien que n’ayant pas des revenus faramineux, viennent de signer pour cet achat leur permettant tant de mieux vivre, que d’envisager pouvoir accéder à cette propriété tant désirée.
Les derniers logements proposés par la commune où je vis étaient destinés aux personnes remplissant les conditions suivantes :
1°) habiter sur la commune.
2°) Ne pas être déjà propriétaire
3°) Avoir un revenu minimum annuel de 7000 à 9000 RMB pour 1 personne
Partant de ces 3 conditions, les personnes concernées pouvaient déposer un dossier qui était ensuite examiné par une commission. Une fois le dossier accepté, il est demandé de verser un acompte d’environ 20 000 RMB (2000 euros), le solde étant payé sur la base d’un crédit dont le remboursement mensuel se situe aux alentours de 800 RMB, et cela pendant 10 ans. La surface du logement attribué est fonction du nombre de personnes inscrites sur le dossier, cette surface variant entre 65 et 95 m². Sur le dernier lot de 300 logements disponibles, ce sont 450 demandes qui ont été faites, prouvant que la demande est bien présente, et qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce secteur. Ce phénomène immobilier a également d’autres aspects positifs, puisqu’en multipliant les chantiers les effets sur l’emploi sont notables, mais également ceux sur l’économie, chaque nouvelle tranche de logements étant également accompagnée de sa suite de magasins créant également un certain nombre d’emplois. Cette modernisation a également l’avantage d’apporter un certain nombre de solutions à des problèmes d’hygiène, et ce, tant au niveau des logements que des commerces alimentaires qui, en se modernisant sont plus proches des règles.
Si les Chinois achètent, c’est également parce qu’ils peuvent se le permettre, même si cela s’accompagne parfois d’efforts financiers, d’ailleurs les mêmes que ceux que nous connaissons, et le taux d’impayés de crédits sont, du moins aujourd’hui, bien en dessous de celui de nos pays à « subprimes ». La seule chose restant donc à souhaiter, est que cette bulle si elle existe, couvre progressivement tout le pays, permettant ainsi au plus grand nombre possible de vivre dans de meilleures conditions, prouvant ainsi que ce peuple est sur le bon chemin.
Alain,
Pourquoi ne pas habiter dans une bulle?
Savez-vous que c'est la meilleure manière de résister aux tremblements de terre?
La bulle n'est pas uniquement une vue figurée des choses.
Bonjour Guy,
"Pourquoi ne pas habiter dans une bulle? "
J'y pense de plus en plus effectivement.