La Chine vue de Chine

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Asian Wave : une vague de chansons dans un océan d’artifices


sexe

L’émission de variétés Supergirl ayant été bannie par les autorités chinoises pour des raisons assez obscures, c’est Asian Wave qui prend le relais. Comme pour la version précédente, Hunan TV est aux manettes, celles-ci ressemblant d’ailleurs trop souvent à de grosses ficelles tant elles sont visibles. S’il existe une différence majeure entre les deux émissions, elle tient au fait que la dernière mouture est ouverte aux deux sexes, le reste provenant d’un pot commun d’où est tirée une sauce X fois réchauffée.

Face à six professeurs-chanteurs, la jeune vague de la chanson se livre alors à une compétition où les meilleurs passent le tour suivant, ceux jugés moins talentueux étant remplacés par un nouvel arrivant ayant remporté le duel. Dans cette ambiance pleine des habituelles paillettes multicolores, seuls les six juges apportent une note naturelle en ne manquant pas de se moquer d’un candidat « défectueux ». Un autre point positif à relever est que les jeunes chanteurs et chanteuses ne se produisent pas sur la base d’une bande-son, mais sont accompagnés par un véritable orchestre.

Pour le reste ce sont les mêmes recettes avec les perpétuels ingrédients généreusement fournis tant par la production que par certains candidats artificiellement émotifs. Sous une apparente solidarité de groupe, on se serre les coudes, les têtes, les mains, pour finalement verser sa larme suite à l’élimination de celui que l’on considérait comme le meilleur, ce même si dans la réalité on est bien content de s’être débarrassé d’un dangereux concurrent.

Comme toujours dans ce genre d’émission-concours, on a également droit à la chanson en anglais apprise par chœur. Ce genre d’exercice de mémoire est majoritairement pratiqué par des filles qui ne comprenant déjà rien aux paroles, tentent de mimer la chorégraphie originale avec le même succès. Si le résultat laisse en effet le plus souvent à désirer, la raison en est que plutôt que de choisir des chansons relativement faciles, elles prennent certains succès ne donnant leur force que lorsqu’ils sont chantés par leurs interprètes originaux. Qu’importe le flacon pourvu que l’on donne l’impression, la majorité du public ne comprenant rien à l’anglais et aucun anglophone à ce dialecte très localisé ne ressemblant à rien.

Une autre dérive regrettable et cette fois du fait du producteur qui ne se gêne pas pour couper, monter, coller et recoller certaines séquences, ce qui nuit à la fluidité de l’ensemble. Autant je comprends, ce qui ne veut pas dire que j’admets, ce genre de montages pour des émissions « sensibles », autant il est malvenu dans ce genre de divertissement ne représentant à priori aucun risque. À force de vouloir donner une image trop parfaite, c’est le ridicule qui prend le dessus avec certains plans provenant sans doute de l’impressionnante bibliothèque de CCTV3, orfèvre dans ce domaine que sont les faux applaudissements et les plans recollés.

Heureusement pour les téléspectateurs, les chanteurs et chanteuses se débarrassent de ces artifices plus ou moins imposés après quelques secondes de chant pour laisser la place à des choses plus véridiques et agréables. Même si certains d’entre eux demeurent de mauvais acteurs en étant étroitement liés à l’image qu’ils veulent donner, la plupart font preuve d’un réel talent. En guise de conclusion, un de mes préférés pour sa voix assez particulière.A la cadence actuelle, chaque région va bientôt être en mesure de proposer sa propre mixture avec autres “True Talent ou “Perfect Voice”, toutes ces émissions étant toutefois basées sur la même musique.

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Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.