Le monde vu de Chine

.

Arnaque ou pas, la version modifiée de Flexispy inquiète les Chinois


flexispy

 

 

 

 

 

 

 

 

 Flexispy est un logiciel espion qui une fois installé sur un portable permet de récupérer tant les appels téléphoniques que les emails et SMS. Si vous pensez que votre collaborateur passe son temps à envoyer des messages privés ou si vous craignez que votre conjoint n’ait une relation extraconjugale, Flexispy peut vous aider à vous rassurer ou au contraire à confirmer vos craintes.

Pour que le système fonctionne, il faut avoir accès au portable visé afin d’y installer le logiciel et le configurer. Si profiter du sommeil de sa moitié permet d’installer sans trop de soucis le logiciel espion, cette opération est parfois plus délicate si l’on ne peut accéder physiquement à l’appareil. Pour se faire, une version du logiciel a été modifiée et installée sur une carte qui peut s’acheter le plus souvent par correspondance. Une fois la carte mise en place, il suffit théoriquement à l’espion de composer le numéro de téléphone de l’appareil à espionner. L’utilisateur distant reçoit alors un message sous la forme d’une annonce publicitaire derrière laquelle se cache l’installation du logiciel.

Les sociétés proposant ce produit se multiplient, ce qui n’est pas sans inquiéter les millions d’utilisateurs de portables. Pour certains techniciens, ces cartes sont des arnaques, car ne fonctionnant pas du fait que la configuration du logiciel demande un accès physique au portable. Pour eux il ne s’agit donc que d’une arnaque visant à gagner aisément quelques dizaines de milliers de yuans sur la vente de ces cartes. Pour d’autres, elles fonctionnent très bien pour peu que le système d’exploitation du portable soit dans une configuration standard. La procédure d’installation étant en effet automatisée, l’installation accomplit une suite logique d’opérations en fonction du modèle. Il est toutefois facile de guider à son insu le propriétaire du portable en lui posant des questions du genre « voulez-vous gagner 1000 yuans ? », ce à quoi il répondra oui et validera en fait l’opération d’installation.

Comme le déclarent de nombreux utilisateurs de portables « s’il y a parfois arnaque, il y a aussi fraude puisque cette installation est illégale ». Si certains acheteurs de ces cartes désirent surveiller un employé ou son conjoint, d’autres le font pour récupérer des informations confidentielles, dont certains mots de passe de carte de crédit et toutes les données stockées sur le téléphone. Plusieurs antivirus sont disponibles pour empêcher toute installation pirate, mais encore faut-il que les utilisateurs soient au courant de ces pratiques. C’est dans ce but que se multiplient les alertes sur les chaînes de télévision, ce le plus souvent accompagné de témoignages de personnes s’étant faites arnaquées en achetant une carte qui ne fonctionne pas ou s’étant fait voler des données confidentielles.

Si les sites vendant ces cartes sont relativement faciles à repérer et à fermer, il en est tout autrement des boutiques spécialisées vendant ces produits sous le comptoir. C’est ainsi qu’il y a quelques jours un journaliste d’une chaîne de télévision du Guangxi s’est rendu dans un de ces magasins vendant majoritairement des portables d’occasion. Trente minutes plus tard, il est repart avec sa carte « espion » payée 1000 yuans et toutes les explications nécessaires à l’installation à distance.

Il ne s’agit donc pas d’une simple rumeur, mais d’une réalité qui fait que si ces cartes ne fonctionnent pas à tous les coups, elles permettent aux vendeurs d’engranger des sommes d’argent importantes sur le dos d’espions devenant des pigeons. Si tout se passe bien, c’est alors un portable des plus bavards qui vient révéler des secrets qui ne le sont plus.

Publié par le .



Albié Alain

Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La publication d'extraits de cet article est autorisée sous réserve qu'un lien renvoie vers l'original.