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Ache­ter en Chine, mais à qui ?

Jour Et NuitAfin de reflé­ter plus exac­te­ment la réalité de ce pays, ce qui demeure l’objectif de ce site, je vous propo­se­rai doré­na­vant en alter­nance avec la rubrique histoire un certain nombre d’articles ayant un lien avec le marke­ting, c’est-à-dire tant l’offre exis­tante en Chine que les demandes spéci­fiques à ce marché chinois qui fait briller autant d’yeux.

Pour beau­coup de personnes, la Chine ne connais­sant pas ce pays, la Chine n’est qu’une immense zone indus­trielle où des employés surex­ploi­tés travaillent jour et nuit pour four­nir l’occident. La vérité est toute autre, même si ces zones existent et sont situées prin­ci­pa­le­ment le long des côtes, et ce, pour des raisons évidentes de commo­di­tés d’expédition. En prin­cipe, ou du moins jusqu’à une période récente ces ZFE (zones franches d’exportation) étaient tenues de ne vendre leurs fabri­ca­tions qu’à des pays tiers, et ce, afin de ne pas concur­ren­cer les socié­tés ne visant que le marché local. Un produit péné­trant en prove­nance de ces zones et péné­trant sur le reste du pays se voyait taxé au même titre qu’un produit importé, et ce une dépassé un certain quota fixé annuel­le­ment par les auto­ri­tés Chinoises. Avec la crise de 2008 et la chute des expor­ta­tions, des mesures d’assouplissement ont été prises en vue de permettre aux entre­prises côtières de venir cher­cher à l’intérieur du pays ce qu’elles ont perdu à l’extérieur.

Ce qui n’a par contre guère changé, et s’est au contraire resserré est le mode d’attribution des licences, passage obligé pour chaque entre­prise chinoise dési­rant expor­ter. Au travers de divers contrôles visant à véri­fier le poten­tiel réel de l’entreprise à fabri­quer des produits desti­nés à l’export, mais égale­ment par le dépôt d’un certain capi­tal fixé par l’administration du Commerce, la société va se voir attri­buée le droit tant convoité d’exporter. Ces licences sont assez restric­tives et ne couvrent parfois qu’une partie de la produc­tion, ce que les expor­ta­teurs se gardent bien de deman­der, mais égale­ment certains impor­ta­teurs peu regardants.

Lors d’un achat en Chine, un impor­ta­teur doit donc véri­fier que son four­nis­seur possède bien cette licence, ce qui ne lui garan­tit d’ailleurs aucu­ne­ment que les produits seront conformes, et ce, pour une raison très simple :

Véri­fier l’usine avant l’achat, comme le conseillent certains « spécia­listes » relève dans de nombreux cas de la pure plai­san­te­rie, car, à moins de dormir sur place, rien ne peut vous assu­rer que votre commande sera réel­le­ment fabri­quée dans les magni­fiques locaux que le respon­sable de l’entreprise vous aura faits visi­tés. Il faut en effet savoir que les entre­prises chinoises travaillent avec le mini­mum de stock de matières premières, mais égale­ment de capa­cité de produc­tion, se callant sur la demande annuelle de leurs gros clients avec qui ils sont souvent des contrats. Votre commande sera donc un supplé­ment, certes bien­venu, mais qui, suivant la période et le volume de fabri­ca­tion du moment sera tota­le­ment ou en partie sous-traitée par une entre­prise ne présen­tant pas les mêmes garan­ties de qualité. Le fait d’être de plus sous-traitée va lui impo­ser une fabri­ca­tion à un coup encore très bas, ce qui aura inévi­ta­ble­ment une influence néfaste sur le produit fini.

Il faut donc savoir, que d’une part une entre­prise impor­tante de manière occa­sion­nelle n’aura jamais les meilleurs prix, et que d’autre part votre commande de 50 000 pièces a de fortes chances d’être trai­tée par une entre­prise tota­le­ment autre que celle à laquelle vous vous êtes adressé.

Afin d’éviter ce genre de désa­gré­ments, il existe bien évidem­ment des solu­tions que seront à même de vous propo­sez les vrais profes­sion­nels du «sour­cing» et du contrôle qualité, ne parlant pas là de l’expatrié tentant de se faire un peu d’argent en Chine pour prolon­ger son séjour, auréolé de son tout frais diplôme d’une école de Commerce. Ce métier, car il l’est à part entière, est le domaine de personnes connais­sant tant les produits que vous dési­rez comman­der, que les diffé­rents réseaux locaux sans qui il s’avère très diffi­cile de conclure effi­ca­ce­ment une affaire.

Si ache­ter en Chine est très facile, ache­ter n’importe quoi à n’importe qui se révèle d’une incroyable faci­lité, et les décon­ve­nues seraient bien moins nombreuses avec un mini­mum de connais­sance du pays, à moins de s’adjoindre les services d’un vrai profes­sion­nel comme il est stipulé plus haut. S’il suffi­sait d’habiter à côté d’une boulan­ge­rie pour savoir faire le pain, cela se saurait, et bien dites-vous égale­ment qu’il ne suffit pas de rési­der en Chine pour être un spécia­liste dans le domaine des achats.

Albié Alain
Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois.
Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes.
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